Une bataille serrée au sommet du volleyball québécois

Photo : Gabrielle Archambault et Marina Ajavon des Citadins bloquent une attaque de Jade Barrette du Vert & Or avec Marianne Boucher et Danaé Vaillancourt en soutien / Crédit : Carl Rodrigue

Après 11 championnats provinciaux au cours des 13 dernières saisons, les Carabins de l’Université de Montréal forment certainement l’équipe à battre. Toutefois, si l’on se fie à la première moitié de saison, de nouvelles reines du volleyball québécois pourraient être couronnées en 2022.

Rien n’est cependant joué, car la course demeure très serrée au sommet du classement. Les Citadins de l’UQAM et le Vert & Or de Sherbrooke partagent la tête avec une fiche de 8-2 tandis que les Martlets de McGill suivent de près à 7-3. Le Rouge et Or de Laval complète le top 4 avec six victoires contre quatre revers.

L’entraîneur-adjoint des Martlets de McGill André Gendron constate effectivement cette parité : « Comme durant les dernières saisons, nous pouvons constater que la ligue du Québec est très paritaire avec seulement 2 victoires séparant les équipes en 1re position avec la 4e place et même si Montréal n’est qu’à quatre victoires cette année, elle reste une équipe dangereuse, que l’on ne doit pas prendre à la légère. Nous devons être prêts à jouer chacun de nos matchs, car n’importe quelle équipe du RSEQ peut gagner, il n’y a aucun match facile. »

L’équipe de l’heure est certainement celle des Citadins qui a remporté ses six derniers matchs dont une victoire de 3-1 face au Vert & Or. D’ailleurs, les deux seules défaites du Vert & Or sont survenues face aux Citadins. Une situation que s’explique difficilement Emma Bergeron, la passeuse étoile de l’équipe Sherbrookoise. « Le mental est là, tout le monde est présent et on veut gagner. On a des plans de matchs solides, mais contre cette équipe, le bloc et la défense qui sont normalement nos forces, c’est plus difficile. On dirait qu’on n’est pas capable de bloquer cette équipe-là, alors on se remet en question. »

Après avoir amorcé la saison avec une victoire en cinq sets (19-17 au 5e) face aux nouvelles venues de l’UQTR, les joueuses des Citadins ont plié l’échine en trois manches face au Rouge et Or. Puis, elles ont infligé un premier revers aux puissantes Vert & Or avant de s’incliner en trois manches contre McGill. Depuis, l’équipe de Claude Tremblay a remporté 18 des 22 sets qu’elle a disputées.

Cette première victoire face à Sherbrooke a été un élément marquant du début de saison pour les Citadins. L’attaquante Sabrina Mayer, une des grandes meneuses chez les Uqamiennes, l’a qualifiée de performance pratiquement sans faute. « Il s’agit du match dont nous sommes le plus fières. »

Sabrina Mayer / Crédit photo : Yves Longpré

Première du circuit universitaire québécois dans la colonne des points et des attaques marquantes par match en plus d’être parmi le top 10 pour les as et les récupérations défensives, l’étudiante en psychologie est en mission :  » De notre côté, nous sommes satisfaites de notre première moitié de saison. Nous savons que nous n’avons pas encore atteint notre plein potentiel, nous travaillons très fort pour maximiser les forces de chacun des membres de notre équipe. Cependant, nous ne sommes pas comblées et le travail est loin d’être terminé. On est consciente que la compétition de la deuxième moitié de saison sera très relevée, mais nous ferons tout pour rester en tête du classement. »

Outre Mayer, la vétérane Gabrielle Archambault connaît une très bonne saison jusqu’à maintenant. La joueuse de centre de 6’1 est deuxième du circuit avec 0,84 bloc par manche et fait partie du top 10 des meilleures pointeuses. Les recrues Mathilde Bruggeman-Gascon et Laura Côté-Colin sont également de belles découvertes. La passeuse Bruggeman-Gascon est notamment première avec 21 as alors que l’attaquante Côté-Colin gagne en efficacité au fur et à mesure que la saison avance amassant au moins 10 attaques marquantes dans quatre de ses cinq derniers matchs.

Gabrielle Archambault / Crédit photo : Carl Rodrigue

Les représentantes de l’UQAM gagnent en confiance et elles ne montrent aucun signe qu’elles ralentiront en deuxième moitié de saison. Au début du mois de décembre, l’entraîneur Claude Tremblay a convoqué ses joueuses pour un bilan de mi-saison. Cette rencontre leur a permis de réaliser ce qu’elles venaient d’accomplir en tant qu’équipe mais aussi pour le programme de volleyball des Citadins. « Cette rencontre nous a rendu encore plus fières », m’a partagé Mayer.

