Crédit photo : James Hajjar

C’est reparti! Les équipes de hockey universitaire ont repris du service après une première moitié de saison enlevante. Maintenant, reste à voir si une équipe saura se détacher du lot d’ici au championnat provincial. En effet, quatre équipes se battent pour le haut du classement, mais déjà des messages ont été lancés en ce début janvier.

La saison dernière, on a eu droit à toute une prestation des Stingers de Concordia alors que la formation montréalaise a remporté les grands honneurs au niveau national pour la troisième fois de son histoire. Si quelques joueuses importantes ont quitté, le noyau des Stingers demeure extrêmement solide sous la férule de Julie Chu et Caroline Ouellette. Elles demeurent l’équipe à battre et sont au sommet du classement.

Cependant, trois équipes sont bien en vue et ont la première place dans leur mire. Les Carabins de l’Université de Montréal ainsi que les Gee Gee’s d’Ottawa et les surprenantes Gaiters de Bishop’s sont au plus fort de la lutte. Les Ravens de Carleton ont un retard de 10 points sur le groupe de tête alors que les Martlets de McGill ont dû attendre le retour de la pause des Fêtes pour célébrer un premier gain.

Stingers de Concordia (11-3-0 22 pts.)

Les championnes québécoises et canadiennes en titre ont amorcé leur calendrier avec une défaite de 4-2 face aux Carabins. Audrey-Anne Veillette en avait profité pour inscrire son premier tour du chapeau de la saison. On y reviendra. Puis, elles sont parties en pause en s’inclinant face à Bishop’s avant de l’emporter in extremis en prolongation contre les Carabins. Entre les deux, une séquence de 8-1-0 avec 32 buts marqués contre 15.

Les départs des Brigitte Laganière (1re équipe d’étoiles au Canada), Stéphanie Lalancette (Joueuse par excellence du championnat canadien), Marie-Pascale Bernier et Audrey Belzile auraient pu ébranler la formation. Mais la profondeur de l’équipe et un bon recrutement ont assuré une continuité et lui permettent assurément de croire en ses chances de répéter ses exploits de 2021-2022.

Comme la saison dernière, la production offensive des Stingers continue d’être bien partagée. Pas moins de sept joueuses ont inscrit au moins 8 points dans les 14 premiers matchs. Emmy Fecteau, Émilie Lavoie (recrue de l’année en 21-22) et Rosalie Bégin-Cyr (joueuse par excellence en 19-20) mènent le bal avec respectivement 19, 14 et 14 points. En défensive, la transfuge de l’université du Connecticut, Alexandra-Anne Boyer permet de compenser en partie la perte de Laganière avec ses 9 points. Puis, les trois points de Léonie Philbert face à Ottawa lors du premier match de janvier lui en donnent maintenant 8.

Emmy Fecteau est 2e au classement des pointeuses du circuit / Crédit photo : Ryan Thicke

Avec le retour prochain de Zoé Thibault, qui a raté tous les matchs depuis le début de la saison à cause d’une blessure à une cheville nécessitant une opération, l’offensive ne sera que plus redoutable.

Les succès des Stingers reposent également sur l’excellent travail de la gardienne Alice Philbert. Poursuivant sur sa lancée, elle maintient la meilleure moyenne de buts alloués chez les portières ayant pris part à au moins cinq parties avec 1,77, stoppant 92,2% des tirs dirigés sur son filet (3e). Concordia est également l’équipe qui accorde le moins de tirs à ses adversaires.

S’il y a un élément que la troupe de Chu et Ouellette voudra améliorer, c’est son efficacité avec l’avantage d’une femme. Mais avec trois buts dans de telles circonstances face à Ottawa pour amorcer 2023, on peut espérer que les choses auront débloqué.

Carabins de l’Université de Montréal (9-2-3 21 pts.)

La saison dernière, les Carabins avaient amorcé difficilement leur saison avant de terminer en force avec une fiche de 6-1-1 à leurs huit derniers matchs. Malheureusement pour elles, les Stingers de Concordia étaient leurs adversaires en 1/2 finale et leur chance de participer au championnat national fut rapidement anéanti. L’équipe d’Isabelle Leclaire a cependant réussi à prendre le troisième rang.

Cette saison, mis à part contre les Gee Gee’s qui semblent être leur bête noire (0-2-1), les Carabins s’imposent face à toutes les autres formations. Elles seront certainement à surveiller dans le dernier croit. Elles excellent sur les unités spéciales étant 2e autant en avantage numérique qu’en infériorité en plus d’avoir le meilleur différentiel buts pour/buts contre avec +20. Quoique avec un +18, Concordia ne soit pas vraiment à la traîne.

L’attaque des Carabins est menée par Audrey-Anne Veillette qui domine la ligue avec ses 17 buts et 21 points. L’ancienne des Titans de Limoilou a connu cinq matchs d’au moins trois points et trois tours du chapeau en 14 rencontres. Elle a inscrit 12 points à ses cinq dernières rencontres, dont une performance de quatre buts face à Bishop’s cette fin de semaine, un record d’équipe.

Sa production sera certainement une des clés des succès de sa formation d’ici la fin du calendrier, mais elle est loin d’être seule à porter l’attaque sur ses épaules.

Audrey-Anne Veillette a maintenant 17 buts en 14 matchs / Crédit photo : James Hajjar

Jessika Boulanger (7 points à ses 4 derniers matchs), Amélie Poiré-Lehoux (3 buts en A.N.) ainsi que l’excellente défenseure recrue Jade Picard ont toutes trois récolté 10 points en 13 rencontres. Raphaelle Pouliot et Joannie Garand suivent avec 9 points.

