Stéphane Auger a sifflé la fin de la récréation du hockey étudiant québécois

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Les dernières semaines ont été fastes en nouvelles de toutes sortes dans le monde du hockey étudiant québécois. Le responsable du développement et des opérations hockey au RSEQ, Stéphane Auger, a les yeux partout et ne manque rien de l’action. L’intégration de tout le hockey scolaire sous le giron du RSEQ, le développement du hockey scolaire féminin, le lancement des divisions 2 au hockey collégial et des discussions pour accroître le nombre d’équipes universitaires. Jusqu’ici, il gère très bien la partie.

Les gens connaissent Stéphane Auger pour son rôle d’ancien arbitre de la LNH où il a évolué durant 15 ans ainsi que pour son passage à la télévision où il a agi comme analyste hockey lors de la télédiffusion de matchs de la LNH. Aujourd’hui et depuis septembre 2019, il a entre les mains le développement du hockey étudiant québécois. Difficile de dire si son expérience professionnelle passée l’aide à ne pas perdre de vue tout ce qui se passe dans le feu de l’action, mais force est d’admettre qu’il ne laisse rien passer pour le moment.

Il faut savoir que le hockey est le seul sport auquel le RSEQ a décidé d’attribuer un responsable du développement. Les sports y sont normalement gérés par niveaux : scolaire, collégial, universitaire. Au hockey, pour toutes sortes de raisons, il y a une certaine complexité qui s’est installée. Pour s’assurer d’une cohérence dans le développement vertical du sport et de l’offre du RSEQ, il fallait avoir quelqu’un avec une vision complète.

Lorsque Auger s’est présenté devant les dirigeants du RSEQ pour le poste de coordonnateur du hockey, Gustave Roël a rapidement vu qu’il avait devant lui quelqu’un de surqualifié. Mais l’arbitre y a vu une opportunité de participer à l’amélioration des structures en place. Un an plus tard, M. Roël l’a nommé responsable du développement et des opérations hockey et aujourd’hui il ne peut que se féliciter d’avoir pu mettre la main sur celui à qui il parle 3 à 4 fois par jour.

L’année dernière, le ministère de l’Éducation, dont découle la gestion des organismes sportifs, a demandé au RSEQ de trouver une façon de rassembler l’ensemble de l’offre en hockey scolaire sous son giron. Stéphane Auger a alors mis sur pied un comité d’experts qui a accouché d’un rapport à l’automne 2020. Et déjà, on a pu voir des fruits de ce travail alors que la Ligue de hockey interscolaire du Québec (LHIQ) a intégré les rangs du RSEQ. Les discussions sont en cours avec l’autre ligue indépendante, la Ligue de hockey préparatoire scolaire (LHPS). Si certains enjeux risquent d’être plus difficiles à gérer avec cette dernière qu’avec la LHIQ, il y a lieu de croire qu’une entente est possible surtout que les différents membres de la LHPS ne semblent pas tous au diapason. Et Stéphane Auger lui-même est optimiste.

La LHIQ intègre le RSEQ, ça pourrait être plus compliqué dans le cas de la LHPS
Crédit photo : Mario Girouard

Le hockey scolaire n’est certainement pas que l’apanage des garçons. Toutefois, l’offre du RSEQ en hockey féminin au niveau secondaire demeure relativement faible. Rien au niveau de la structure provincial. Un peu dans les structures régionales. Stéphane Auger s’apprête à proposer des choses de ce côté. « On ne peut pas développer l’offre en hockey féminin collégial sans travailler sur le bassin de joueuses à leur fournir. On s’en vient avec des projets pour les filles. »

Parlant de hockey collégial. La saison 2020-2021 devait permettre de voir apparaître des ligues de division 2 chez les femmes et chez les hommes. Cette initiative allait ainsi permettre l’ajout de plusieurs équipes et ainsi offrir l’occasion à de nombreux étudiants et étudiantes de poursuivre leur carrière d’athlète en hockey. La pandémie aura retardé le lancement, mais ça n’en est pas moins concret.