Le Vert & Or de Sherbrooke ne rencontrera pas sa bête noire avant la mi-février, lors de l’avant-dernier match du calendrier. D’ici là, l’équipe des deux Annie (Lévesque et Martin) souhaitera poursuivre sur sa lancée. Le Vert & Or est simplement dominant étant actuellement premier ou deuxième dans toutes les catégories statistiques à l’exception des as où il est troisième. Notamment, l’équipe sherbrookoise a n’accordé en moyenne que 19,5 points par manche.

Le Vert & Or a amorcé sa saison en force avec trois victoires consécutives avant de s’incliner pour une première fois face aux Citadins en trois manches dans un match plus serré qu’il n’y paraît alors que les deux premières manches se sont terminées 26-24. Puis, elles ont aligné une série de cinq victoires avant de subir une deuxième défaite contre l’UQAM, cette fois en quatre sets.

Maude Fréchette / Crédit photo : Yves Longpré

Menée par les vétéranes Maude Fréchette et Emma Bergeron, l’équipe mise sur de jeunes joueuses de très haut niveau. Fréchette est parmi les 15 meilleures dans six catégories statistiques tandis que Bergeron est 3e pour le nombre de passes décisives et 8e pour les réceptions défensives.

Les recrues Jaël-Esther Telfort et Gabrielle Minier font partie du top 5 de la ligue pour l’efficacité à l’attaque. De plus, Telfort est actuellement 11e pour les points par manche. La centre de deuxième année Marianne Boucher est quant à elle la meilleure contreuse jusqu’à maintenant.

L’attaquante Catherine Lavigne, également à sa deuxième saison avec l’équipe sherbrookoise, a connu trois matchs de 10 attaques marquantes ou plus dans les six matchs qu’elle a disputées avant de subir une entorse au troisième degré lorsqu’elle est tombée sur le pied de Charlène Robitaille des Martlets de McGill. Ses coéquipières gardent l’espoir de la retrouver pour la deuxième moitié de saison.

Malgré la jeunesse des joueuses qu’elles ont sous la main, les entraîneuses misent sur une profondeur très intéressante. Les recrues Camille Thériault et Sophie Tremblay ont bien fait lorsqu’elles ont été appelées en renfort, particulièrement au cours des dernières semaines. La libéro recrue Danaé Vaillancourt fait également très bien étant sixième au chapitre des récupérations défensives. Avoir autant de ressources à leur disposition sera assurément un élément clé des succès pour Sherbrooke d’ici la fin.

Emma Bergeron / Crédit photo : Yves Longpré

Si Sabrina Mayer des Citadins est en mission, Emma Bergeron l’est tout autant et elle ne veut certainement pas se laisser déconcentrer par les succès spectaculaires de l’équipe. « On est vraiment dans le moment présent. C’était un début de saison historique pour notre équipe, mais on ne s’en fait pas avec ça. Pour nous, les fiches ne sont pas importantes. On y va vraiment match par match et on se donne à 100% à chaque fois. »

Bien que la bataille entre l’UQAM et Sherbrooke soit à finir, il ne faut certainement pas reléguer les autres équipes aux oubliettes. McGill mise sur un trio tout étoile avec les Charlène Robitaille, Victoria Ianotti et Clara Poiré. Et Laval a vaincu McGill et l’UQAM en misant sur les vétéranes Béatrice Lamarche et Ann-Sophie Tanguay ainsi que la recrue Justine Raymond.

Après un départ de deux victoires et deux revers, les Martlets de Rachèle Béliveau ont remporté cinq de leurs six matchs suivants dont la confrontation face à l’UQAM en trois manches. Ianotti et Poiré ont d’ailleurs terminé ce match avec 15 points chacune. Mais, comme le mentionne Charlène Robitaille, l’équipe est surtout fière de sa toute dernière prestation avant la pause des Fêtes, une victoire en cinq sets face au Rouge et Or.

Clara Poiré / Crédit photo : Matt Garies

« C’est statistiquement le meilleur match pour notre équipe en défensive alors que nous avons eu plus de défenses totales que Laval, ce qui est très rare depuis un certain temps. Notre entraîneuse avait établi que la défense était un de nos points faibles comparée aux autres équipes, nous l’avons donc particulièrement pratiquée pendant les deux, trois semaines précédant notre dernier match. Tous les exercices étaient focalisés là-dessus. Le fait que nous avons gagné et que nous avons eu un nombre record de défensive nous a énormément motivées puisque cela signifiait que nos efforts avaient porté fruits », analyse la joueuse de centre originaire de St-Jean-sur-Richelieu.

