Crédit photos : Bishop’s Gaiters / RSEQ / Roch Lambert / Karine Cormier / James Hajjar / Éric Massicotte

Mi-novembre signifie matchs importants au football québécois. Nos Alouettes ont bravement combattu, mais se sont avoué vaincus. Mais ce n’est évidemment pas des pros dont je veux vous entretenir. Non, c’est surtout ce qui s’est passé à Trois-Rivières qui a retenu mon attention en fin de semaine. Et bien au-delà des résultats.

Alors je vous partage comme ça mes impressions et réflexions. EN VRAC, comme l’aurait jadis beuglé Yannick Bouchard à l’époque où il animait Sports 30 au Réseau des Sports.

  1. Les équipes qui ont l’expérience récente d’un match du Bol d’Or gagnent. Le CNDF, les Lauréats de St-Hyacinthe, les Griffons de l’Outaouais, les Condors de St-Jean-Eudes, les Aigles d’Or de Dalbé-Viau étaient tous des gagnants ou des finalistes de la saison dernière.
  2. Thomas Leroux, le quart-arrière du Notre-Dame de CNDF, a annoncé après le match ce qui était devenu un secret de Polichinelle. Il se joindra au Rouge et Or de l’Université Laval en 2026. Disons que la bataille pour la succession d’Arnaud Desjardins sera très intéressante à suivre. Verra-t-on un des quatre quarts de l’organisation actuelle choisir l’option d’un transfert?
  3. Le diable est dans les détails nous dit l’adage. Ce cliché du sport est pourtant bien vrai. En procédant à un changement au poste de centre après quelques remises imprécises, Marc-André Dion a permis à son attaque de se stabiliser avant de prendre contrôle du jeu.
  4. Est-ce qu’on devrait penser à intégrer les reprises vidéo lors des finales du Bol d’Or? Si on avait accordé le touché à Antoine Fafard en début de rencontre, est-ce que le reste de la rencontre aurait été différent? Je ne blâme absolument pas les arbitres qui font un travail extraordinaire et ingrat. Sauf qu’avec toutes les caméras qui étaient sur place pour la télé et web diffusion, l’option aurait pu être envisagée. Rappelons que Grasset a été stoppé à trois reprise à la ligne de 1 par la défense du CNDF après cette décision. Et qu’on a ensuite raté le placement pour ne se contenter que d’un point. On pourrait, malgré tout, dire que c’était aux Phénix de compléter le travail…
  5. Le courage ou l’insouciance de certains jeunes est fascinant. Rais-Kacir Bachammar, le joueur de ligne défensive de Grasset qui souhaite étudier en médecine était prêt à jouer avec une main fracturée même si il risquait des dommages permanents. Tony Iadeluca ne l’a pas laissé faire. Guillaume St-Laurent, porteur de ballon du CNDF, jouait en dépit d’une cheville très amochée. Il a porté le ballon 13 fois aidé d’une chevillère, d’un très gros bandage et de Naproxin. Il y en avait assurément un paquet d’autres comme ceux-là.
  6. Charles Fortin, joueur offensif par excellence cette saison en D1, n’a pas été en mesure de jouer. Malgré cela, celui qui jongle entre plusieurs offres d’équipes de la NCAA pour la suite de son parcours, était aux abords du terrain avec une partie de son uniforme sur le dos. Les bobos des RB 1 et 2 ont permis de découvrir tout un joueur en Kouassi Yannis Eric Codjo.
  7. Les spectateurs qui lancent de la neige sur les chaîneurs pour faire valoir leur mécontentement, c’est ordinaire en ta. Je sais que les ploucs qui ont agi de la sorte sont des exceptions. Ça demeure que le message devrait être lancé par les organisations elles-mêmes à ceux qui viennent les encourager sur place. Vous déshonorez ceux que vous êtes sensés représenter.
  8. Les Lauréats de St-Hyacinthe ont gagné un 3e Bol d’Or consécutif en D2. Ces trois conquêtes l’ont été par un écart moyen de 17,3 points. Est-ce le temps de passer en D1 pour Sébastien Deschamps et son groupe? On aura la réponse à la fin de la prochaine saison alors que l’organisation maskoutaine pourra déposer son dossier pour évaluation. Ce ne sont certainement pas les résultats qui seraient un frein à leur accession au prochain niveau. Mais est-ce que la direction sera en mesure de poser les gestes nécessaires pour soutenir la candidature? La conjoncture économique n’est pas optimale. À suivre…
  9. Marc-Antoine Mallet, Salomon Lacasse et Hugo Beauchamp ont profité amplement de l’extraordinaire travail des Moustapha Diallo, Aymerick St-Jacques, Isaak Larocque, William Jodoin et Mathis Caya sur la ligne offensive pour mener les Lauréats à ce championnat. Du travail impeccable.
  10. De l’autre côté du ballon, la défensive de St-Hyacinthe a été tout aussi solide, à tous les niveaux. Une très bonne équipe qui a joué son meilleur match de la saison au moment le plus important. Il n’y avait rien à faire pour les Volontaires.
  11. La finale au collégial D3 a été très bonne. L’intensité et la robustesse étaient au rendez-vous du début à la fin, autant sur le terrain que dans les estrades. À ce chapitre, ce fut probablement le match qui en a offert le plus de toute la fin de semaine.
