Hockey universitaire : Les balbutiements d’une division 2

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La croissance de l’offre de hockey universitaire est une des clés pour l’amélioration des structures de développement de notre sport national au Québec. D’ailleurs, on devrait en avoir un aperçu tangible lors du dépôt du rapport Denis à la fin avril. En attendant, certaines choses commencent à prendre forme dans le dossier de la création d’une ligue de calibre D2.

En juin 2021, les Stingers de Concordia annonçaient la création d’une équipe dite D2 qui serait dirigée par Mathieu Chouinard, alors entraîneur-chef des Patriotes du cégep St-Laurent et ancien choix de première ronde dans la LNH. Cette équipe allait jouer des matchs de façon aléatoire faute de ligue où s’affilier. L’idée n’était pas anodine toutefois. L’intention de faire partie d’une ligue qui allait regrouper des équipes de différentes universités québécoises était basée sur un intérêt bien réel au RSEQ.

C’est que le hockey universitaire masculin québécois, ce sont essentiellement trois équipes qui jouent… en Ontario. La volonté de créer ce qui pourrait prendre la forme d’une division 2 est née du désir d’augmenter l’offre de hockey universitaire, tout en prenant en compte la réalité financière d’un tel projet. Lancer un nouveau programme, c’est cher et ça ne peut pas simplement dépendre de l’intérêt d’un décideur. Puis, il ne suffit pas de mettre sur pied le programme, il faut avoir en tête sa pérennité. On m’a déjà partagé qu’il en coûte environ 500 000$ par année pour opérer une équipe de hockey universitaire. En ce sens, une équipe de division 2 serait beaucoup plus abordable et justifiable pour les organisations.

Et justement, on voit un regroupement d’équipes de hockey dans certaines universités qui prend forme à l’extérieur des cadres du RSEQ. Des matchs s’organisent et il y a lieu d’être opportuniste quant à la formation d’une ligue éventuellement. En plus de Concordia, l’ÉTS, Bishop’s, l’UQAC et le Collège militaire seraient parmi les équipes qui souhaiteraient jouer des matchs entre elles dès la saison prochaine.

Preuve du sérieux des démarches, les Pirhanas de l’École de technologie supérieure (ÉTS) ont annoncé la semaine dernière avoir octroyé une première bourse à un joueur de hockey pour la saison prochaine, le défenseur Loïc Morvan.

Loïc Morvan alors qu’il portait les couleurs des Patriotes du cégep St-Laurent / Crédit : Michael Green photography

Après son parcours collégial, l’objectif de Loïc était de poursuivre dans la NCAA avec l’université du Maine. Depuis les Fêtes, il devait aller jouer en Nouvelle-Écosse au niveau junior AA. Mais la COVID l’en a empêché. « Quand l’offre de l’ÉTS est arrivée, ça tombait parfaitement bien. La porte reste ouverte pour la NCAA, mais pour le moment, je suis très heureux de l’opportunité que j’ai de jouer au hockey tout en ayant une bourse d’études », raconte Morvan.

Loïc, un défenseur des Patriotes du cégep St-Laurent, étudiant en génie mécanique, représente le cas typique de l’étudiant-athlète à qui s’adressera notre programme. On veut s’assurer de ne pas échapper des joueurs comme lui, qui veulent étudier en génie et qui ont joué un bon niveau de hockey.

Patrick Lapointe, entraîneur-chef des Pirhanas de l’ÉTS à propos du recrutement de Loïc Morvan

Autre signe du sérieux des démarches entreprises par les institutions universitaires, Patrick Lapointe envisagerait l’option de prendre les rennes du programme de hockey de l’ÉTS à temps plein. Il est actuellement entraîneur au sein du programme du Noir et Or de l’École secondaire de Mortagne à Boucherville.

Patrick Lapointe, entraîneur-chef du programme des Pirhanas de l’ÉTS / Photo : Courtoisie

Une division 2 représenterait un débouché intéressant pour les joueurs qui proviennent du niveau collégial. Actuellement, les trois équipes universitaires ayant pignon sur rue au Québec misent sur des formations presque entièrement composées de joueurs issus des ligues juniors majeures du Québec et de l’Ontario. Il n’y a pas vraiment de place au Québec pour les meilleurs joueurs du circuit collégial. Ils finissent donc en Ontario, dans les Maritimes ou aux États-Unis.

Les prochaines étapes du projet dépendent du rapport Denis qui sera rendu public à la fin avril. Initialement prévu pour le 1er avril, le dépôt des conclusions du comité sur la relance du hockey formé en novembre 2021 a obtenu un délai supplémentaire de trois semaines. La place du hockey universitaire y sera importante et les modalités de son développement expliquées. C’est alors qu’on pourra obtenir des réponses plus concrètes sur l’organisation éventuelle d’une ligue D2 et sur la clé de voûte de sa solidité, le financement.

Photo de couverture : Courtoisie / Facebook

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