Crédit photo : hockeyfeminin.patriotes-sports.com

Maintenant, on entend de plus en plus parler du besoin criant d’avoir plus d’équipes de hockey universitaire au Québec. Dans un article publié par Bulletin sportif, il était question de ce constat évident qui a un impact direct sur le développement de notre sport national. Encore une fois, Stéphane Auger ne reste pas les bras croisés. Il a déjà commencé à sonder les différentes universités québécoises au sujet de l’offre de hockey universitaire. Est-ce qu’il y a un intérêt? Est-ce qu’une division 2 est une solution moins onéreuse à proposer? Une rencontre est prévue dans les prochaines semaines auxquelles l’université de Sherbrooke, l’UQTR, Concordia, Bishop’s et certainement d’autres participeront. Notons que l’UQTR et Concordia ont déjà une équipe masculine qui évolue dans la division ontarienne.

L’autre programme de hockey masculin québécois déjà existant, celui de McGill, ne semble pas avoir dans ses plans de proposer une équipe D2. Le responsable des communications de McGill Athletics a été assez clair sur la question : « Le coût minimum de fonctionnement d’un programme de hockey masculin serait d’au moins 500 000 dollars par an. Je serais stupéfait si l’un des trois programmes établis au Québec envisageait même l’idée de rejoindre une ligue D2. »

Pour le moment, l’Université Laval a publiquement fait savoir qu’elle n’était pas intéressée à se lancer dans cette avenue. Dans un récent article du journal Le Soleil de Québec, Mme Julie Dionne, directrice du Service des activités sportives de l’Université Laval mentionnait : […] l’Université Laval n’a pas l’intention d’investir les ressources financières nécessaires pour faire vivre un tel programme. «Pour qu’un tel projet se matérialise, il faudrait d’abord un dépôt de projet officiel et un montage financier qui en assurerait la pérennité financière». Les choses pourraient-elles changer?

Quand j’ai sondé l’intérêt de Manon Simard, directrice générale du CEPSUM, celle-ci m’a répondu par un non laconique. Pour ensuite ajouter qu’un jour elle prendra le temps de me donner la réponse longue. Bref, pas d’intérêt pour le hockey masculin chez les Carabins.

À l’UQAM, on continue de mettre nos énergies sur les préparatifs afin de créer un programme masculin D1. Et les choses laissent croire que ça arrivera, mais pas avant 2022. Le problème sera de savoir où les Citadins pourront évoluer. Dans un récent article de Mathieu Paquette paru sur le site de Montréal Campus, on mentionnait que la ligue de l’Ontario avait l’intention de réduire son nombre d’équipes, donc que l’UQAM ne pourrait pas s’y joindre. Dossier à suivre.

Les autres établissements du réseau des universités du Québec qui ont des campus un peu partout sur le territoire québécois seront certainement sollicités. Il sera intéressant de voir s’ils voudront et s’il pourront réussir à bâtir un programme de leur côté.

Mais Stéphane Auger est sur le cas. Sans être en mesure de prévoir les résultats de son travail, on peut certainement croire qu’il réussira à au moins faire bouger des choses.

Avec tout ce travail accompli par un responsable du développement et des opérations en hockey, est-ce qu’on pourrait voir éventuellement en apparaître un ou une pour d’autres sports? La question se pose. Quand des acteurs du monde du basketball comme l’entraîneur-chef de l’équipe masculine des Stingers de Concordia Rastko Popovic se lèvent et demandent que le nombre d’équipes universitaires québécoises s’accroisse, on pourrait penser que l’arrivée d’une personne aussi visionnaire que Stéphane Auger à un tel poste serait bienvenue.

2 commentaires

  1. Une ligue Universitaire D2 serait trop coûteuse pour les universités. Même pour le D2, le RSEQ a un cahier de charge pour assurer un certain encadrement des athlètes (nombre d’entraînements, transports, etc.). Le sport-étudiant est majoritairement déficitaire, sauf quand de gros commanditaires y sont associés. Les universités ne peuvent pas se permettre des dépenses qui ne génèrent pas de revenus. En ce sens, je crois que le modèle américain des équipes  »Club » pourrait être un peu plus intéressant. En gros, les universités ont des équipes en grande partie auto-financées, sans athlètes qui reçoivent des bourses, parfois gérées par les étudiants-athlètes eux-mêmes et qui évoluent dans des ligues hors des cadres du NCAA. Ce serait un peu comme une ligue Senior AA/AAA exclusivement formée d’équipes universitaires, pour offrir un calibre de jeu relevé aux étudiants-athlètes qui désirent poursuivre leurs études dans une université qui n’offre pas de hockey D1.

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  2. La majorité des pays réellement sportif ont un lien fort entre le système scolaire et le développement des athlètes de pointes. Le Québec /Canada a le potentiel mais il manque un réel changement de culture sportive .

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