Edwin Wilson Tara Kolenge, de Lachine à la NFL?

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Parmi tous les joueurs de football aux États-Unis qui seront disponibles pour passer des rangs secondaires aux rangs collégiaux en 2022, un jeune Québécois issu des Aigles d’Or de Dalbé-Viau est classé au 4e rang chez les secondeurs intérieurs… et il n’a toujours pas joué un seul jeu en territoire de l’Oncle Sam. Portrait d’Edwin Wilson Tara Kolenge, un passionné.

Décrit par ses entraîneurs comme un élève modèle, le futur étudiant en génie mécanique a de grandes ambitions. « Je vise le sommet du classement des secondeurs pour mon année de recrutement, mais mon objectif, c’est la NFL », nous dit-il avec un grand sourire. Son entraîneur des secondeurs ches les Aigles d’Or, Gerry Sasa, tout comme celui qu’il décrit comme son mentor, Jean Guillaume, le disent à l’unisson : « Pour Edwin, sky is the limit. »

Né en 2003, aîné d’une famille de trois enfants (il a deux soeurs plus jeunes), Edwin est né à Montréal de parents d’origine congolaise. Ceux-ci lui ont toujours fait faire du sport pour tenter de canaliser l’enfant turbulent qu’il était. Le soccer et la natation ne répondant pas à son désir de se colletailler davantage, il a trouvé le football à l’âge de 9 ans. Et là, la piqûre a été instantanée. Plus costaud que ses camarades, il avait trouvé le jeu parfait pour s’amuser. Encore aujourd’hui, il a un plaisir fou à se retrouver sur un terrain. « J’oublie tout dès que je joue au foot », nous confie le jeune colosse de 6’3 et 230 lbs.

Ainsi, il a amorcé son parcours de joueur de football avec les Ti-Cats de Verdun, puis à son arrivée au secondaire, il a porté les couleurs des Aigles d’Or. De son propre aveu, il n’était pas très bon à ses débuts. Mais en constatant les résultats qui ont suivi, on peut conclure qu’il n’a pas mis trop de temps à saisir les subtilités de son sport. En cinq ans avec l’équipe de son école située à Lachine, il aura participé à la conquête de deux Bols d’Or. Mais ses rêves dépassaient les frontières de son terrain. Rapidement, il a voulu faire partie des équipes du Québec et du Canada.

Dès l’âge de 15 ans, en compagnie de son coéquipier Johari McGregor, il s’est présenté à Ottawa où l’entraîneur des Tigers de St.Matthew High School et ancien porte-couleur des Carabins de l’Université de Montréal, Jean Guillaume, tenait des entraînements. Ce dernier a tout de suite compris le potentiel de celui qu’il avait devant lui. « C’est la première fois que je vois un jeune briller si vite seulement à partir de ses films dès l’âge de 15 ans. »

Faisant bon usage de son important réseau de contacts , il a amené son jeune poulain dans différents camps au sud de la frontière comme il le fait depuis plusieurs années maintenant avec des tas de joueurs canadiens et québécois. Coach Jean a fait voir à Kolenge ce que le football aux États-Unis était réellement.

Anecdote à ce sujet. Après avoir fait la route jusqu’à Indianapolis pour le camp Midwest en couchant dans des hôtels de troisième ordre, Edwin s’est présenté à la table des inscriptions pour constater que le formulaire qu’il avait rempli en ligne n’avait pas été convenablement acheminé. En gros, il n’y avait pas de place pour lui. Son père est allé voir Coach Jean qui s’est empressé d’aller voir l’organisateur qu’il connaissait bien. Ce dernier a décidé de lui laisser une chance au nom du grand respect entre les deux entraîneurs. À la fin de ce camp, Kolenge est venu voir Coach Jean. « Il m’a dit après le camp à Indianapolis qu’il voulait vraiment jouer en D1 NCAA. Je lui ai répondu après l’avoir vu se mesurer aux jeunes Américains que c’était très possible s’il continuait de travailler. fort » Imaginons s’il avait fallu que le jeune Edwin se retrouve dans les estrades à se contenter de regarder ses compagnons jouer.