  12. Je proclame les supporteurs des Gaulois de La Pocatière la meilleure foule du football collégial québécois. Un enthousiasme inégalé, gagne ou perd. Évidemment, ce titre sera en jeu en 2026 😉
  13. Les Griffons de l’Outaouais ont joué un match fantastique face aux Gaulois. On a su exécuter un plan de match simple mais très efficace en attaque. Et en défensive, on a provoqué plusieurs revirements opportuns qui ont scié les jambes aux adversaires. Une victoire pleinement méritée.
  14. Il y a plusieurs joueurs qui méritent assurément une chance de se faire valoir au niveau universitaire parmi tous ceux qui ont joué en fin de semaine. Si ceux de la D1 sont connus de tous, ceux de la D3 passent parfois sous le radar. Ne fermons pas les yeux sur les Mathis Deschamps, Olivier Boyer, William Burke, Williams Gélinas, David Baril, Félix Demers, James Roberts, Samuel Roy, Justin Roy, Olivier Godbout, Samuel St-Pierre et Ludovick Brosseau, notamment.
  15. Il n’y a pas que les Lauréats de St-Hyacinthe qui ont mis la main sur un 3e Bol d’Or consécutif. Les Condors de St-Jean-Eudes l’ont également fait en juvénile D1 grâce à un gain de 31-7 face aux Voltigeurs du Collège Bourget. C’est un exploit extraordinaire dans un calibre de jeu très élevé où la parité est bien réelle. Chapeau au groupe d’entraîneurs.
  16. Au niveau juvénile D2, les Aigles d’Or de Dalbé-Viau ont quant à eux mis la main sur un 3e titre en quatre saisons. Une victoire convaincante face aux Dragons du Collège St-Jean-Vianney, qui en étaient à une première saison en D2. Trop forts pour la ligue, ces Aigles d’Or? Clairement, mais est-ce que les programmes de D1 actuels sont prêts à les accueillir? C’est moins clair.
  17. Les Centaures de la Courvilloise ont ramené un troisième championnat consécutif dans la catégorie juvénile D3 en l’emportant face au Collège St-Alexandre. L’équipe de Québec en était à une 4e finale d’affilée.
  18. Le Collège Bourget a mis la main sur la bannière de champion provincial au niveau cadet D1. Les Dragons de St-Jean-Vianney ont fait de même en D3. (Il n’y a pas de D2 au niveau cadet)
  19. Un entraîneur chevronné me partageait ses observations sur le calibre de jeu du football collégial québécois. Selon lui, le niveau est bien moins élevé depuis quelques années et ça s’explique notamment par le départ de nombreux jeunes de talent vers les États-Unis. Si des exceptionnels comme Antwan Raymond ou David-Gabriel Georges ont assurémement intérêt à aller là pour la visibilité, c’est loin d’être le cas de tous. Pendant qu’on fait bien paraître des programmes au Tennessee, ce sont ceux des cégeps québécois qui en souffrent.
  20. Les Huskies de St. Mary’s, champions de la conférence atlantique, ont subi une râclée aux mains des Carabins en 1/2 finale canadienne. Aux dires de plusieurs analystes compétents, il s’agissait de l’équipe la mieux nantie à sortir de l’AUS depuis plusieurs années. À voir comment les Bleus se sont occupés d’eux à partir de la deuxième moitié de 3e quart, il faut se rendre à l’évidence. L’AUS ne peut pas rivaliser avec l’élite canadienne.
  21. Parlant de l’AUS, il faut maintenant presque parler d’une certitude à propos de la rumeur concernant le retour des Gaiters de Bishop’s dans le giron du RSEQ. Charles-Antoine Sinotte a relayé la possible nouvelle lors du reportage du match de la coupe Uteck. Et si l’analyste des matchs du RSEQ à TVA Sports se prononce sur un tel sujet c’est qu’on a largement dépassé le cap du ouï-dire.
  22. Il me semble que la webdiffusion des matchs du Bol d’Or devrait être confiée à Primoprod. Le travail que l’entreprise de Rey Merisier a fait tout au long de la saison régulière démontre non seulement ses capacités techniques, mais aussi une connaissance hautement supérieure des joueurs et des équipes impliquées dans les matchs par les équipes de description.
  23. Il reste un match à jouer au football canadien. Celui de la coupe Vanier. Les Carabins tenteront d’en gagner une deuxième en trois ans. Une autre bataille entre Montréal et la Saskatchewan pour un titre canadien. Les Carabins pourront-ils venger les Alouettes? À voir. Ce sera une belle bataille avec deux quarts recrues aux commandes de leur attaque respective.
  24. Est-ce que le demi de coin Louis-Philippe Gauthier poursuivra sa séquence d’interceptions? Le #9 des Bleus a réussi un larcin à chacun des matchs éliminatoires de son équipe cette saison. En fait, il a intercepté une passe du quart adverse dans 6 de ses 8 derniers matchs éliminatoires.
  25. Gregory Mulenda-St-Pierre et Rémi Lambert ont joué un fort match alors que les deux porteurs habituels Lucas Dembélé Bertet et Redval Keita étaient absents. Belle démonstration de profondeur.
  26. C’était une démonstration très évidente de la montée en puissance de la ligne offensive revampée édition 2025. Nendou, Diouf, Nobou, D’Amours et St-Germain forment un quintet dévastateur. S’ils travaillent comme ils en sont capables, les Carabins seront champions de la Vanier pour une 3e fois.