Le 8 novembre dernier, on apprenait via un article du Journal de Montréal que Vanessa Davidson, entraîneuse-adjointe avec l’équipe féminine de hockey des Islanders de John Abbott, était accusée d’agression sexuelle et d’exploitation sexuelle sur une mineure. Malgré ces lourdes charges, l’ancienne joueuse des Martlets de McGill et des Stars de Montréal continue d’évoluer derrière le banc de la formation collégiale. Une situation qui crée un malaise assez généralisé dans le milieu.
Dans l’article signé par Michael Nguyen, on apprenait que la juge n’allait pas empêcher Davidson d’être en présence de mineurs, à condition qu’elle ne soit pas seule avec ceux-ci. Soit. J’ai trop de respect pour la magistrature et les juges pour remettre en question une telle décision. Chaque cas a ses spécifités et il y a des raisons qui ont mené à cette décision.
Néanmoins, est-ce que ce serait illégal de la part du cégep John Abbott de demander à madame Davidson de se retirer avec solde des opérations courantes de l’équipe de hockey le temps que la cause soit entendue et qu’un jugement final soit entendu? Je ne crois pas. Est-ce que ce serait justifié? Probablement. Est-ce que ce serait apprécié? Selon les gens à qui j’ai pu parler dans le milieu du hockey collégial, la réponse est oui.
C’est que la situation dérange les adversaires des Islanders qui voient Vanessa Davidson derrière le banc. J’ai pu parler à plusieurs entraîneurs et la réaction est unanime. « Qu’est-ce qu’elle fait là? Pourquoi est-elle là? », se demandent-ils tous.
On a même vu Vanessa Davidson lors d’un événement réunissant toutes les équipes M18AAA de la LHEQ au Centre civique de Dollard-des-Ormeaux le 18 novembre. 10 jours après la parution de l’article. Les équipes collégiales y avaient des kiosques pour l’occasion afin de présenter leurs programmes. Vanessa Davidson ne se serait pas postée au kiosque de John Abbott, mais elle a été vue en discussion avec des joueuses. C’est donc que John Abbott ne se contente pas de l’amener avec elle derrière le banc pendant les matchs (en plus des entraînements et autres). On l’emploie comme ambassadrice auprès de la relève. Elle a le droit d’être là.
Évidemment, j’ai voulu poser la question aux principaux intéressés. À John Abbott, le gestionnaire sports et loisirs, Patrice Lemieux, m’a conseillé de passer par le service des communications pour une demande d’entrevue. Ça m’a été refusé sous prétexte que la situation est devant les tribunaux.
Je comprends qu’on marche sur des oeufs et qu’on invoque le respect du processus judiciaire pour éviter de répondre. Mais je ne crois pas que la juge oblige le cégep à garder Vanessa Davidson à son poste. Et de mon côté, je ne demande pas qu’on commente les décisions de la juge ou qu’on m’explique ce que l’entraîneuse-adjointe a fait. Simplement qu’on me dise comment on en est venu à prendre la décision de ne rien changer la concernant malgré les inconforts que cela peut causer. La question me semble légitime et le processus décisionnel du cégep aurait pu éclairer tout le monde.
Du côté des joueuses des Islanders, c’est silence radio. La consigne est claire, on ne répond pas et encore une fois, je respecte ça. En fait, semble-t-il que le fait que je pose des questions soit un plus grand malaise pour elles que la présence d’une personne accusée d’agression sexuelle à leurs côtés. C’est tant mieux si c’est le cas. Je ne souhaite certainement pas aux jeunes femmes de cette équipe de vivre dans un environnement hostile.
Du côté du RSEQ, le dossier est considéré comme politique, donc c’est la direction générale et non le secteur hockey qui peut en parler. La position officielle est assez laconique. « Il y a un jugement de la cour et l’établissement d’enseignement doit le respecter. » Pour d’autres renseignements, on m’invite à communiquer avec l’établissement. Voir les paragraphes précédents.
Chez Hockey Québec, on a agi à l’intérieur de notre juridiction. Vanessa Davidson est fichée dans le système et elle ne peut pas entraîner une équipe dans le milieu associatif. On m’apprend même que si elle quittait John Abbott pour entraîner une autre formation en milieu étudiant, ça lui serait aussi refusé. C’est la même chose pour tout le Canada, car une note est à son dossier au niveau de Hockey Canada, via le système Hockey Canada Registry (HCR).
Bref, tant qu’elle ne bouge pas de John Abbott, elle peut encore jouer son rôle d’entraîneuse. Partout ailleurs, ce ne serait pas possible. Alors pourquoi John Abbott tient absolument à la garder en poste de cette façon? C’est pourtant pratique assez courante de suspendre avec solde ou de conférer la personne à d’autres fonctions le temps qu’un verdict officiel ne soit rendu. Mystère.
Souhaitons pour tout le monde que les choses se passent pour le mieux. Mais rappelons-nous également qu’il y a une victime alléguée derrière tout ça…

Au basketball scolaire et civil, on a retiré la présence de 3 entraîneurs dont 2 en procès.
Daniel Lacasse et Dany Vincent sont devant la magistrature et Henry Wong (qui a coaché juvénile de Parc Extention) n’a plus le droit d’approcher des garçons mineurs.
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