L’Université de Montréal grimpe sur le trône d’une première saison couronnée de succès

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Crédit photo : Maude Mainville

Samedi le 30 octobre se déroulait au Campus Notre-Dame-de-Foy, le tout premier championnat de la ligue de flag-football universitaire. Le club de flag-football de l’Université de Montréal a eu le dessus 27-13 sur celui de l’UQAM dans une finale mettant aux prises deux équipes qui ont rapidement développé une grande rivalité.

« Les entraîneurs se connaissent, les joueuses ont joué ensemble ou une contre l’autre dans le passé, alors c’est clair que les matchs entre les deux universités francophones de Montréal ont une saveur spéciale », nous explique Alexandre Desjardins, entraîneur-chef du club de l’Université de Montréal et fondateur de la ligue. Des propos corroborés par Amélia Desrochers de l’UdeM et Emmanuelle Bronsard du club de l’UQAM.

En saison régulière, les deux équipes ont divisé les honneurs des deux matchs qu’elles se sont disputées. Et chaque fois, ce fut très serré. L’UQAM a remporté le premier match 27-20 avec un touché à la toute fin alors que l’UdeM a gagné le deuxième 15-12 en revenant de l’arrière. Mais avant de se mesurer en finale, elles devaient vaincre les deux équipes ayant terminé aux premier et deuxième rangs du classement de la saison régulière.

Chloé Courtemanche étroitement surveillée par Jasmine Farmer durant la finale / Crédit Maude Mainville

En matinée, samedi, six matchs restaient à être joués pour confirmer le classement et établir les confrontations pour les demi-finales. Ainsi, les équipes de Concordia, UQTR, Montréal et UQAM se sont qualifiées dans cet ordre pour les éliminatoires. L’UQAM avait la lourde tâche d’affronter la puissante machine offensive de Concordia alors que Montréal allait se mesurer à l’UQTR qui les avait battues quatre semaines plus tôt.

Emmanuelle Bronsard, quart-arrière du club de l’UQAM explique comment son équipe a pu surprendre Concordia 34-27 en 1/2 finale : « Elles nous ont battues 33-0 plus tôt dans la journée. Alors nous sommes arrivées avec la mentalité qu’on n’avait rien à perdre. On a tout donné et on a joué notre meilleur flag-football même si nous étions négligées. Notre défense a vraiment bien performé avec notamment un gros jeu de notre rusher qui nous a donné un touché de sûreté et on a marqué un touché tout de suite après. On a réussi à contenir leurs meilleure receveur.

Pour Amélia Desrochers, maraudeuse avec l’Université de Montréal, son équipe a abordé sa demi-finale avec confiance face à l’UQTR. « Nous sommes arrivées la tête haute avec une attitude positive, mais il ne fallait rien prendre pour acquis. Tout au long de l’année, l’équipe de l’UQTR avait battu de bonnes équipes. » Il faut croire que cette confiance était justifiée parce que l’UdeM a défait l’UQTR 39-6 pour se qualifier pour la finale.

Amélia Desrochers / Crédit : Maude Mainville

Son entraîneur ajoute : « On se demandait comment approcher cette journée avec le match contre Concordia qui ne changeait rien à nos chances de se qualifier pour les éliminatoires. On aurait pu reposer certaines joueuses, comme Concordia l’a fait, mais on décidé d’y aller all-in pour créer du momentum. On peut dire qu’on a bien fait parce que ça s’est transporté dans notre match contre l’UQTR. »

La table était mise pour une belle finale entre les deux rivales afin de déterminer l’équipe qui allait être couronnée championne de la toute première saison de la igue de flag-football universitaire du Québec.

Emmanuelle Bronsard / Crédit : Maude Mainville

L’UQAM a pris les devants lors de la première demie, mais les joueuses de l’Université de Montréal en avaient vu d’autres comme le mentionne l’entraîneur Alexandre Desjardins. « Notre équipe est entrée en éliminatoires avec quelque chose à prouver. Nous avions connu des hauts et des bas durant la saison. Dès le début, les filles s’étaient mis beaucoup de pression, mais au fur et à mesure que la saison avançait, elles ont compris qu’elles n’avaient pas besoin d’être parfaites alors le stress a fini par s’estomper et on s’est mis à mieux jouer. »