Mise à part la défensive, Robitaille, qui est 2e du circuit pour l’efficacité à l’attaque, croit qu’il sera important pour les siennes de mieux jouer dans les moments serrés : « Un autre point important selon moi serait d’améliorer notre attitude face aux moments de pression. Nous avons de la difficulté à « closer » les sets serrés. Je crois que nous devons améliorer notre attitude face aux moments stressants, ne pas voir ça comme un moment où il faut jouer de prudence mais bien le moment de sortir le gros jeu et de ne pas avoir peur.  »

Charlène Robitaille (16) / Crédit photo : Derek Drummond

L’étudiante de quatrième année en science de la nutrition conclut ainsi à propos de l’énigme que représente toujours le Vert & Or : « Pour battre Sherbrooke, nous devons premièrement être capables de respecter le plan de match. Comme tout le monde, elles ont des faiblesses que nous devons exploiter tout au long du match. On ne peut pas se permettre de ne plus exécuter le plan de match dans les moments plus stressants. De plus, Sherbrooke est une équipe très complète, elle se distingue de nous surtout au niveau de sa défense, elles ne laissent rien tomber!. Comme nous avons travaillé sur cela les dernières semaines, j’ai très hâte de voir ce que ça va donner contre elles! On doit continuer d’entraîner cela parce qu’au niveaux offensif, de la réception et du bloc, nous sommes là. Finalement, nous avons une équipe remplie de potentiel mais encore très jeune. Je crois que si toutes les joueuses de l’équipe peuvent « show up » en même temps, nous sommes imbattables! On doit justement s’assurer que tout le monde est en confiance. »

Des propos repris par son entraîneur Gendron : « C’est certain que la constance sera primordiale pour la 2e moitié de saison, mais je crois que lorsque chaque joueuse sera en mesure de jouer son meilleur volleyball en même temps, il sera difficile de nous arrêter. Chaque petit détail sera important pour terminer champion du championnat du RSEQ. »

Si Laval a représenté une belle prise pour les Martlets, l’équipe d’Olivier Faucher a connu un parcours en dents de scie, mais comme le dit sa capitaine Béatrice Lamarche : « On est une équipe incroyablement combative et on relève vraiment beaucoup de ballons en défense. Le défi – et la clé du succès – va être de transformer ces défenses-là en contre-attaque et d’être davantage efficaces à ce niveau-là. »

Effectivement, avec un taux de réussite de .130, l’offensive lavalloise devra gagner en efficacité pour profiter de sa force en défensive. Les joueuses du Rouge et Or sont premières pour le nombre de récupérations défensives par manche. Un élément qui fait la signature de l’équipe depuis de nombreuses années. Le retour de Justine Raymond qui a malheureusement raté quelques matchs suite à une entorse à une cheville aidera certainement. Raymond avait été nommée joueuse par excellence au niveau collégial D1 avec les Élans de Garneau en 19-20 étant notamment première de la ligue au chapitre des attaques marquantes.

Béatrice Lamarche / Crédit photo : Pascal Clément

Dans le cas des Carabins de l’Université de Montréal, elles ont terminé avec trois défaites à leurs quatre derniers matchs. La pente sera certainement abrupte pour la troupe d’Olivier Trudel avec quatre de ses huit derniers duels face à l’UQAM et Sherbrooke.

L’équipe montréalaise est particulièrement puissante à l’attaque avec Gabrielle Fortin et Olympe Desmedt qui sont dans le top 4 du circuit pour le nombre d’attaques marquantes par match ainsi que Samwella Lukhanda qui est parmi les meneuses pour l’efficacité à l’attaque et au bloc. La passeuse Océane Couturier est quant à elle première pour le nombre de passes décisives par manches jouées. Collectivement, l’équipe est également au sommet du circuit pour les as. Ces éléments la rendent toujours dangereuse et malgré le début de saison qui n’est certes pas à la hauteur des attentes que l’équipe avait, on ne sait jamais ce qui peut arriver.

Samwella Lukhanda (7) et Océane Couturier (1) / Crédit photo : James Hajjar

Au bas du classement, nous retrouvons les Gee Gee’s d’Ottawa et les Patriotes de l’UQTR. Ces dernières en sont à leur première saison dans la division 1 depuis 2006-2007. Les deux équipes ont une fiche identique de 1-9 et elles se sont battues entre elles. Malgré les résultats, il est intéressant de constater les bonnes performances de certaines joueuses.

Tristan Peterson et Alana Leung font particulièrement bien pour Ottawa. Tandis que les deux recrues Alissa Veilleux et Laurence Flamand donnent l’impression que l’avenir pourrait être brillant à Trois-Rivières. Veilleux est actuellement 6e du circuit universitaire pour les attaques marquants par match, 2e pour les as, 4e pour les points et 3e pour les récupérations défensives. Flamand, membre de la première équipe d’étoiles collégiale D1 en 19-20, est quant à elle 10e, 5e, 12e et 15e respectivement dans les mêmes catégories.

Alissa Veilleux / Crédit photo : Simon Lahaie

Ne reste maintenant qu’à espérer un retour au jeu pour les étudiants-athlètes en janvier. Le travail et les sacrifices que ces volleyeuses – tout comme les autres étudiants-athlètes des autres disciplines – ont fait pour vivre leur passion mérite récompense. Surtout quand on sait à quel point les effets positifs surpassent les risques d’éléments négatifs si elles continuent de pratiquer et de jouer. Je me croise les doigts très fort pour qu’on puisse les voir en action le plus tôt possible.

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