Crédit photos : Rouge et Or de l’Université Laval et James Hajjar

Après quatre ans de règne sans partage par le Vert & Or de Sherbrooke, Carabins et Rouge et Or ont repris le haut du pavé du volleyball masculin cette saison. Et sans surprise, les deux formations ont remporté leur demi-finale pour se retrouver face à face avec pour enjeu le titre de champion du RSEQ et une place au championnat U Sports.

Entre 1982 et 2020, Laval a accroché 34 bannières de champion québécois du volleyball masculin. Montréal, quatre et Sherbrooke une. Depuis 1989, Carabins et Rouge et Or se sont affrontés 18 fois en grande finale. La dernière était en 2020 et Montréal était sorti vainqueur. Mais peu importe ce que raconte l’histoire, les joueurs qui seront sur les terrains en fin de semaine écriront leur propre chapitre de la grande rivalité sportive entre les deux institutions.

Cette saison, les Carabins de l’Université de Montréal ont terminé au sommet du classement avec une fiche de 14 victoires et deux revers. Menés par le vétéran passeur Maxime St-Denis, joueur par excellence du circuit cette saison, les Bleus forment une équipe très complète qui fait peu d’erreurs. Dominants au contre et en défensive, les Carabins forcent leurs adversaires à jouer des matchs sans faille. La vitesse de jeu est aussi un atout qui les démarque.

Le Rouge et Or offre un autre type de volleyball. Une équipe très puissante avec des attaquants spectaculaires, mais qui a parfois des enjeux de constance. Laval ressemble davantage aux équipes du reste du Canada avec son côté physique. Si la réception peut être au rendez-vous, cette équipe n’a aucune raison de ne pas dominer ses adversaires.

La bataille entre les deux passeurs sera certainement un élément clé de ce duel. D’ailleurs, les deux joueurs représentent très bien l’essence de leur équipe respective. St-Denis, à 6’1, est un maître pour camoufler ses stratégies. Et malgré sa relative petite taille, il est un excellent bloqueur. Il est d’ailleurs premier au Canada dans cette catégorie chez les passeurs avec une moyenne de 0,8 par set. De l’autre côté, Charles St-Aubin est un colosse de 6’6 avec des mains de velours et un service de feu. Il a terminé la saison tout en haut du classement U Sports pour le nombre de passes décisives avec 10,75 par manche. Les deux hommes, de par leur position, auront évidemment un impact majeur sur l’efficacité de leur formation.

Les Carabins misent sur le meilleur duo de contreurs de tout le pays. Étienne Grenier (1,58 bloc/set) et Lucas Genier (1,13) ne sont pas les plus imposants centraux à 6’4, mais leur lecture du jeu et leur niveau athlétique compensent largement. Cependant, c’est Ghassen Zgarni qui a joué en demi-finale contre UNB à la place de Grenier. Genier quant à lui, grand frère d’Eva, la recrue par excellence chez les femmes cette année au RSEQ, est aussi un métronome à l’attaque. À .422, il a été de loin l’attaquant le plus efficace du RSEQ en 25-26 n’ayant commis que 12 erreurs sur 187 passes dirigées vers lui. On pourrait penser qu’une des stratégies à employer serait de lui remettre régulièrement le ballon, mais la tâche ne sera pas simple.

Devant eux, Laval opposera un certain Jacob Gendron. Le joueur de deuxième année est probablement le meilleur central au Québec. Sa hauteur au contre et sa rapidité de mouvement en font une menace constante. Avec Gendron, le Rouge et Or misera sur Félix Dufour. Suite au départ de Jonathan Addy à la mi-saison, le natif d’Edmonton a offert de solides performances.

Les attaquants aux ailes des deux équipes vont s’en donner à coeur joie. Ça va cogner fort, les planches sont mieux d’être bien fixées au plancher. Le vétéran Max Losier ainsi que les recrues Félix-Antoine Perron et Thomas Boccardi ont des canons dans les bras. Les trois joueurs figurent dans le top 5 québécois pour les attaques marquantes par manche jouée. Si Losier est depuis longtemps un des attaquants les plus prolifiques au Canada, Perron doit déjà être considéré dans la même catégorie. Le jeune homme de 6’5 a fait la pluie et le beau temps avec les Griffons de l’Outaouais au niveau collégial et son passage au niveau universitaire s’est fait sans heurt. Un potentiel pour l’équipe nationale qu’il faut absolument voir jouer.

Chez les Carabins, Hugo Considère connaît son éclosion cette saison. Cet autre ancien des Griffons de l’Outaouais s’est aussi glissé au 4e échelon des attaquants du RSEQ avec une moyenne de 3,06 kills par manche. Il est aussi dans le top 5 pour les blocs et cet aspect de son jeu sera hautement testé face à Perron et Boccardi. Antoine Cazabon et Simon Coulet n’ont peut-être pas un profil aussi flamboyant, mais ils forment une paire très efficace à tous les niveaux sur le terrain. Deux joueurs très stables.

Alexandre St-Denis pour les Carabins et Zachary Morneau pour le Rouge et Or sont deux libéros de haut calibre. St-Denis est un vétéran de 5e année et Morneau, une verte recrue. Leur travail aussi dictera une partie importante de cette finale. Non seulement, on leur demandera de garder en vie des séquences impossibles, mais ils devront d’abord et avant tout être au rendez-vous en réception de services.

Il faut aussi parler de la profondeur des deux équipes. Laval mise notamment sur un gars très explosif, mais parfois erratique en Terrell Tchouassi et un autre plus stable en Patrick Minville. Ce sont surtout ces deux-là qui risquent d’entrer en jeu en cas de besoin. Montréal a trois attaquants polyvalents en Guillaume Samson, Étienne Charbonneau et la recrue Vincent Tremblay qui pourraient aussi voir du terrain.

Si en début de saison, je mettais mes billes sur le Rouge et Or avec une formation remplie de gros noms pour l’emporter, force est d’admettre que les Carabins ont su m’épater par leur jeu rapide et efficace. Cependant, au-delà du classement général, ce sont les rencontres entre les deux équipes qui devraient nous fournir le meilleur indice sur la direction à prendre. Sauf que les trois matchs sont allés en 5 sets. Montréal a gagné les deux derniers, dont une remontée après avoir perdu les deux premières manches le 6 février au PEPS. Est-ce assez pour y voir une tendance? La réponse simple est non.

Alors allons-y pour la prédiction. J’y vais avec une victoire des Carabins. Les équipes qui gèrent bien leurs émotions sont souvent celles qui ont le dessus dans les grands moments. Le Rouge et Or carbure aux émotions et c’est autant sa force que son ennemi. Ça fera la différence à mon avis. Parce que ça se jouera sur des détails. Un de ceux-là sera la présence ou non d’Étienne Grenier au centre. C’est aussi peut-être là que Laval pourra créer l’écart si St-Aubin peut avoir l’option vers Gendron aussi souvent qu’il le désire. Mais si tout le monde est à son mieux et à sa place, je pense que les Bleus vont savoir trouver les façons de se hisser sur le dessus.

Ça commence vendredi 18h30 au CEPSUM.