Le sport collégial et universitaire, grand gagnant de cette première phase de déconfinement

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Vendredi dernier, la ministre Isabelle Charest a annoncé en point de presse les directives de la première phase de déconfinement du sport. Si certains ont trouvé les mesures trop frileuses, pour d’autres, il y avait lieu de se réjouir d’enfin voir poindre un début de rayon de soleil. C’est le cas pour les étudiants-athlètes collégiaux et universitaires, grands oubliés de cette pandémie.

Le fait de pouvoir accéder aux salles d’entraînement et aux plateaux sportifs permettra non seulement aux athlètes en basketball, volleyball, cheerleading et autres de fouler les planchers de bois, mais également de revoir leurs entraîneurs et coéquipiers. Ce qu’ils n’ont pas fait depuis des lustres.

Car contrairement aux élèves des écoles secondaires pour qui, dans plusieurs cas, il était possible de s’entraîner avec les autres élèves-athlètes de leur bulle-classe, les étudiants des cégeps et universités n’avaient pas ce droit. Ainsi, depuis l’automne dernier, des milliers de jeunes athlètes d’élite doivent se contenter du sous-sol de la maison familiale, des rues enneigées ou du salon de leur appartement pour garder la forme.

Actuellement, les entraîneurs et les responsables sportifs des cégeps et des universités québécoises travaillent à mettre en branle leur plan de relance. Car, ce n’est pas parce qu’on ouvre les valves que tout est en place pour bien faire les choses. Et bien faire les choses, c’est la responsabilité des fédérations et des organisations sportives. Ainsi, c’est à eux d’assurer une pratique sécuritaire du sport et un suivi en cas de déclaration de cas de COVID.

André Gendron, entraîneur-chef du Boomerang d’André-Laurendeau en volleyball féminin est très heureux de l’annonce. « C’est vraiment une bonne nouvelle. Enfin, on peut s’entraîner à jouer au volleyball. Le plan que j’ai présenté au service des sports permettrait d’avoir entre six et dix athlètes en même temps dans le gymnase pour un entraînement une à une. Le plus difficile sera de planifier des séances d’entraînement alors que les joueuses seront parfois présentes au cégep pour leurs cours et parfois non. Mais je pense être en mesure d’organiser deux ou trois séances d’une heure et quart par semaine pour chaque joueuse. Plus long que ça, ça peut devenir redondant en faisant toujours des exercices avec la même personne. »

Est-ce que les joueuses pourront changer de partenaire d’un entraînement à l’autre? Gendron est incapable d’être catégorique là-dessus. « Je pense que oui. Ce n’est pas encore tout à fait clair, mais j’ai prévu le faire. » Et qui sera en charge du plateau sportif? L’entraîneur ou une autre personne? « Une autre bonne question. C’est le genre de décision qui est actuellement mise entre les mains des organisations, mais il faut faire confiance aux gens en place. »

Pour Véronique Charbonneau, responsable des sports au cégep de St-Jean-sur-Richelieu, les athlètes sont soulagés de voir cette ouverture. « Nos étudiants-athlètes ont été les grands oubliés dans toute cette histoire. Quand on a reçu la communication qu’un point de presse de la ministre Charest s’en venait, il était encore question de bulles. J’ai donc reçu plusieurs appels d’athlètes inquiets d’être encore une fois laissés de côté. Alors, on peut dire qu’on est vraiment content d’enfin pouvoir revoir recommencer à ouvrir nos portes pour le sport. Par contre, on a peu de plateaux et certains gymnases sont utilisés lors d’examens. En conséquence, il ne nous restera que cinq semaines de disponibilité à offrir après le 26 mars. »

Celle qui agit également comme vice-présidente du C.A. de RSEQ Montérégie ajoute : « Je suis en train de finaliser le plan de relance qui sera envoyé aux entraîneurs. Ils devront ensuite nous faire parvenir chaque semaine leur plan d’entraînement pour qu’on puisse le valider pour s’assurer que tout est fait de façon sécuritaire. »

Il faut se réjouir pour ces athlètes et entraîneurs qui ont enfin une occasion de recommencer à vivre leur passion. Oui, plusieurs auraient aimé pouvoir disputer des matchs ou qu’on permette à plus d’athlètes d’une même équipe de se réunir pour s’entraîner. Rappelons qu’en zone orange, ce sont huit personnes qui peuvent s’entraîner ensemble à l’intérieur. Mais, il s’agit d’une première phase et les prochaines arriveront rapidement si le nombre de cas diminue et que la vaccination s’accélère.

J’ai soulevé avec vigueur mes opinions par écrit et à la radio lorsque j’ai contaté des incohérences ou de la désorganisation parce que je croyais réellement en l’importance d’offrir plus d’opportunités aux jeunes de pratiquer leur sport. C’est aussi parce que je savais tous les efforts déployés par le milieu sportif pour y arriver sans nécessairement avoir l’écoute des grands décideurs.

Je pense qu’au fil du temps on a pu constater que la ministre a travaillé d’arrache-pied pour se faire entendre de MM. Roberge et Legault ainsi que de la Santé publique afin de présenter le sport comme un vecteur positif durant la pandémie, plutôt que simplement comme un élément de risque. Le travail des divers intervenants du milieu sportif n’a jamais cessé cherchant à créer des conditions sécuritaires pour la pratique sportive. Et ils ont dû recommencer souvent au gré des changements aux consignes. Ils l’ont fait.

J’ai maintenant confiance qu’on pourra revoir des matchs et des compétitions cet été. Parce que oui, pratiquer avec ses coéquipiers et amis, c’est l’fun, mais rien ne bat un bon match. Ça s’en vient. Nous ne nageons plus à contre-sens, mais avec le courant.

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