Jessy Lacourse, le rêve olympique passe par le Rouge et Or

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Crédit photo : Louis Charland

Outre un nom prédestiné, Jessy Lacourse possède une énergie débordante qui la sert certainement très bien dans son sport. Athlète de calibre international, la jeune femme de 23 ans a de grandes ambitions et elle a choisi de passer par le Rouge et Or de l’Université Laval pour y arriver.

Ma rencontre avec Jessy se déroule durant une pause de son stage à l’école Fernand-Séguin, qu’elle effectue dans le cadre de son baccalauréat en enseignement préscolaire et primaire. Elle parle vite, elle court assurément vite, mais dans un cas comme dans l’autre, elle est très intéressante à suivre.

Native de Québec, Jessy a vécu l’essentiel de sa jeunesse dans la région de Victoriaville. Initiée au cross-country depuis l’âge de 7 ans, c’est après avoir gagné une course interscolaire en 6e année que l’organisateur de l’événement est venu la voir pour lui suggérer de s’inscrire à la Polyvalente Le Boisé l’année suivante. L’homme en question, monsieur Jacques Hince enseignait à cette école en plus de s’occuper de l’équipe de cross-country et d’athlétisme. Il allait par la suite devenir son entraîneur pour plusieurs années.

M. Hince nous décrit la jeune Jessy lors de son passage au secondaire : « En réalité je ne me rappelais plus d’elle lorsqu’elle est arrivée à l’école. C’est Jessy qui m’a rappelé cette histoire. C’était une fille assez réservée et très à son affaire. Elle faisait très exactement ce que je lui disais et toujours de son mieux. Elle était très polie et discrète. »

De son propre aveu, Jessy mentionne qu’elle n’était pas particulièrement bonne à ses débuts. Elle se souvient en riant des paroles de son entraîneur de l’époque : « Ben ordinaire, mais ben du vouloir! » Jacques Hince abonde en ce sens : « Elle ne m’a pas parue plus douée qu’il faut au début. Sauf qu’en secondaire 2 elle avait très bien fait au championnat régional. Mais ça a très mal été au championnat provincial. En secondaire 3 par contre, là j’ai su qu’elle serait pas mal bonne. Elle a fini 13e au championnat provincial. Ensuite, c’est allé de mieux en mieux. »

C’est d’ailleurs à partir de secondaire 3 que Jessy est inscrite au programme sports-études en triathlon en plus de faire partie de l’équipe de cross-country. Elle aimait s’entraîner et durant l’été, elle suivait les programmes que lui donnaient ses entraîneurs. En secondaire 4, Jessy a remporté son premier titre provincial en cross-country et commence à s’entraîner en athlétisme sur les distances de demi-fond. Rapidement, elle remporte ses premières médailles à l’échelle de la province.

En 2013, en secondaire 5, Jessy monte régulièrement sur les podiums sur 1500 m. et 3000 m. ainsi qu’au 2000 m. steeplechase. Elle remporte d’ailleurs le championnat provincial en salle sur 3000 mètres.

Cette même année, Jessy tente sa chance pour représenter le Québec aux Jeux du Canada. Sur 5000 mètres, le temps à battre était alors de 17:59. « J’avais déjà fait un 17:44 donc, c’était faisable. Mais ça ne s’est pas bien passé et j’ai fini avec un temps de 18:00, à une seconde du standard requis. » Déçue, elle n’abandonne pas et décide de tenter sa chance au steeplechase la fin de semaine suivante. Discipline qu’elle ne pratique pas beaucoup.

Est arrivé là un moment mémorable de sa carrière. « Je n’étais pas habituée aux crampons et dès le premier tour, au moment de sauter au-dessus de la haie, j’ai voulu faire de petits pas pour bien me positionner, mais je suis tombée et je me suis cognée sur la barre, qui est fixe pour les courses de steeple. »

Jacques Hince se souvient très bien de cette mésaventure. « J’étais juste à côté et ça a fait boom! Elle un peu perdu le souffle, elle s’est relevée et a enjambé la barrière pour reprendre la course. Elle a réussi à terminer 2e et à faire le standard de temps exigé. Vraiment elle avait démontré une belle force de caractère. »

Jessy se qualifiait ainsi pour représenter le Québec aux Jeux du Canada qui allaient être tenus à Sherbrooke. Et comme elle y allait, on lui a permis de courir également le 5000 mètres. Elle a d’ailleurs très bien fait terminant 7e au 5000 m. (17:41.35) et 5e au 2000 m. steeplechase (6:58.53), les meilleurs résultats québécois dans ces disciplines.