Coach Jean Guillaume

Kolenge n’hésite pas aujourd’hui à qualifier Jean Guillaume de mentor. « C’est grâce à lui si je suis maintenant à Clearwater ». Les Knights de Clearwater évoluent en Floride et les liens qu’a tissés Jean Guillaume avec le personnel d’entraîneurs là-bas offrent une opportunité extraordinaire aux joueurs canadiens. Ce qui n’est pas le cas partout aux États-Unis alors que les joueurs locaux sont souvent avantagés.

Son coéquipier à Dalbé-Viau Johari McGregor, celui qui l’avait amené rencontrer Jean Guillaume, l’a convaincu de se joindre aux Knights . Après en avoir discuté avec as famille et ses entraîneurs, Kolenge savait que ce serait son plan A à sa sortie du secondaire. Cependant, il avait tout de même complété son inscription au collège André-Grasset en D1 au Québec, au cas où. Tony Iadeluca, l’entraîneur-chef des Phénix de Grasset a également vu un autre de ses prospects, l’excellent porteur de ballon Merton Théagène prendre le même chemin cet hiver.

Membre de l’équipe du Québec à l’été 2019, puis de l’équipe du Canada l’hiver dernier, Edwin Wilson Tara Kolenge fait tourner bien des têtes sur son passage. Actuellement en quarantaine, il piaffe d’impatience à l’idée de fouler enfin le terrain. Questionné sur l’attention qu’il suscite maintenant et le stress que cela crée, Kolenge répond avec beaucoup de sagesse. « Oui, il y a une pression. Il faut maintenant performer et ça peut être stressant. Mais lorsque je suis à l’entraînement ou en train de jouer au football, j’oublie tout ce qu’il y a autour, tous mes problèmes. Je me concentre uniquement sur ce que je dois faire. »

D’ailleurs, son entraîneur à Dalbé-Viau, Gerry Sasa, le confirme. « Edwin est très facile à coacher. Il a une grande volonté d’apprendre et de s’améliorer. Il est le genre de joueur que tout coach rêve d’avoir. » Jean Guillaume est tout à fait d’accord avec lui sur cet aspect de sa personnalité. « Edwin écoute et il fait tout ce qu’on lui demande à la lettre. Un jour il devait faire 300 push-ups. Il m’a appelé en Face Time pour me les montrer. »

Kolenge le dit lui-même : « Je m’entraîne sérieusement depuis que je suis en secondaire 3. J’ai toujours pris ça au sérieux davantage que la moyenne. »

Très croyant, Kolenge dit aussi qu’il a prié pour tout ça et qu’il se sent particulièrement privilégié. Son rêve de jouer dans la NFL est bien présent et il aimerait vraiment pouvoir y arriver afin d’ensuite revenir pour redonner à sa communauté. C’est d’ailleurs ce qu’il souligne en parlant de ses idoles Laurent Duvernay-Tardif et l’ancien basketteur professionnel d’origine congolaise Dikembe Mutombo. « Ces gens reviennent chez eux, sont très impliqués et tiennent à redonner. Je trouve ça important. »

Avant de laisser partir notre futur joueur étoile, je me devais de lui demander s’il avait une préférence parmi les grands collèges américains. Afin d’éviter de le mettre dans l’embarras, j’ai dû reformuler ma question. Quelle était ton équipe favorite dans la NCAA lorsque tu étais plus jeune? La réponse est venue assez rapidement: LSU.

Si Kolenge a déjà reçu des offres d’une dizaine de programmes – sans avoir joué un seul jeu en territoire américain, rappelons-le – il sait qu’il aura bientôt des discussions avec plusieurs collèges de premier niveau. D’ailleurs, Notre-Dame, LSU et South Carolina ont déjà fait leurs premières approches auprès du jeune prodige. À suivre…

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