Plaqués dangereux : un père lance un cri du coeur

Vendredi dernier, le Vert & Or de Sherbrooke rendait visite aux Carabins de l’Université de Montréal. Un jeu en particulier fait beaucoup parler depuis lundi soir. Le père d’un joueur de Sherbrooke, a questionné sérieusement la sécurité dans une publication sur Facebook. Et l’entraîneur Mathieu Lecompte commence à peine à pouvoir en parler calmement, quatre jours plus tard.

Durant la rencontre, le retourneur de botté Gabriel Côté a subi un plaqué très sévère entraînant une pénalité de 15 verges aux Carabins… et une commotion cérébrale. La sanction était-elle suffisante? Pas selon le père de Gabriel qui a fait part de ses états d’âme sur Facebook.

Vous pouvez voir sa publication ici. https://www.facebook.com/670434539/videos/1717738895257353/

Monsieur Côté a repris la séquence présentée sur les ondes de TVA Sports où son fils avait la responsabilité de retourner un botté de dégagement de Philippe Boyer. Bien installé sous le ballon, il n’a jamais eu le temps de se protéger lorsque Pierre-Gabriel Germain des Carabins est arrivé comme un missile pour le frapper très solidement. Les arbitres ont immédiatement lancé leur mouchoir orange pour signaler une punition de 15 verges. Cependant, ils auraient aussi pu ajouter à la sentance s’ils avaient jugé que le plaqué était dangereux.

En entrevue téléphonique, Patrick Côté m’a bien expliqué sa démarche. D’abord, ce n’est pas simplement un père qui réagit émotivement à la suite d’une blessure de son fils. Il y a un historique derrière sa décision de publier son point de vue.

« L’an passé, Gabriel a été le seul à avoir réussi un touché sur un botté de dégagement. Cette saison, lors du match contre McGill, il est arrivé un jeu presqu’identique. Le numéro 45 de McGill a foncé tête première sur lui alors qu’il attendait un botté. S’il n’avait pas réagi très rapidement en bougeant latéralement, il aurait subi un coup directement à la tête. »

Cependant, M. Côté ne veut pas faire de cette histoire un débat de centimètres. Est-ce que le coup a touché le menton en premier ou la poitrine? « Ce n’est pas une question de photo-finish, c’est une question de règlement. L’idée de ne même pas hésiter et de foncer sur le retourneur en acceptant les 15 verges de punition, ça fait partie du livre de jeu des équipes. C’est insensé qu’on laisse ça se produire. Que le joueur le frappe à la tête ou non, avec son casque en premier ou non, n’est pas le point. C’est qu’on ne protège absolument pas un joueur en position vulnérable. On attend quoi? »

Bien que les arbitres n’aient pas donné une pénalité supplémentaire aux Carabins, il faut savoir qu’ils ont tout de même pris le temps de s’excuser auprès de l’entraîneur-chef du Vert & Or, Mathieu Lecompte, à la demie. Coach Lecompte m’a même informé qu’il avait parlé de ce genre de situation avec l’arbitre en chef avant le début du match.

Image tirée du reportage de TVA Sports

Pourquoi les arbitres n’ont-ils pas été plus sévères? La question demeure entière quatre jours après les événements. D’abord, les arbitres n’ont peut-être pas vu le point d’impact clairement sur le coup. Qui plus est, ils n’ont pas accès à des reprises pour réviser leur décision.

L’arbitrage et la sécurité dans le sport sont la responsabilité de Football Québec et de Football Canada et non du RSEQ. Mes appels à la fédération québécoise ont abouti dans des boîtes vocales. On m’a mentionné que le directeur général Steve Duchesneau est actuellement en vacances. Toutefois, un message a aussi été laissé au directeur technique en charge du dossier de l’arbitrage.

Questionné à savoir s’il avait l’intention de déposer une plainte auprès du RSEQ, Mathieu Lecompte a exposé clairement son point de vue sur la question.

