Les Citadins joueront sur le terrain Olga Hrycak cet automne

Un jeudi soir d’automne au centre-ville de Montréal, petites bouchées, verre de vin ou bière fraîche à la main et des dizaines de personnes rassemblées pour discuter et se raconter des anecdotes. Cette scène aurait pu être celle d’un 5 à 7 branché, c’était plutôt le début de la saison de basket universitaire au Centre sportif de l’UQAM. Il s’agissait surtout de rendre hommage à une grande dame du sport québécois, Olga Hrycak, récemment intronisée au Panthéon des sports du Québec.

Sur la mezzanine du Centre sportif, l’ambiance était parfaite pour profiter de deux bons matchs de basket entre l’UQAM et Concordia et surtout pour piquer un brin de jasette avec Coach Olga. Si grand soit le personnage dans le monde du basket québécois, rapidement on se rend compte qu’on a la chance de parler avec une personne humble animée d’une confiance et d’une passion évidente pour son sport. On n’a pas à lui poser 15 questions pour avoir des histoires. Elle aime raconter.

Celle qui a été la première femme à diriger un programme de basketball universitaire masculin en Amérique du nord est très fière de l’honneur qu’on lui a fait. « Les mots ne me viennent pas pour décrire les émotions que j’ai vécues. Tu ne pense pas à ça. Tu fais ton travail. J’ai eu des hauts, j’ai eu des bas. Le niveau de mes émotions étaient tellement profond.»

Ayant commencé à entraîner au basket au niveau secondaire, Olga Hrycak était enseignante en éducation physique dans une école pour filles qui est devenue une école mixte. C’est comme ça qu’elle a commencé à entraîner des garçons. Plus tard, elle a fait application au Collège Champlain-St-Lambert où les postes de coach étaient ouverts chez les gars et chez les filles. Ayant eu du plaisir à entraîner les garçons, elle a dit qu’elle aimerait avoir le poste pour entraîner l’équipe masculine. Et elle l’a eu.

Mais pourquoi avoir choisi les garçons? « Avec les filles, c’est tactique et au peaufine le jeu. Avec les gars, les habiletés physiques sont tellement plus grandes. On peut faire plus de choses. J’étais attirée par ça.»

Madame Hrycak a gravi les échelons en n’ayant jamais peur de poser sa candidature pour des postes plus élevés, au point où elle a été en charge de travailler la défensive avec l’équipe nationale. Elle a même eu la chance de travailler avec des joueurs comme Steve Nash. Après Champlain-St-Lambert, elle est allée à Dawson où elle a connu de grands succès. Un poste qu’elle a adoré et qu’elle a quitté non sans verser quelques larmes.

Toutefois, l’occasion d’aller lancer un programme universitaire était une chance unique. « Quand Manon Vaillancourt et Daniel Méthot sont venus me chercher, c’était l’opportunité d’une vie. Au début, je me promenais dans l’université pour trouver des joueurs. J’accrochais des grands gars et je leur demandais s’ils jouaient au basket. Ça a pris quatre ans pour gagner un premier championnat. »

Que pense-t-elle de la situation du basketball aujourd’hui au Québec? Notamment en comparaison avec l’Ontario. « Ça ne fait que commencer ici. En Ontario, ça fait longtemps qu’ils ont créé des programmes à l’extérieur des cadres scolaires pour envoyer des joueurs aux États-Unis. Maintenant, on en a de plus en plus ici et on envoie des joueurs aux États-Unis aussi. Chris Boucher, Benn Mathurin et Luguentz Dort ont des racines fortes au Québec. Quand ils reviennent, ils sont comme des dieux. Notre basketball est jeune, particulièrement chez les francophones. C’est intéressant d’avoir vu tout ce progrès et on est dedans actuellement. »

Et pense-t-elle qu’on devrait avoir plus d’équipes universitaires au Québec? « Bien sûr. Trois-Rivières, Sherbrooke, surtout l’Université de Montréal. Mais ça va venir…»

Ah oui, le match des filles s’est terminé 83-49 en faveur des Citadins et celui des gars a été à l’avantage des Stingers 78-73. Des matchs avec de belles actions des deux côtés, des erreurs de début de saison aussi, mais qui ont principalement donné envie d’y revenir.

Quant au nom sur le terrain, il sera visible tout au long de l’automne. L’inscription a été réalisée dans le cadre de l’intronisation d’Olga Hrycak au Panthéon des sports du Québec. La question de sa pérennité fera l’objet de démarches ultérieures, selon l’équipe des communications des Citadins.

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