Crédit photo : James Hajjar / Mathieu Bélanger

13 ans. La dernière fois où le championnat de la conférence québécoise du football universitaire a impliqué une équipe autre que le Rouge et Or de l’Université Laval et les Carabins de l’Uiversité de Montréal, c’était en 2012. L’année du printemps érable et de l’élection de Pauline Marois, première (et seule) femme à devenir première ministre de la Belle province.

Plus besoin de parler de rivalité, il faut parler de tradition, d’évidence, de rengaine. On a beau s’y attendre. On a beau savoir. On a beau apprécier les moments de hautes émotions que nous font vivre chaque fois ces deux grands programmes. On espère parfois du changement. Juste question de savoir ce que ça pourrait goûter si on remplaçait le poulet par du boeuf et les patates par du riz. Ce ne sera pas 2025 qui nous sortira de nos bonnes habitudes.

La finale sera grandiose n’en doutons pas. Mais avant d’aller là, il y avait deux demi-finales à disputer. Deux amuse-bouches à déguster pour se mettre en appétit. Et cette année, la fadeur m’a laissé un goût amer. Si le match McGill-Laval a offert de belles épices à la première croquée, il a eu le même effet une fois au fond de la gorge, la déception.

Comprenez-moi bien, j’ai une grande admiration pour ces étudiants-athlètes et leurs entraîneurs. Bien plus que les victoires et les défaites, ce qu’ils accomplissent chaque semaine en se dépassant sur les terrains comme dans les salles de cours, c’est formidable. Mais le fan de sport que je suis est très déçu du spectacle. Je n’en veux à personne. Simplement aux attentes que j’avais.

Les Stingers de Concordia ont terminé la saison régulière en battant de manière spectaculaire et émotive le Vert & Or de Sherbrooke et les Redbirds de McGill. Antoine Ouimet, le quart recrue double champion du Bol d’Or à St-Hyacinthe avait, en deux matchs, redonné du lustre à une équipe plus talentueuse que son classement ne l’indiquait. Le vétéran Franck Tchembé semblait en grande forme et prêt à tout donner. La défense expérimentée avait un beau défi à relever face à Pépé Gonzalez et compagnie.

Sur place avec ma famille, je souhaitais vivre un beau match. Évidemment que Montréal était largement favori. Mais je souhaitais voir de beaux jeux des deux côtés du ballon. Une bataille. De l’émotion. RIEN. On n’a rien eu.

Bravo aux joueurs et entraîneurs des Carabins. Ils ont livré une performance impeccable dans une victoire de 51-2. C’était 44-0 à la mi-temps. On pourra analyser le match et on le fera pour le podcast de cette semaine. Mais ici, je vais simplement me contenter de dire que je suis déçu.

Parce que les joueurs et les entraîneurs des Stingers sont meilleurs que ça. Du moins, je pense. Mendel Joseph, Emilio Vidali, William Castonguay sont des studs comme on dit dans le milieu. Ouimet, Ély Rivest, Tchembé ont prouvé qu’ils avaient le talent pour rivaliser avec n’importe qui. Mais ça prenait plus que ça. Bien plus que ça.

Immédiatement après, à l’autre bout de la 20, le puissant Rouge et Or de l’Université Laval recevait les insaisissables Redbirds de McGill. Ceux-ci misent sur les deux joueurs offensifs les plus flamboyants au Québec. Éloa Latendresse-Régimbald et Jerry Momo. Un duo d’athlètes hors pair. McGill a vaincu les Carabins cette saison et a failli le faire deux fois. La bande à Alex Surprenant avait tenu Laval pendant trois quarts il y a trois semaines. Cependant, ce même groupe a perdu deux fois contre Concordia et une autre contre Sherbrooke.

Les blessures ont eu un rôle énorme à jouer dans cette saison aux espoirs surgonflés pour les Redbirds. On n’en est pas moins décontenancé par la défaite de 47-25 après avoir pris une avance de 14-0 tôt dans le match de demi-finale. Le Rouge et Or a inscrit 40 points et n’en a accordé que 3 lors des deuxième et troisième quarts. Et ça sans toujours miser sur son quart numéro un, Arnaud Desjardins, toujours dérangé par une blessure à l’épaule droite.

Ce qui me déçoit, ce n’est pas l’exécution ici et là ou le choix de stratégie à tel moment ou tel autre. C’est trop facile de mon salon d’identifier des jeux qui, dans ma perspective lointaine, auraient pu faire une différence. Oui, je vais me prêter à l’exercice quand même parce que ça fait partie du fun.

Ce qui me déçoit c’est que chaque année, je vois des choses qui me laissent croire très sincèrement qu’on s’approche du moment où on aura du boeuf au lieu du poulet et du riz au lieu des patates. En 2024, McGill avait lancé des messages à tout le monde avec des performances plus qu’encourageantes suivies d’un recrutement quasi historique. En 2023, les Stingers étaient passé à une poussière de tromper la vigilance du Rouge et Or en demi-finale. Une semaine après avoir battu les Carabins. En 2022, les 1/2 finales s’étaient soldé par des écarts de 11 et 8 points. En 2021, en une fin de semaine, Sherbrooke et Concordia avaient battu respectivement Laval et Montréal.

En 2025, ce que j’ai vu des matchs de demi-finales ne m’a procuré que très peu de plaisir au final. On va reparler des performances individuelles de Cool, Gioffre, Gonzalez, Larose, Gauthier. Mais pour le moment, dimanche matin, je suis encore déçu.

Je vais m’en remettre. Je vais grandement apprécier me préparer pour la 12e finale consécutive entre les Rouges et les Bleus. On va en reparler, mais je souhaite beaucoup mieux pour mon football universitaire en 2026.