Crédit photo : Olivier Lahaye

Ce vendredi, au Centre sportif Yvon Lamarche de l’Université de Sherbrooke, le Vert & Or sera l’hôte du premier match de la finale provinciale de volleyball féminin 2026. Une troisième présence en cinq ans pour la troupe estrienne. Mais est-ce que ce sera la bonne cette fois, plus de vingt ans après leur dernier titre?

Le Vert & Or, mené par le vétéran entraîneur-chef Claude Tremblay, a terminé au sommet du classement de la saison régulière avec une fiche de 20 victoires, contre un seul échec. Une défaite en trois manches subie au retour des Fêtes face aux championnes en titre, les Carabins de l’Université de Montréal. Leurs adversaires en grande finale. La tâche ne sera pas de tout repos. Sherbrooke a certainement les atouts nécessaires pour l’emporter, mais la pression sera de leur côté.

Oui, le billet pour le championnat U Sports à Langley dans deux semaines est déjà garanti. Mais on voudra obtenir un tableau plus favorable et idéalement arriver en Colombie-Britannique avec confiance. Rééditer l’exploit des Carabins de 2025 qui ont atteint la finale nationale serait fantastique. Cependant, il faudra prendre les bouchées une à la fois.

Vendredi, donc, le Vert & Or accueillera les Carabins. Ces dernières misent sur quelques vétéranes qui ont vécu l’euphorie de l’an dernier. Milica Djordjevic, Florence Lapointe, Julia Lanthier et Ilona Millan avaient toutes un rôle important à jouer. Elles connaissent les émotions qui vont les habiter. Néanmoins, avec Naomi Babii comme passeuse partante et les recrues Eva Génier, Sophie Descheneaux et Séphora Menye Obélé, les Bleues ont un nouveau visage. Sans oublier que Djordjevic est de retour au poste de centrale cette saison alors qu’elle jouait en 2 lors de l’épopée nationale et que Florence Lapointe n’est pas à 100% de ses capacités après une vilaine blessure à une cheville.

Dirigées par l’entraîneur Olivier Trudel, les Carabins forment une équipe toujours redoutable qui sait offrir son plus grand jeu dans les grands moments. On l’a vu face au Rouge et Or en fin de semaine dernière. Deux victoires dans le gymnase du PEPS face à des joueuses aguerries et hargneuses. Les Carabins ont géré leurs émotions de main de maître et ont joué comme si elles étaient les favorites. Pourtant, Laval avait terminé devant elles au classement et avait gagné les trois duels en saison régulière.

Sophie Descheneaux a été étincelante avec 46,5 points dont 38 attaques marquantes sur 155 passes dirigées dans sa direction. De loin le plus haut total de son équipe. L’attaquante de 6’2 a toujours démontré beaucoup de talent durant son séjour collégial avec les Lynx d’Édouard-Montpetit. Mais, elle semble avoir très rapidement pris une coche dans son niveau de jeu à son année recrue. Ses attaques sont percutantes. Génier et Djordjevic ont aussi fait de l’excellent boulot. La libéro Ilona Millan a joué au niveau qui lui a permis de recevoir une invitation au camp Next Gen du programme national.

Julia Lanthier sera aussi à surveiller, elle qui est une contreuse élite. Si Naomi Babii peut miser sur des réceptions de qualité et que Florence Lapointe continue de prendre du mieux, les Carabins ont beau arriver avec le statut de négligées, elles n’auront absolument aucun complexe.

Avec ce portrait en tête, ce qu’il faut en comprendre c’est que le Vert & Or ne pourra pas miser sur un effondrement de ses adversaires pour espérer hisser une bannière du RSEQ au plafond de son gymnase. Par contre, si une équipe peut se présenter sans peur face aux Carabins, c’est bien le Vert & Or. Une formation tout étoile sans défaut apparent.

D’abord, Béatrice Dubreuil. L’attaquante de deuxième année a décroché le titre de joueuse par excellence du circuit. Aussi puissante qu’intelligente, la #11 peut faire mal à son adversaire de toutes les positions sur le terrain. En compagnie de la vétérane Jaël-Esther Telfort et de la dynamique Britanie Maranda, elles forment un extraordinaire trio d’attaquantes-réceptionneuses, probablement les plus efficaces au Québec. Elles sont aussi solides au filet qu’en défensive et c’est probablement ce qui rend cette équipe aussi redoutable. D’ailleurs, huit des 17 premières au classement pour le pourcentage de réussite en attaque sont des porte-couleurs du Vert & Or.

Au centre, Florence Stevanovic et Gabrielle Minier forment une paire très efficace. Stevanovic vient de disputer une demi-finale presque impeccable avec 13 attaques marquantes contre une seule erreur. Quant à Minier, bien qu’elle soit petite pour une joueuse de cette position à 5’9, elle a dominé le circuit universitaire québécois cette saison au chapitre des blocs et terminé 3e au pays avec 1,18 par manche. S’est-elle inspirée d’un certain Julien Vanier?

Danaé Vaillancourt, comme Millan pour les Carabins, est une vétérane qui joue un rôle clé dans les succès du Vert & Or dans son poste de libéro. Avec 38 récupérations défensives dans la série contre l’UQAM, elle a démontré qu’elle était en pleine forme.

Enfin, Elle-Marie Fillion. La passeuse de 6’1 s’améliore d’année en année et elle semble en pleine possession de ses moyens à sa troisième année avec le Vert & Or. Après avoir évolué une saison derrière l’ancienne joueuse étoile Emma Bergeron, Fillion peut maintenant miser sur elle pour lui prodiguer des conseils chaque jour à l’entraînement. Sa gestion des matchs, la précision de ses passes en plus de son travail au filet et en défense en font une meneuse parfaite pour ce groupe.

Si la question est de démontrer qu’elle a autant de force entre les deux oreilles que de talent, je n’ai aucune inquiétude. Ce qu’elle a fait en demi-finale après la défaite en lever de rideau contre les Citadins en est une preuve indéniable. 75 passes décisives en six manches avec le dos au mur, c’est de l’excellence. POINT.

Alors qui gagne? Grande question. Ne gagez pas votre maison là-dessus, je vous en conjure. J’aime beaucoup ces deux équipes. Du talent à revendre, du caractère. Ce sera une très très belle finale. Et bien que je conseillerais à quiconque de ne jamais, jamais y aller contre une équipe dirigée par Olivier Trudel dans une telle situation, j’ai envie d’être sentimental et de donner mon vote à Sherbrooke. Après avoir vu les gars de cette université dominer lors des trois dernières saisons. Après avoir vu le Vert & Or s’arracher le coeur en finale il y a deux ans face aux Carabins. J’aimerais vraiment les voir accéder à la plus haute marche du podium cette fois.

Victoire de Sherbrooke en trois matchs. 17-15 au 5e set du match #3 dimanche après-midi.