Amélia Desrochers ajoute : « À la mi-saison, il a fallu mettre les points sur les i. Nous étions déçues de ne pas être plus haut au classement. C’est que nous manquions de constance. Au début, nous étions toutes des bonnes athlètes individuelles, mais il a fallu créer notre cohésion. Il ne faut pas oublier que pour plusieurs joueuses, c’était la première fois qu’elles jouaient du 5 contre 5 plutôt que du 7 contre 7. Nous nous sommes rencontrées pour nous dire qu’il ne fallait pas arriver avec la tête basse dans les tournois. Nous étions assez fortes pour gagner même si nous n’étions pas au sommet du classement. La saison avançait vite et des défaites pouvaient rapidement nous faire chuter au classement. On a décidé d’adopter une attitude positive et c’est comme ça qu’on a pu réagir de la bonne façon dans l’adversité. Ce n’était pas rare pour nous d’être en retard à la demie dans un match. Il suffisait de se concentrer sur les détails plutôt que sur le résultat et tout irait bien. »

Chiara Babinski, Chloé Courtemanche, Mathilde Renaud et Joyce Généus / Crédit : Maude Mainville

Effectivement, tout a bien fini pour l’UdeM puisqu’elles n’ont accordé aucun point à l’UQAM en deuxième mi-temps. Bronsard analyse le tout bien simplement : « Nous n’avons juste pas marqué assez de points. La différence a été dans des petits détails et les choses n’ont pas tourné pour nous. Puis il y avait aussi la foule qui supportait nos adversaires qui faisait beaucoup de bruit. »

« Habituellement, les supporteurs de l’UQAM enterrent les nôtres, remarque Desrochers, mais pour la finale, nos familles et nos amis qui ont fait le voyage ont vraiment fait une différence. »

Selon Emmanuelle Bronsard qui en est à sa première année à l’université, malgré l’amertume de la défaite, il y a beaucoup de positif à retenir. « On n’a pas de regret, on a tout donné. On a gagné beaucoup de matchs serrés cette année, on a été bonnes. On peut dire que ça part très bien le programme. L’arrivée du flag est un game changer pour plusieurs filles. Certaines vont assurément organiser leur horaire de cours pour jouer le plus longtemps possible. »

Et comment tout s’est terminé? « On a célébré notre victoire avec un souper d’équipe, puis après on est sortie et on pu faire la fête avec des joueuses des autres équipes. Ça a fait du bien de d’être ensemble sans l’animosité des matchs pour non seulement souligner notre victoire, mais aussi la première saison de notre ligue », nous raconte fièrement Desrochers. Celle-ci terminera son baccalauréat cette année, mais le plaisir de cette saison la force à réfléchir. « Je vais voir si je peux trouver une façon de revenir l’an prochain. J’aimerais ça. »

Et parlant de l’an prochain, Alexandre Desjardins y pense déjà. « Il y a le recrutement, mais aussi un post mortem à faire. On devra discuter d’un partenariat avec Flag-Plus pour la gestion des statistiques, la possible webdiffusion de certains matchs et peut-être l’intégration de nouvelles universités comme McGill et l’UQAC. »

Desjardins termine en mentionnant à quel point il est satisfait de cette première saison. « Je suis vraiment content. La ligue était encore plus balancée qu’on pensait. Laval, Sherbrooke et l’UQTR ont montré que malgré un bassin de joueuses beaucoup plus grand à Montréal, la qualité est partout. Et puis, il y a de très bonnes personnes qui ont pris en charge les différents programmes comme Stéphane Bourgea à Sherbrooke et Jonathan Maheu à Trois-Rivières. Quant à l’UQO, elles ont eu plus de difficulté cette année, mais c’est simplement parce que le sport est plus jeune dans leur région. Déjà au niveau collégial, l’équipe du cégep de l’Outaouais est première dans sa section. Elles s’en viennent. La force des programmes à l’extérieur de Montréal va faire en sorte que celles qui graduent du collégial vont avoir des options vraiment intéressantes partout au Québec pour poursuivre leurs études et leur carrière. »

Franchement, chapeau à Alexandre, mais aussi à toutes celles qui ont pris ce projet et lui ont donné vie en faisant les démarches nécessaires au sein de leurs universités. Rappelons que l’arrivée du flag-football a forcé le RSEQ à entamer une réflexion sur l’encadrement et les services à offrir aux athlètes par les universités.

À l’an prochain!

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