Hince ajoute : »Elle progressait continuellement. Quand elle s’est qualifiée pour les Jeux du Canada à 16 ans et avec les résultats qu’elle a obtenus, la façon dont elle a couru, on savait qu’elle pouvait aller pas mal loin. »

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Jessy avec son entraîneur Jacques Hince

Après ses années au secondaire, Jessy poursuit son parcours scolaire au cégep de Victoriaville et se joint aux Vulkins en plus de continuer à courir avec son club d’athlétisme civil, toujours sous les ordres de Jacques Hince. Dès sa première année sur le circuit collégial, Jessy laisse un souvenir qui a marqué son entraîneur. « Elle courait au niveau junior alors qu’elle était encore d’âge juvénile et elle affrontait notamment Aurélie Dubé Lavoie de Québec sur un 5 km. Après 2-3 km elle passe devant moi en tête avec Aurélie et me jette un coup d’œil, l’air de dire c’est pas difficile, je vais gagner c’est sûr. » Et c’est ce qu’elle fait en gagnant le titre provincial en 18:17, soit35 secondes devant Dubé-Lavoie, sa coéquipière aujourd’hui au sein de l’équipe du Rouge et Or.

Avec l’équipe des Vulkins du Cégep de Victoriaville (en bas à droite)

Jessy a ensuite terminé deuxième du championnat canadien collégial quelques semaines plus tard. D’ailleurs, elle remportera le titre provincial de cross-country à chacune de ses trois saisons collégiales en plus de mettre la main sur le titre canadien en 2015 et 2016.

Les résultats continuent de s’enchaîner aussi en athlétisme. À seulement 17 ans et pas tout à fait deux ans d’entraînement, elle faisait déjà partie de l’élite mondiale en obtenant son billet pour les championnats mondiaux juniors. Classée dernière avant son arrivée, elle a tout de même pris le 25e rang sur les 37 participantes présentes en Oregon. Ironiquement, cette même année, elle participait également à ses premiers Jeux du Québec. Elle y a remporté les médailles d’or au 1500 et au 3000, ainsi qu’au 2000 mètres steeplechase.

Photo : Athlétisme Canada

Les compétitions se succèdent alors et les résultats impressionnent. Elle est notamment la seule québécoise à faire partie de l’équipe canadienne de cross-country pour le NACAC (Championnat d’athlétisme d’Amérique du nord, d’Amérique centrale et des Caraïbes) en 2014. Elle participe également à ses premiers championnats canadiens juniors où elle monte sur la deuxième marche du podium au 3000 mètres steeplechase.

En 2015, les médailles d’or commencent à s’accumuler autant sur la scène québécoise que canadienne. Malheureusement, cette année-là Jessy doit également vivre le deuil de son père.

« Mon père est décédé d’un problème cardiaque alors qu’il était en plongée à 70 pieds sous l’eau dans un lac de l’état de New York. Malheureusement, il était au mauvais endroit au mauvais moment. C’est certain qu’il me manque et que parfois j’aimerais beaucoup qu’il puisse être présent pour voir ce que je réalise. Je me rappelle entre autre la course du 5km du Bonjour printemps à Victoriaville où le parcours passait devant son commerce de soudure et de machinage – qui existe encore aujourd’hui. Il faisait sortir tous les employés pour m’encourager. Aujourd’hui, je vois ma coéquipière Jade qui entretient une relation exceptionnelle avec son papa qui la suit partout où elle compétitionne et c’est certain que ça m’attriste de penser que de mon côté il manque un morceau important à ma vie. »

Au-delà de la grande perte, cette situation entraîne un autre grand changement dans sa vie. Un déménagement à Québec, là où la famille de sa mère demeure. Elle change donc d’institution d’enseignement et s’inscrit au cégep Garneau, le seul avec une équipe qui compétitionnait au niveau collégial.

2016 marque une année où Jessy voyage de plus en plus pour participer à des compétitions. À l’hiver et au printemps, elle est inscrite à diverses courses dans le Massachusetts et en Californie. Au début juillet, elle participe aux championnats canadiens à Edmonton et elle complète son été en Belgique où elle termine notamment première au 3000 m. steeple de la Coupe des Flandres. Cette année-là toutefois elle rate tout juste les qualifications pour le championnat mondial junior en terminant 2e au 3000 mètres et au 3000 mètres steeplechase des championnats canadiens.

Durant la saison 2016-2017, sa dernière au niveau collégial, Jessy commence à travailler directement avec le club d’athlétisme du Rouge et Or, sous la férule de Félix-Antoine Lapointe. Elle continue alors de participer à des événements dans le nord-est des États-Unis. Et c’est lors de l’Invitation David Hemery Valentine de l’Université de Boston qu’elle réalisera un exploit particulièrement inusité.

