Les universités ont-elles le droit de webdiffuser leurs matchs de football?

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Depuis le début de la saison, de nombreuses questions ont été soulevées sur les réseaux sociaux concernant la webdiffusion des matchs de football universitaire du RSEQ. Est-ce que les universités ont le droit de le faire? Pourquoi seules les universités anglophones en présentent? Démêlons le tout.

Les droits de captation et de diffusion en français des matchs de football universitaire du RSEQ font partie d’une entente avec la chaîne TVA Sports. L’entente actuelle, valide jusqu’à la fin de la saison 2023, ne concerne que le football. La diffusion des autres sports ne fait l’objet d’aucun contrat avec la chaîne sportive.

Notons que l’entente ne concerne que les droits francophones. Ainsi, les universités Concordia et McGill ont le droit de présenter les matchs de leur équipe sur leurs plateformes. Et elles le font.

Au début du mois de septembre dernier, le directeur général adjoint au RSEQ Stéphane Boudreau m’expliquait que malgré que TVA Sports détienne les droits francophones exclusifs, la chaîne était prête à accorder une dérogation aux universités qui en feraient la demande.

Après avoir partagé cette information, un responsable du Rouge et Or m’a immédiatement mentionné que ce n’était pas tout à fait vrai puisque de son côté, l’organisation avait déjà fait des représentations auprès de TVA Sports dans le passé et avait essuyé une fin de non recevoir. À l’inverse, certains argumentaient que ce sont les universités qui ne voulaient pas webdiffuser les matchs par crainte de perdre des spectateurs payants aux matchs.

J’ai voulu en savoir plus en posant la question directement à TVA Sports. C’est finalement l’attachée de presse Justine St-Martin – qui travaille également comme animatrice lors de la diffusion des matchs de football universitaire – qui m’a répondu par courriel : « La Direction de TVA Sports m’indique que «chaque entente de diffusion prévoit des clauses d’exclusivité qui diffèrent de ligue en ligue et nous n’avons pas l’autorisation de commenter publiquement les détails de ces ententes. » Bref, les détails n’allaient pas venir de la chaîne sportive directement.

Le sujet est revenu sur le plancher en fin de semaine dernière alors que le Rouge et Or de l’université Laval accueillait les Stingers de Concordia dimanche, un match important au classement. D’ailleurs, l’analyste des matchs du RSEQ à TVA Sports, Charles-Antoine Sinotte a répondu ainsi sur Twitter à ceux qui posaient à nouveau la question de l’exclusivité des droits francophones de TVA Sports : « Y’a pas de droits francos/anglos. Ce sont les droits négociés par le RSEQ. C’est la ligue qui négocie pour les 5 équipes. Arrêtez d’accuser sans arrêt sans connaître les détails… » À la lumière des discussions que j’ai pu avoir, ce n’est pas tout à fait ça.

Afin d’en avoir le coeur net une fois pour toute avec cette histoire, j’ai recontacté Stéphane Boudreau du RSEQ qui a apporté les nuances suivantes : « Une dérogation a été demandée à TVA Sports concernant la webdiffusion en 2021 de matchs qui n’entraient pas en conflit avec la télédiffusion d’un autre match du RSEQ sur leurs ondes. L’entente à la base ne permet pas aux universités francophones de webdiffuser leurs matchs de football. »

Mais qui avait demandé cette dérogation? Les Carabins de l’Université de Montréal. Benoît Mongeon, coordonnateur aux communications pour les Carabins explique : « Cet été, nous avons réfléchi à une façon de permettre aux fans de l’équipe de voir les matchs. Il s’agissait d’une exception demandée alors que la Santé publique limitait la présence de spectateurs dans les stades. Nous avons demandé au RSEQ ce qu’il était possible de faire et Stéphane Boudreau a obtenu un ok de TVA Sports pour cette saison seulement. »

Alors pourquoi les Carabins ne présentent-ils pas leurs matchs qui ne sont pas diffusés sur TVA Sports? « Pour un match de football, si on veut offrir un produit de qualité, ça prend beaucoup d’équipements et de personnel et nous n’avons pas les ressources à l’interne. Nous avons fait des démarches auprès de TVGO, une entreprise spécialisée dans la diffusion d’événements sur le Web, mais à environ 5 000$ par match pour avoir trois caméras et tout ce qui vient avec, puis en considérant une baisse de nos revenus, ce n’était pas rentable de le faire », analyse Mongeon.

Il semble toutefois que le message au sujet d’une dérogation possible ne se soit pas rendu partout. Chez le Rouge et Or, le chargé de communication Mathieu Tanguay a tenté de reparler du flou de la situation à ses patrons, mais il n’a pas obtenu de réponses de leur part. Tandis qu’à l’université de Sherbrooke, on n’a pas réellement envisagé de proposer une webdiffusion étant donné que six des huit parties de l’équipe allaient être présentées à la télévision. Mais comme le dit René Roy, conseiller en communication des équipes Vert & Or : « C’est davantage un concours de circonstances qui a fait qu’on ne s’est pas posé la question, mais l’an prochain ça pourrait être bien différent. »

En conclusion, les questions posées étaient tout à fait légitimes. Avec des communications claires et transparentes, les amateurs peuvent se faire une idée juste de la situation. Maintenant, est-ce que les amateurs accepteraient une diffusion web de qualité moyenne plutôt que rien du tout? Ça prendrait un sondage pour le savoir.

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