Et la défensive montréalaise est très solide n’allouant que 23,7 tirs et 1,86 buts par match. Heureusement pour les Carabins, il ne reste qu’une seule rencontre face à Ottawa d’ici la fin. Elles sont assurément à prendre très au sérieux.. On a déjà hâte au prochain duel face aux Stingers, le 22 janvier à l’aréna Ed-Meagher.

Gee-Gees d’Ottawa (9-4-1 19 pts.)

Après une saison de 7-7-1 où elles ont donné du fil à retordre aux Martlets de McGill en 1/2 finale provinciale grâce, notamment, à des performances étincelantes de la gardienne recrue Mahika Sarrazin, les Gee-Gees d’Ottawa ont amorcé le calendrier 2022-2023 en grande force. Avec quatre victoires consécutives en lever de rideau, la troupe de Chelsea Grills a connu des hauts et des bas par la suite, s’inclinant notamment face à Carleton, mais l’emportant à trois reprises contre les Carabins.

L’offensive ottavienne est l’affaire d’Abygail Moloughney. La native d’Ottawa effectue un retour dans son patelin après quatre saisons au sud de la frontière où elle a été une joueuse vedette à l’université Syracuse. Avec ses 11 buts et 7 aides en 14 parties, elle pointe au 3e rang du classement des pointeuses derrière Audrey-Anne Veillette et Emmy Fecteau.

Aurélie Dubuc / Photo tirée de la page Facebook des Gee Gee’s

La défensive ne semble pas trop souffrir du départ de Christine Daudelin, maintenant avec la Force de Montréal. Kathleen Reedman, Ariane Mainville, la recrue Reece Mepham et la transfuge de l’université Rochester Taylor Sims forment le noyau de défenseures devant la gardienne Aurélie Dubuc. Celle-ci domine le circuit universitaire avec son pourcentage d’arrêts de ,923.

L’équipe devra toutefois augmenté son efficacité sur les unités spéciales si elle souhaite se maintenir dans la course au sommet.

Gaiters de Bishop’s (8-3-3 19 pts.)

Les Gaiters de Bishop’s, à leur deuxième année seulement dans le circuit universitaire, offrent une solide oppostion à chaque fois qu’elles sautent sur la patinoire. À seulement trois points de la tête, les 11 premiers matchs des Gaiters cette saison se sont terminés par la marge d’un seul but. Espérons que la défaite de 6-2 contre Montréal lors du premier match de 2023 ne soit qu’un faux pas.

Cependant, la troupe de Dominic Desmarais devra manitenir son excellence en supériorité numérique, elle qui marque sur 22,45% de ses occasions depuis le début de la saison. D’ailleurs, l’attaque des Gaiters est menée par cinq joueuses qui comptent au moins 10 points. Seuls les Carabins en comptent plus avec 6.

Neleh Vigneau Sargeant / Crédit : Greg Mason (uOttawa)

Maude Pépin, avec neuf points au cours des cinq dernières rencontres est la meneuse du groupe suivie des Ontariennes Angelique Page et Neleh Vigneau Sargeant. Marie-Camille Théorêt, de son côté, est la meneuse chez les défenseures de la ligue avec 11 points en 14 rencontres.

Aglaé René de Cotret et Charley Wing se partagent la tâche devant le filet de l’équipe des Cantons-de-l’Est.

Ravens de Carleton (4-8-2 10 pts.)

Les Ravens ont de la difficulté à marquer des buts cette saison, mais elles misent sur une gardienne en pleine possession de ses moyens en Marie-Ève Côté. Son taux d’efficacité de ,923 la place à égalité au sommet chez les gardiennes du circuit avec Aurélie Dubuc des Gee Gee’s. En 9 rencontres, elle a fait face à 310 tirs, soit une moyenne supérieure à 34 lancers par match. Un autre sommet.

Marie-Ève Côté et Nicole MacNeil / Crédit: Marc Lafleur

Sans les exploits de Côté, qui a notamment fait face à des barrages de 55 et 46 tirs contre les Carabins plus tôt cette saison, on peut se demander où en serait l’équipe. En effet, l’équipe accuse un déficit moyen de 13,2 tirs par rencontre, le pire différentiel à ce chapitre de la ligue. Cependant, les Ravens compensent avec un jeu en infériorité numérique étincelant à 91,23% d’efficacité.

Une place en éliminatoires est probablement hors de portée, mais les Ravens ont trouvé le moyen de soutirer des victoires contre les Stingers et les Gee-Gees en première moitié de campgane. Elles pourraient jouer les trouble-fête à nouveau.

Martlets de McGill (1-12-1 3 pts)

Enfin une première victoire pour les Martlets cette saison. Il a fallu attendre l’arrivée de 2023 pour célébrer un premier gain cette saison à McGill. Une situation inimaginable au cours des dernières années alors qu’on n’a pas connu une saison sous la barre des .500 depuis 2000-2001. Le départ de Jade Downie-Landry (joueuse par excellence au Canada) et de la gardienne Tricia Deguire (1re équipe d’étoiles RSEQ) a marqué la fin d’une époque pour les Martlets.

Les vétéranes Marika Labrecque et Chrissy Colizza doivent maintenant incluquer les valeurs de cette grande organisation à la prochaine génération. Ce sera ensuite au tour des Elizabeth Mura (équipe d’étoiles des recrues RSEQ en 21-22, membre de l’équipe canadienne pour les Universiades 2023) et Sarah-Maude Lavoie (2e équipe d’étoiles collégiales 21-22) de prendre le leadership de cette formation.

Marika Labrecque / Crédit : Matt Garies

La victoire de 2-0 obtenue face aux Ravens au cours duquel la gardienne a bloqué les 35 tirs dirigés vers elle sera certainement un soulagement pour l’équipe d’Alyssa Cecere. Reste maintenant à bâtir sur ce succès et espérer des performances plus convaincantes en deuxième partie de saison.