Si je dois porter plainte via mon institution pour que quelque chose soit fait, on a un problème. Je n’en veux pas aux arbitres, ça va vite sur le terrain. Mais on a TVA Sports qui filme dans un paquet d’angles différents. Ceux qui ont à décider n’ont pas besoin d’attendre une plainte pour agir.

Mathieu Lecompte, entraîneur-chef du Vert & Or de Sherbrooke

Le pdg du RSEQ, Gustave Roël, a avoué avoir été mis au courant de la situation, mais qu’il doit attendre une plainte pour agir. « Une équipe a 72 heures pour déposer une plainte en passant par son institution pour qu’il y ait révision et peut-être sanction. Mais nous n’avons rien reçu de la part du Vert & Or. »

Lecompte a ajouté : « Le Vert & Or et Gabriel Côté ont quoi à gagner en portant plainte? Ce n’est pas une suspension de plus qui remettra Gabriel sur ses pieds. Il faut faire changer le règlement et donner plus d’outils aux arbitres. À la fin de la saison, on va s’asseoir et demander une modification aux règles. En 2018, après les incidents qui ont mené à la suspension d’un joueur pour des coups à la tête, j’avais suggéré qu’on permette aux arbitres sur le terrain de revoir les séquences lorsque ça implique la sécurité des joueurs. On est en 2022, mon point de vue reste le même. »

L’entraîneur-chef du Vert & Or n’est pas tendre envers la façon dont les choses sont gérées. « Il y a beaucoup de fonctionnaires qui ont vu le coup et qui attendent un formulaire pour agir. Personnellement, je recrute et je forme des jeunes pour qu’ils apprennent à prendre leurs responsabilités dans la vie. Je ne forme pas des plaignards. J’ai parlé de la situation avec d’autres collègues entraîneurs. À mon avis, un coach qui trouve ce geste acceptable n’a pas d’affaire dans notre ligue. »

On ne peut pas laisser des jeunes regarder les matchs à la télévision et leur faire croire que ce sont des coups légaux. Avoir de la visibilité vient avec une responsabilité.

Mathieu Lecompte à propos de l’analyse faite durant la rencontre par Charles-Antoine Sinotte

L’analyste des matchs de football universitaire à TVA Sports, Charles-Antoine Sinotte, qui est un ardent défenseur de la sécurité des joueurs en ayant fait la démonstration à de très nombreuses reprises dans le passé, a déclaré durant la rencontre que les arbitres ont la possibilité de donner plus que 15 verges de punition si le geste est dangereux. Il a ensuite ajouté que que la technique utilisée était adéquate dans ce cas-ci.

Plus tard, en réponse à une publication du coéquipier de Côté, Louis Tardif, sur les réseaux sociaux, Sinotte a mentionné avoir revu le coup à plusieurs reprises. Il constate qu’il n’y a pas de coup à la tête, que le coup à été donné au niveau des épaulières, mais avec le casque, ce qui aurait pu entraîner une punition pour « dardage ». Il invite ensuite les gens à utiliser les mécanismes en place pour porter plainte afin que des précisions et/ou de la prévention soit faite.

Alors, que doit-on faire pour mieux protéger les joueurs? Parce que c’est de ça dont il est question ici. Personnellement, je me range du côté de messieurs Côté et Lecompte à cette étape-ci. Au-delà de savoir si le coup est à la tête, il y a un danger évident à laisser un joueur complètement vulnérable être frappé par un joueur en pleine vitesse qui prend son élan sur des dizaines de verges. Et franchement, si ça fait vraiment partie de la stratégie que d’absorber les 15 verges de punition pour potentiellement blesser un adversaire, il faut se questionner sur les priorités de certains.

Photo principale tirée d’un reportage de TVA Sports

3 commentaires sur “Plaqués dangereux : un père lance un cri du coeur

  1. D’accord sur tout , le règlement doit être changé. C’est vraiment stupide de devoir attendre que quelqu’un porte plainte pour s’apercevoir qu’il y un grand manquement dans le règlement. Les gens en haute instance doive sûrement voir ce qui se passe mais ne réagisse pas.

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