Crédit photos : Rouge et Or / Matt Garies – McGill Athletics
Le premier duel Montréal-Québec est chose du passé. On a beau s’attendre à de grands matchs, ça demeure toujours extraordinaire quand les deux équipes nous livrent la marchandise encore une fois. Et la veille les hommes des Redbirds de McGill ont enregistré la première victoire de l’ère Alex Surprenant. Une belle fin de semaine de football universitaire.
Avant de vous partager mes impressions, je tiens à réitérer ici ce que j’ai écrit sur les réseaux sociaux samedi soir. Une foule record de 20 903 spectateurs s’est entassée au PEPS pour voir à l’œuvre des étudiants universitaires jouer au football. Une démonstration qui ne fait que renforcer mon impression que les médias et fans de sport qui font comme si le sport étudiant n’existe pas sont complètement dans le champs.
Redbirds 29 – Vert & Or 26
- Le quart de McGill Éloa Latendresse-Régimbald est un joyau de notre football universitaire. Avec 422 verges et un touché par la passe ainsi que 113 verges et deux majeurs au sol, il a écarté d’une seule main toute la compétition pour le titre de joueur offensif de la semaine.
- 11 passes ont été dirigées (5 captées) vers Darius Simmons et 9 autres à David Kabwe (6 réceptions). Au total, ce sont 38 passes qui ont été décochées par le pivot des Redbirds, un sommet dans sa carrière universitaire.
- Le Vert & Or devait se débrouiller sans le porteur Freud Jean-Ernest César. C’est donc Jonathan Martel-Joseph qui a eu le plus de présences derrière Jérémy Fyfe. Il a touché au ballon 18 fois dans le match pour plus de 200 verges de gains totaux. Je ne connais que ce que je connais, mais je me dis : « Et si on donnait le ballon au #23? »
- Malgré 548 verges d’attaque contre 292, les Redbirds ont eu besoin d’un placement de 18 verges de Mario Delli Fraine avec un peu plus de deux minutes à jouer pour s’assurer de la victoire. Des punitions et des problèmes d’exécution, notamment sur les unités spéciales ont rendu la tâche plus difficile qu’elle n’aurait dû l’être pour la troupe d’Alex Surprenant.
- Une punition pour rudesse sur le botteur a mené au premier placement du match de Sherbrooke.
- Une confusion en fin de première demie a coûté une opportunité de tenter un placement de 27 verges.
- Un retour de dégagement de 47 verges accordé à Maxime Brousseau a placé Sherbrooke en position facile pour aller chercher trois points au milieu du 3e quart.
- Deux fumbles. Le premier par ELR à sa ligne de 35 récupéré par William St-Laurent a placé Sherbrooke en position de placement. Ces derniers ont raté leur coup, mais ont profité d’un autre ballon échappé, cette fois par Kabwe sur le retour de placement raté pour reprendre le ballon et cette fois réussir les trois points pour se retrouver à 17-16 en fin de 3e quart.
- Une mauvaise remise sur un dégagement a mené à un autre ballon échappé qui a offert encore une fois une position avantageuse à Sherbrooke au 23 de McGill. Résultat : trois autres points pour le Vert & Or.
- Jonathan Martel-Joseph a réussi un retour de dégagament de 51 verges au milieu du 4e quart permettant au Vert & Or d’amorcer une séquence au 28 de McGill. Cette fois, ce sont 7 points qu’ont inscrit les locaux pour créer l’égalité avec 5 minutes à jouer au match.
- Le botté de reprise après le placement qui allait ultimement s’avérer victorieux n’a franchi que 34 verges permettant au Vert & Or de tenter une dernière attaque à partir de sa ligne de 47.
- À l’inverse, il faut pointer du doigt le manque d’opportunisme de Sherbrooke. Avec autant de bonnes positions sur le terrain, je suis certain que Jérémy Fyfe aurait aimé conclure ses séries avec plus de points au tableau. La dernière passe tentée à partir de la ligne de 18 de McGill qui fut interceptée par Philippe Trudel avec un peu plus d’une minute à jouer a été le dernier coup de poignard asséné à l’offensive du Vert & Or.
- Le nom d’Edward Boivin circule de plus en plus dans les cercles du football universitaire. Le joueur de ligne défensive du Vert & Or commence à être considérer comme un « problème » par les gourous offensifs du circuit.
- La recrue Victor François Paradis s’impose déjà comme un élément clé de la défensive de McGill. Il est troisième du RSEQ avec une moyenne de 5,25 plaqués par match.
Carabins 22 – Rouge et Or 23
- Felipe Forteza est une star. Le jeune homme avait fait des prouesses avec son pied alors qu’il portait les couleurs des Titans de Limoilou. Alors je n’ai pas été surpris que Mathieu Bertrand fasse appel à lui quand est venu le temps de tenter un placement record de 53 verges. Mais la façon dont il l’a fait, sa célébration et son entrevue d’après-match ont fait de lui une vedette instantanée. Le gars a tout un charisme et qui plus est, il sait également punir les retourneurs qui arrivent à s’aveturer jusqu’à lui sur les dégagements. Il mangera et boira gratis sur la Grande-Allée cette semaine.
