Photos : Olympe Desmedt / Crédit : James Hajjar – Jonathan Portelance / Crédit :Yves Longpré

En pause pour la période des Fêtes, les équipes de volleyball universitaire ont terminé la première moitié de leur calendrier et si on peut observer certaines tendances, il reste aussi de furieuses batailles à venir pour les places en éliminatoires. Les Carabins chez les femmes et le Vert & Or chez les hommes sont en tête de leur classement. Portrait de la situation.

Les Carabins reprennent leur place

Le volleyball féminin est en santé au Québec. Le RSEQ mise sur une conférence à sept équipes au niveau universitaire D1, en plus de quatre autres en D2. À cela s’ajoutent 78 équipes collégiales, dont neuf en Division 1. D’ailleurs, selon le dernier rapport annuel du RSEQ, le volleyball est le deuxième sport au niveau de la participation, toutes catégories et sexes confondus, derrière le basketball. Bref, parlons-en.

Ceci écrit, revenons à ce qui s’est passé en première moitié de calendrier.

D’abord chez les femmes, il faut noter le retour en force des Carabins. Après une saison 21-22 marquée par un calendrier tronqué, l’équipe d’Olivier Trudel n’a pas réussi à se qualifier pour les éliminatoires. Une première dans son histoire. Qui plus est, les Carabins avaient participé à toutes les finales provinciales depuis 2005-06 en remportant 11 dont les six dernières. Cette saison, on ne laisse rien au hasard. L’équipe a remporté huit de ses neuf matchs gagnant 25 manches contre huit.

La seule défaite des Montréalaises est survenue aux mains des championnes en titre, les Martlets de McGill lors de la deuxième semaine. Depuis, elles n’ont échappé que trois manches en six matchs. Montréal domine au chapitre des attaques marquantes, des passes décisives et des as au service en plus de n’accorder qu’un faible ,120 d’efficacité à ses adversaires.

Les attaquantes Olympe Desmedt, Maude Babin, Florence Cloutier et Gabrielle Fortin, les joueuses de centre Milica Djordjevic et Myriam Kayser-Tourigny, la passeuse Sarah McGlashan et la libéro Brittany McGlashan forment un noyau extrêment talentueux et efficace qui offre des options à l’entraîneur.

Les suivent au classement les Citadins de l’UQAM menées par celle que je considère comme la joueuse par excellence de ce début de saison, Sabrina Mayer. Élue sur la première équipe d’étoiles du RSEQ au cours des deux dernières saisons, l’attaquante domine le circuit pour les attaques marquantes et les as par manche en plus d’être 4e pour les réceptions défensives.

Sabrina Mayer / Crédit : Carl Rodrigue

Mayer n’est pas la seule à profiter du retour de l’excellente passeuse Noémie Gagné. La recrue Anica Pineault et Laura Côté-Colin ont également une moyenne supérieure à deux attaquantes marquantes par manche. Pineault fait aussi du très bon boulot au bloc avec 10 solos, tout comme la joueuse de centre Sarah-Jade Goulet (11). On y ajoute Gabrielle Cloutier qui se situe parmi le top 10 pour l’efficacité à l’attaque et au bloc. Et il ne faut pas oublier la libéro Ariane Pelosse-Brunelle qui, avec 100 réceptions défensives, est 5e à ce chapitre dans le circuit.

Avec une fiche de 7-3, l’UQAM est au 2e rang du circuit et s’apprête à livrer une belle bataille aux Martlets de McGill pour l’opportunité d’accueillir la demi-finale à la maison. Leurs trois défaites ont été subies face à Montréal (2x) et Laval

Les Martlets occupent le 3e rang en veru de leur fiche de 6-3. C’est également le rang qu’elles occuperaient même avec une victoire supplémentaire puisqu’elles se sont inclinées lors de leur seul duel face aux Citadins. Elles se sont également inclinées face à Sherbrooke et contre Ottawa, mais elles ont été les seules à infliger un revers aux Carabins.

L’équipe est toujours menée en attaque par le trio composé de Victoria Ianotti (première à égalité avec Mayer pour les attaques marquantes par manche), Charlène Robitaille et Audrey Trottier. Clara Poiré, membre de la deuxième équipe d’étoiles la saison dernière, reprend la forme graduellement après avoir raté les cinq premiers matchs de la saison. C’est la recrue Rachel Leduc qui a profité de son absence pour s’illustrer. La joueuse de centre Meaghan Smith demeure un pilier au bloc.

Victoria Ianotti et Charlène Robitaille / Crédit : Matt Garies

Sherbrooke, Laval, Ottawa et l’UQTR devront travailler d’arrache-pied après les Fêtes pour s’accrocher au quatrième et dernier rang menant aux éliminatoires. Bien que rien ne soit garanti pour les trois autres, les quatre équipes ont un retard à combler avec des fiches respectives de 4-6, 4-6, 3-7 et 2-8.