Félix-Antoine Lapointe nous le raconte. « C’était une course en salle où elle devait faire 15 tours de piste. Dès le premier tour, elle a perdu une chaussure. La plupart des athlètes auraient simplement arrêté, mais pas Jessy. Elle a continué à courir avec un seul soulier et a terminé avec un record personnel. Un événement extraordinaire. Par contre, elle avait le pied magané. On a dû y aller plus mollo la semaine suivante. »

Une semaine plus tard, elle remportait la course de 1000 mètres au Grand Prix d’athlétisme de Montréal plus de 4 secondes devant sa plus proche poursuivante.

À l’été 2017, Jessy représente à nouveau le Canada sur la scène internationale alors qu’elle prend part au 3000 m. steeplechase à Abidjan, en Côte d’Ivoire dans le cadre des Jeux de la Francophonie où elle termine au 4e rang avec ce qui était à l’époque son deuxième meilleur temps à vie.

Un peu de tourisme lors des Jeux de la Francophonie en Côte d’Ivoire

Cet été là marque la fin de son parcours collégial. Naturellement, elle a fait le choix de continuer avec le Rouge et Or. « J’ai décliné les offres NCAA, car je ne souhaitais pas m’éloigner de mes amies et de ma famille. De plus, j’ai vu évoluer certains athlètes de Québec avec Félix-Antoine, ce qui me donnait vraiment le goût de venir m’entraîner à Québec. En fait, la NCAA ne m’intéressait tellement pas que je ne me souviens même plus quelles universités m’ont fait des offres. »

Jessy s’inscrit donc au baccalauréat en enseignement préscolaire et primaire et continue de s’entraîner avec l’équipe de Félix-Antoine Lapointe, qui occupe aujourd’hui le poste d’entraîneur-chef des équipes du Québec d’athlétisme basé au PEPS de l’Université Laval en plus d’être entraîneur-chef de l’équipe de cross-country de l’université.

Elle s’impose dès sa première saison universitaire, en 2017-2018. À l’automne, le Rouge et Or gagne le titre provincial par équipe en cross-country et Jessy prend le 5e rang individuel. Puis, au championnat canadien universitaire, le Rouge et Or termine 3e et Jessy se classe au 20e rang. À l’hiver, s’amorce ensuite la saison d’athlétisme en salle et là, Jessy rafle tout dans ses disciplines aux championnats provinciaux. Première au 1000, 1500, 3000 et au relais 4×800.

Ces exploits lui valent les titres d’athlète féminine par excellence du championnat provincial et du RSEQ. Elle gagnera aussi le titre d’athlète par excellence du championnat provincial en 2018 et en 2019 en plus d’être nommée sur la première équipe d’étoiles du RSEQ à chacune de ces années.

Au championnat canadien universitaire 2018, elle terminera 5e au 3000 mètres, 11e au 1500 et aidera le Rouge et Or à monter sur la 3e marche du podium au relais 4 x 800 m. L’été suivant, elle a refait un voyage en Belgique en plus de participer au 3000 m. steeple des championnats canadiens d’athlétisme à Ottawa où elle a terminé 4e.

Félix-Antoine Lapointe nous partage quelques ingrédients qui font le succès de son athlète: « Jessy est toujours de bonne humeur à l’entraînement, elle ne se met pas de pression et a une attitude décontractée. Elle aime s’entraîner et le cheminement que ça prend pour réussir. Mais lorsqu’arrive le moment de performer, elle passe à un autre niveau. Elle devient très concentrée et systématiquement elle obtient de bons résultats. »

À sa deuxième saison avec le Rouge et Or, Jessy reprend là où elle a laissé. En cross-country, elle coiffera ses coéquipières Anne-Marie Comeau, Aurélie Dubé-Lavoie et Catherine Beauchemin au fil d’arrivée pour mettre la main sur le titre provincial. Les quatre protégées de Félix-Antoine Lapointe avaient terminé à moins de 18 secondes d’intervalle. Au championnat canadien, Jessy a terminé 7e (derrière ses trois coéquipières) et ensemble elles ont remporté une médaille d’or par équipe. Jessy et ses trois autres coéquipières sont nommées sur la 1re équipe d’étoiles canadiennes.

Aurélie Dubé-Lavoie et Jessy Lacourse

Lors de la saison d’athlétisme d’hiver, la championne n’a pas déçu et a encore une fois gagné les 1500 et 3000 m. en plus de participer à la victoire du Rouge et Or au relais 4 x 800 et à la médaille de bronze au 4 x 400. Lors des championnats canadiens universitaires à Winnipeg, Jessy a remporté un premier titre sur 3000 mètres en plus de terminer 8e sur 1500 mètres et de mettre la main sur la médaille d’argent au relais 4 x 800 m avec ses coéquipières Caroline Pomerleau, Catherine Beauchemin et Aurélie Dubé-Lavoie.