- Avant de se rendre à un dénouement hollywoodien, le match avait déjà rempli ses promesses. Un premier quart tout à l’avantage des locaux. Un deuxième quart tout à l’avantage des visiteurs. Une deuxième demie défensive sous la pluie. Un match serré jusqu’à la toute fin.
- Le Rouge et Or m’a semblé une équipe mieux préparée. La semaine de congé qui a précédé a certainement aidé Glen Constantin et sa troupe. Inscrire deux touchés coups sur coup pour prendre une avance de 15-0 au premier quart face à la défensive des Carabins, c’est un exploit en soit.
- Olivier Cool (10 réceptions / 119 verges / 2 touchés) a offert une performance comme celles que les fans des Nomades de Montmorency ont pu voir à maintes reprises dans les dernières années. Si on lui donne de l’espace dans les entre-zones, on s’organise pour avoir mal. Si le #81 fait ça face aux Carabins, attention à ce qu’il pourrait amasser comme chiffres d’ici la fin de sa carrière universitaire.
- Alex Duff a récolté 155 verges de gains totaux. Une arme parfaite pour l’attaque de Justin Éthier.
- Arnaud Desjardins a été solide en complétant plus de 70% de ses passes pour près de 300 verges et deux touchés. Il a trouvé preneur pour 10 de ses 11 premières passes du match.
- Lucas Dembélé est définitivement en train de prendre possession du rôle de porteur de ballon principal des Carabins. Ses 109 verges au sol, dont une course de 61 verges au 4e quart qui donnait les devants aux Bleus, ont permis à l’offensive de Marco Iadeluca de ne pas trop mal paraître. Chapeau à la ligne offensive aussi pour ça.
- Marc Fortier sait comment limiter les dommages que Jonathan Sénécal peut infliger à son équipe par la voie des airs. Le joueur par excellence du football universitaire canadien en 2023 a complété 59% de ses passes pour 136 verges aucun touché et a été sacké trois fois. Si on exclut le match qui s’est terminé 28-0 en faveur des Carabins l’automne dernier, le Rouge et Or a rabattu Sénécal neuf fois derrière sa ligne de mêlée, ne lui a permis de compléter que 60% de ses passes pour des gains moyens de 139 verges par match en plus de ne lui concéder aucune passe de touché et d’en avoir intercepté deux en trois rencontres depuis le début de la saison 2023.
- Il va falloir que les cerveaux offensifs des Carabins trouvent des solutions pour que le #12 puisse étirer le terrain parce qu’on a clairement pas peur du long jeu chez le Rouge et Or. Les espaces sont très limités sur le terrain et mis à part Carl Chabot, ça semble difficile de trouver une cible de confiance pour déranger la tertiaire de Laval.
- Néanmoins, Sénécal demeure un joueur exceptionnel et il trouve toujours des façons de s’illustrer. La séquence qui s’est terminée par sa course de 19 verges pour le touché en fin de première demie était typique et tellement importante.
- En l’absence de Nicky Farinaccio, l’attaque de Laval a été en mesure de trouver des façons d’éloigner le ballon du secondeur Harold Miessan. Même si Charles-Elliot Bouliane a su démontrer toute ses qualités athlétiques lorsqu’il se dirigeait dans le champ arrière de Laval, l’efficacité en couverture de passe n’était pas la même.
- Nicolas Roy et Elijah Cramaix ont été particulièrement impliqués pour la défensive montréalaise tout comme Justin Cloutier pour celle de Laval. Ce dernier a joué avec un enthousiasme évident. Il est clairement un grand leader de cette défensive.
- Si on a parlé de Forteza, il faut absolument parler du botteur Philippe Boyer chez les Carabins. Son excellence sur les bottés de placement, mais également sur les dégagements et les bottés d’envoi auraient pu en faire le joueur du match si les Bleus avaient gagné. Ses réussites sur 43 et 39 verges dans le vent au 2e quart ont donné confiance et replacé les Carabins dans le match.
- Le prochain match entre les deux équipes aura lieu au CEPSUM le 12 octobre et l’avance d’un seul point n’est clairement pas suffisante pour assurer un coussin au Rouge et Or. L’équipe qui gagnera aura l’avantage du terrain pour le match de la coupe Dunsmore (si tout se passe selon les attentes des gérants d’estrades). Et si le Rouge et Or a eu le dessus par la peau des dents dans un match où ils ont eu le dessus dans la majorité des phases de jeu pour la plus grande partie du de la rencontre, c’est loin d’être dans la poche pour la suite des choses.