Le Vert & Or est la seule formation parmi le quatuor à avoir inscrit plus de points qu’elle n’en a accordés. Bien que l’équipe ne soit pas positionnée avantageusement dans aucune catégorie statistique, elle a réussi à battre McGill plus tôt dans la saison.

Menées par la passeuse émérite Emma Bergeron, les filles du Vert & Or misent sur des jeunes attaquantes puissantes en Jaël-Esther Telfort et Catherine Lavigne. Gabrielle Minier, Marianne Boucher et Madeleine Ouellet-Lupien complètent bien le six partant. Bien que personne ne peut remplacer la grande Maude Fréchette, il y a suffisamment de talent pour aller chercher des victoires.

Le Rouge et Or est l’équipe qui a démontré, selon moi, le plus de capacités à se hisser au sein du top 4. Par contre, il faudra trouver une constance. Laval est la seule équipe, mis à part McGill, qui a remporté deux sets dans un match contre Montréal. Elles sont également la seule équipe autre que Montréal à avoir vaincu l’UQAM. Mais elles ont échappé un match contre Ottawa et baissé pavillon 3-0 dans leur seul seul match contre Sherbrooke.

D’abord, l’équipe mise sur deux passeuses. Marie-Justine Couture et Émie Gaboury se sont partagées la tâche lors des dix premiers matchs avec des présences dans 27 et 24 sets respectivement. Cependant, elles sont toutes deux sous la barre des huit passes décisives par manche. On voudra probablement en choisir une pour prendre la pôle.

L’attaquante Justine Raymond est l’étoile de cette première moitié de calendrier pour les Rouge et Or. Éloïse Ross-Tremblay fait également très bien alors que Jade Marquis a été tantôt sublime, tantôt plus effacée. Mais l’absence de la capitaine Béatrice Lamarche en début de saison a peut-être aussi joué un rôle dans les performances du Rouge et Or.

Justine Raymond / Crédit : Mathieu Bélanger

C’est cependant en défensive que l’équipe s’est démarquée avec une quantité impressionnante de réceptions. La victoire face à l’UQAM en a été une démonstration éloquente. Marie-Noëlle Tremblay est d’ailleurs la meneuse du circuit avec 3,73 réceptions par manche.

Les Gee Gee’s d’Ottawa étaient pressenties pour donner du fil à retordre à leurs adversaires cette saison. Elles ont commencé en force avec deux victoires à leurs trois premiers matchs. Toutefois, elles n’ont plus regoûté à la victoire avant le 2 décembre quand elles ont renversé McGill 3-0. Avery Hughes est certainement l’attaquante la plus dangereuse, mais les recrues Danae Bristow, Audrey Odigie et Nicole Hildebrand ont certes de quoi offrir de l’espoir aux fans de l’équipe ontarienne.

Enfin, les Patriotes de l’UQTR ferment la marche. Cependant, elles ont déjà une victoire de plus à leur actif que dans toute la saison 2021-2022. Elles ont remporté ces deux matchs lors de leurs quatre dernières recontres et ces résultats sont encourageants pour la suite. Cependant, les Pats doivent encore affronter les Carabins et les Citadins à deux reprises chacune.

Alissa Veilleux et Laurence Flamand montrent des statistiques offensives encore meilleures qu’à leur première saison. Amélie Filion et Ophélie Pageau prennent du galon au centre. Filion qui est une des meneuses au bloc dans le RSEQ a toutefois raté les derniers matchs. C’est Arianne Marois qui a pris le relais.

L’équipe est jeune et le talent est là. Marie-Christine Mondor et Myrianne Courteau présentent une équipe améliorée à chaque saison.

Le Vert & Or est plus qu’une équipe cendrillon

Au volet masculin, la lutte se joue encore à trois, entre Sherbrooke, Montréal et Laval. Dalhousie et UNB se battent pour la 4e position.

Le Vert & Or a causé une certaine surprise la saison dernière en battant Montréal en finale provinciale avant de grimper sur la troisième marche du podium canadien. L’équipe était jeune et dynamique et ne pouvait que poursuivre sur sa lancée en 22-23. Mais le dire et le faire sont deux choses et pour le moment, les choses vont bien.

Sherbrooke a subi une défaite face à Montréal dès son premier match. Un revers en cinq manches (15-13 au 5e set). Depuis ce temps, le passeur Jonathan Portelance et les siens n’ont échappé que sept manches en sept matchs. Mais quatre d’entre elles l’ont été face au Rouge et Or de Laval. En effet, Sherbrooke a dû remonter de déficits de 0-2 et de 1-2 à chacun de leurs duels contre Laval. Visiblement, ce sera une bataille à finir entre les deux formations.