Au relais 4 x 800 avec Caroline Pomerleau

Puis, l’été 2019 a été marqué par un événement très important alors que Jessy s’est envolée pour Naples afin de représenter le Canada une nouvelle fois, cette fois aux Universiades. Elle a conclu la compétition du 3000 mètres steeple au 6e rang. Elle aurait bien aimé que son père puisse la voir compétitionner, mais elle avait le soutien des autres membres de sa famille. « Faut dire que ma petite maman et mon grand frère sont venus jusqu’en Italie pour me voir courir au championnat du monde, alors, je suis quand même chanceuse de ce côté là! »

Quand est venue la saison 2019-2020, comme à chaque année, Jessy se préparait pour sa saison de cross-country. Malheureusement, un virus l’a empêchée de participer au championnat provincial pour la première fois de sa carrière. De son propre aveu, ça a affecté sa performance au championnat canadien où elle a dû se contenter du 20e rang. Le Rouge et Or a tout de même ramené une médaille de bronze en équipe dans la discipline.

En athlétisme, durant l’hiver, tout juste avant que la pandémie de COVID ne vienne tout arrêter, Jessy a pu défendre ses titres provinciaux au 1500 et au 3000 mètres ainsi que son championnat national universitaire au 3000 mètres. Elle est ensuite nommée sur la première équipe d’étoiles féminines USports.

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Photo : olhphotograghie.com

L’absence de compétition et d’entraînements en équipe lui manquent beaucoup. « On se rend vraiment compte de l’importance de la dimension d’équipe lorsqu’on est forcée de s’entraîner seule. C’est plus difficile de garder sa concentration et ses objectifs en vue. » Elle ajoute : « L’encadrement n’est pas le même, mais la fédération est tout de même là pour nous aider. Elle nous paye les services de préparateurs individualisés. C’est apprécié. »

Ses objectifs pour la suite? « M’améliorer. J’ai terminé 4e aux Jeux de la Francophonie la dernière fois et 6e aux championnats du monde universitaire. Je veux faire mieux la prochaine fois. »

Et les Olympiques, on y pense? « Mon but est de bien performer. Pas nécessairement les Olympiques pour 2021, mais pour 2024, là oui, j’aimerais réussir à me qualifier. »

Jessy Lacourse, aujourd’hui détentrice de plusieurs records québécois, a choisi, contrairement à de nombreux athlètes canadiens, de poursuivre son parcours sportif et académique au nord de la frontière. Comme le mentionne l’entraîneur Lapointe : « Le réseau de compétition dans la NCAA est plus fort et offre certainement plus de profondeur. Les championnats de conférence, régionaux et nationaux offrent tous des niveaux très relevés. Mais on a démontré ici qu’on pouvait très bien développer nos athlètes et leur donner des chances de se rendre au plus haut niveau. Charles Philibert-Thiboutot qui a porté les couleurs du Rouge et Or et qui est un Olympien l’a prouvé. »

Et l’enseignante en devenir a certainement ce qu’il faut dans les jambes et entre les deux oreilles pour y arriver. Je complète mon baccalauréat en quatre ans et je veux faire une maîtrise par la suite. Je continuerai donc de porter les couleurs du Rouge et Or pour mes 5 ans d’admissibilité. Quoi qu’il en soit, elle sait que ce qu’elle accomplit aujourd’hui lui servira plus tard. « Je veux pouvoir transmettre mes valeurs sportives à mes futurs élèves. »

Qui ne voudrait pas avoir un tel modèle comme prof?

Un commentaire

  1. Jessy a du caractère et une volonté pour atteindre ses buts.
    Très jeune, elle aimait apprendre des nouvelles choses en passant du temps auprès de sa grand-mère Lulu comme la cuisine, le tricot etc.
    Jessy qui venait passer des fins de semaines chez nous. Elle disait qu’elle venait faire des thérapies de rires car mon mari François est vraiment son clown préféré. Nous avions tellement de plaisir nous 3 ensemble. Une temps qui nous manque avec Jessy.
    Son père François qui lui manque, qui nous manque à tous, si il était encore parmi nous, il serait tellement fière de sa fille Jessy.
    Il l’encourage, la suit et court à ses côtés à chaque course dans un monde parallèle.
    Jessy ma belle Jessy, oncle François et tante Josée nous t’encourageons à aller au bout de tes rêves. Profite de chaque moment de la vie. On t’aime
    GO!GO!GO! JESSY GO! Xxxx
    Tante Josée

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