Qu’on les laisse terminer cette saison

Un autre hiver, une autre vague, une autre série de mesures, une autre pause des sports. Devrons-nous vivre ce carrousel chaque année? Je ne le sais pas. Je ne le souhaite certainement pas. Mais peu importe les mesures et qui les édictera, il est temps de penser à nos jeunes et à leur santé. Il faut trouver une façon de les garder éveillés et enthousiastes. Et une de ces façons est de les laisser compléter leur saison sportive.

Je ne suis pas un expert en santé publique et je ne commencerai pas à me prétendre ce que je ne suis pas. Ceci dit, je suis convaincu à 100% des capacités du RSEQ et de ses établissements membres de pouvoir organiser de manière sécuritaire non seulement des entraînements en groupe, mais des matchs et des compétitions.

Mais pourquoi demander cela en ces temps d’éclosions, au plus fort d’une vague qui frappe la planète entière? Parce qu’il y a moyen de faire les choses de manière cohérente en gérant les risques. Si, pour leur santé mentale, on retourne tous les élèves et étudiants sur leurs bancs d’école pendant de longues heures dans des locaux plus ou moins exigus douteusement aérés, on peut assurément avoir un match de volleyball dans un gymnase. En testant régulièrement les athlètes et les entraîneurs, en jouant à huis clos, en limitant l’utilisation des vestiaires et en mettant en place toutes les mesures que les différentes fédérations sportives proposent depuis plus de 18 mois, les compétitions sportives seront non seulement sécuritaires, elles seront salutaires. Et n’oublions pas que contrairement à l’an passé, tout le monde a accès à la vaccination.

Oui, on les appelle des étudiants-athlètes. Il faut mettre de l’avant qu’ils sont d’abord à l’école pour obtenir un diplôme, développer leur sens critique et accumuler un savoir. Mais ils le font, pour la plupart, en ayant pour réelle passion leur sport. Les moments où ces athlètes jouent des matchs avec les coéquipiers et coéquipières sont généralement le fait d’arme de leur semaine. Retirer cette possibilité de jouer et de côtoyer leurs pairs à ces jeunes est dommage et dommageable. Les articles et lettres d’opinions d’experts à ce sujet fusent.

J’insiste sur la tenue de matchs et de compétitions plutôt que de se contenter des entraînements. Courir, sauter, soulever des haltères, c’est nécessaire pour maintenir la forme. Mais cette forme physique a pour but de se préparer à une performance. Cette performance qui est le point focal de l’attention des sportifs. C’est parfait de vouloir se concentrer sur un processus plutôt que sur des résultats. Mais ça fonctionne quand on sait qu’il y aura éventuellement un résultat.

Il y a moyen de protéger les plus vulnérables en laissant nos jeunes athlètes pratiquer leur sport, même à l’intérieur.

J’ajouterai que ce qui rend difficile ces pauses des sports d’hiver est qu’on commence quelque chose qui risque de ne pas finir. C’est frustrant pour tout le monde. Et franchement, faire systématiquement appel à la résilience des jeunes est un risque dont on ne mesure pas encore les conséquences à moyen et long termes. C’est très loin d’être un caprice. À ce sujet, je vous invite à visionner le reportage du journaliste de Québec Stéphane Turcot avec le psychopédagoque sportif en préparation mentale Alain Vigneault. Pour lui, les jeunes se font voler une partie de leur vie.

On met beaucoup d’énergie à tenter de mettre au pas les centaines de milliers de non-vaccinés. Pendant ce temps, est-ce nous pensons à nos 200 000 étudiants-athlètes québécois, leurs entraîneurs, et leurs parents?

Est-ce que je me permets d’ajouter que la majorité de ceux-ci ne vote pas, donc peut-être qu’on se permet de les oublier? Je force peut-être la dose, alors je n’irai pas là. Toutefois, quand j’entends dire que le gouvernement a à coeur le sort de nos jeunes, je pense qu’il rejette trop souvent du revers de la main l’importance des activités parascolaires.

Les saisons universitaires, collégiales et scolaires de hockey, de volleyball, de basketball, de natation, de badminton et d’athlétisme sont en cours. Les athlètes et les entraîneurs qui y ont consacré une quantité importante d’énergie voient encore une fois ces efforts n’apporter que peu de résultats tangibles. Laissons-les terminer leur saison.

McGill, Concordia et Montréal sont dans une bataille rangée pour le titre en hockey féminin. Sherbrooke a une équipe qui peut rivaliser avec Montréal et Laval en volleyball masculin et ils ont espoir de remporter un premier titre québécois depuis 1997. Les saisons en basket féminin et masculin universitaires sont enlevantes. On assistait à de grandes performances en natation et ça ne pouvait aller qu’en s’améliorant. Les Islanders de John Abbott en hockey collégial féminin se dirigent vers une saison record, tout comme les Gaillards de Jonquière en volleyball féminin. Et que dire de la toute première saison des Filons de Thetford en basket masculin collégial D1? On a vraiment hâte de les voir se mesurer aux Vanier et Dawson.

Non, ce n’est pas un caprice de gars qui couvre le sport étudiant et qui a besoin de s’en mettre sous la dent. C’est le point de vue d’un père de trois adolescents en plein développement. C’est aussi un espoir profond que des centaines de milliers de Québécois puissent se rattacher à du concret positif. C’est une demande sincère pour que l’on n’enfonce plus une tonne de jeunes dans le noir, mais qu’on les laisse vivre avec enthousiasme des moments qu’ils ne peuvent simplement pas repousser dans le temps. C’est une requête à ce qu’on ouvre la porte au retour des activités sportives car elles apportent mille fois plus de bien que de mal.

Alors, monsieur Legault, docteur Boileau, monsieur Roberge, madame Charest, allumez! Faites confiance au milieu sportif à qui vous demandez de se préparer et de s’ajuster depuis plus d’un an et demi. Ils doivent avoir l’occasion de vous démontrer qu’ils feront bien ce qui est juste.

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