Sherbrooke est sans contredit l’équipe offensive par excellence avec une efficacité à l’attaque inégalée, cinq joueurs parmi le top 15 pour le nombre d’attaques marquantes par manche et un passeur hors du commun en Jonathan Portelance qui maintient une moyenne de 11,45 passes décisives par manche. À ce rythme, il prendrait le deuxième rang de l’histoire du RSEQ derrière les 11,91 de Justin Boudreault (Laval) en 2010-2011.

Zachary Hollands / Crédit : Yves Longpré

Yoan David, Zachary Hollands, Julien Vanier, Sébastien Lapensée, le grand Elliot Collard et le libéro Simon Coutts complètent à merveille Portelance en offrant des schémas d’attaque très diversifiés et du jeu rapide. Une belle équipe.

Le Rouge et Or suit Sherbrooke au classement avec une fiche de 6-3. Ses trois défaites ont cependant été subies lors de ses quatre derniers affrontements. Les deux défaites serrées face à Sherbrooke puis une de 3-0 contre Montréal avant de prendre une revanche contre ces derniers avec un 3-0 à leur tour.

L’équipe du légendaire Gino Brousseau avait d’abord gagné son premier duel contre Montréal 3-2 avant de difficilement l’emporter deux fois contre Dalhousie en cinq manches lors de deux matchs consécutifs. La première fois après avoir perdu les deux première manches et gagné la 3e 32-30 et la deuxième en repoussant les Tigers qui ont pris les manches 3 et 4 pour forcer le set ultime.

Max Losier / Crédit : Yan Doublet

Max Losier y est allé d’une performance monstrueuse de 37 attaques marquantes lors de ce deuxième match contre Dalhousie. Losier est 2e du RSEQ avec une moyenne de 4,12 kills par manche. Il n’est devancé que par son coéquipier Nicolas Fortin qui domine de loin toute la compétition avec une moyenne de 5,34 attaques marquantes par manche. À souligner également le travail exceptionnel au contre de Jonathan Girard qui mène la ligue avec ses 1,32 blocs par set.

Laval a des outils pour être dangereux, mais on aura besoin d’une contribution offensive plus soutenue de la part des autres membres de l’équipe. La recrue Pierre-Olivier Thibault avait amorcé la saison comme passeur partant. Mais au cours des quatre derniers matchs, les entraîneurs ont choisi de faire confiance à une autre recrue, Charles St-Aubin qui avait été nommé joueur par excellence en division 1 collégiale la saison dernière.

En troisième position avec une fiche de 6-3, les Carabins de l’Université de Montréal ont su profiter de leurs matchs contre UNB et Dalhousie pour engranger quatre victoires, mais ils ont perdu deux de leurs trois affrontements face à Laval. Cependant, ils demeurent la seule équipe à avoir vaincu Sherbrooke.

Intéressant de noter que Montréal est parmi les deux premières équipes du circuit à l’exception du bloc et des réceptions défensives. Les centres Nidhal Ridene (2e) et Pierre-Charles Latour-Bourgeois (9e) et le passeur Maxime St-Denis (6e) font bien au bloc. Mais ce dernier a raté trois rencontres. En ce qui a trait aux réceptions défensives, l’excellent libéro Yassine Kassis (1re équipe d’étoiles USports la saison dernière) est 6e du RSEQ. Toutefois, il est le seul de son camp parmi le top 15 du circuit.

Alexis Tournier / Crédit : James Hajjar

Alexis Tournier, Guillaume Bisson et Julien Boileau se partagent assez équitablement la production à l’attaque avec 85, 87 et 86 attaques marquantes chacun depuis le début de la saison. Si on peut avoir encore plus de jeu au centre, on peut espérer de belles choses pour les Carabins d’ici la fin de la saison.

Dans les cas de UNB et Dalhaousie, les deux équipes ferment la marche dans à peu près toutes les catégories statistiques. Mis à part les réceptions défensives où Dalhousie domine le circuit. Owen Tran et Justin Cross forment le seul duo d’une même équipe avec une moyenne supérieure à deux digs par manche. Le passeur Quinton Dowling est quant à lui 7e avec 1,94.

Dalhousie est une jeune équipe menée par un passeur expérimenté. Parmi les autres joueurs qui se démarquent, notons Lucas Coldon-Oldreive, le centre recrue de 6’8 qui pointe au 3e rang de la ligue avec 1,03 bloc par manche. L’attaquant de 6’7 Michael Donovan est toujours parmi les plus dangereux autant à l’attaque qu’au service.

Enfin, au Nouveau-Brunswick, le joueur à surveiller est le Brésilien Rafael Hilario. L’attaquant de 6’4 évoluait avec Capilano dans l’ACSC lors des trois dernières saisons. Il est de loin le joueur le plus dominant de cette équipe qui est toujours à la recherche d’une première victoire cette saison.