Crédits photos: Laurent Grandmangin, RSEQ, Carl Rodrigue, Mathieu Bélanger, James Paddle-Grant
Chaque année, l’effervescence est à son comble dans notre sport universitaire et collégial à l’arrivée du mois de mars. Championnats provinciaux et canadiens se succèdent. Les grandes performances prennent tout leur sens et les émotions sont au rendez-vous. La dernière fin de semaine a encore une fois été riche.
Faisons ensemble un tour (relativement) rapide de tout ce qui s’est passé dans l’univers sportif parallèle. Oui, oui, celui de notre dimension, celle où les médias traditionnels montréalais ne semblent pas toujours avoir accès.
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Bishop’s encore pour la première fois
Je commence par la fin. Le dernier match de la fin de semaine. Le match ultime de la finale québécoise du hockey féminin. Les Gaiters de Bishop’s qui affrontaient les Stingers de Concordia. Une équipe arrivée dans la ligue universitaire il y a trois ans à peine face aux triples championnes du RSEQ détentrices du titre national. Les filles de l’équipe de hockey ont réalisé l’exploit et ainsi ramené une troisième bannière provinciale en deux semaines à Bishop’s, après celles des deux équipes de basket.
Franchement, je ne connais pas grand monde qui aurait gagé sa chemise sur une victoire des Gaiters dans cette série finale. Comme l’avait soulevé David Brosseau lors du dernier podcast Bulletinsportif, jamais Bishop’s n’avait remporté un match face aux Stingers. JAMAIS. Et jamais Bishop’s n’avait marqué plus de 3 buts face aux puissantes Stingers. Elles ont marqué 14 buts en trois matchs et gagné deux de ceux-ci en une fin de semaine.
Concordia avait soutiré le premier match avec un gain de 5-4. Un match serré, mais durant lequel les Stingers n’ont pas vraiment laissé les Gaiters s’installer dans le siège du conducteur. Concordia a joué durant plus de 50 minutes avec l’avance au pointage. Le lendemain, devant leurs partisans, les Gaiters ont cependant répliqué avec force. Une victoire de 4-1 où elles ont décoché 32 tirs dont 18 en première période. Gabrielle Santerre a sonné la charge avec un but et une aide et Éricka Gagnon a repoussé 32 des 33 rondelles tirées par les Stingers.
Lors du 3e et ultime match, devant leurs partisans à l’aréna Ed Meagher, les Stingers ont rapidement pris les devants sur un tir du coin de la patinoire de Béatrice Caron qui a réussi à se faufiler derrière Gagnon. Mais l’avance a été de courte durée quand Gabrielle Rousseau a redirigé une passe de Santerre derrière Jordyn Verbeek pour créer l’égalité en avantage numérique. Le reste de la première période a été joué avec beaucoup d’intensité comme tout le match, d’ailleurs. Les Gaiters appliquant une pression soutenue en zone adverse. Gagnon a néanmoins dû se signaler en fin d’engagement pour conserver l’égalité.

Au début de la 2e période, les Gaiters ont pris les devants pour la première fois du match quand Justine Turcotte a fait dévier un lancer de Daphné Boutin. Une minute plus tôt la gardienne des Gaiters avait stoppé la championne marqueuse de la saison, Émilie Lussier, qui s’était retrouvée seule devant elle. À partir de là, Concordia a été l’agresseure, mais Éricka Gagnon et la défensive ont tenu le fort jusqu’à ce qu’une contre-attaque menée par Jamie Aspropotamitis mène au but de Neleh Vigneau Sargeant pour donner une avance de deux buts aux Gaiters avec un peu moins de cinq minutes à faire. Mais Émilie Lussier s’est tout de même assurée de ramener le match à portée avant l’entracte avec un superbe tir du poignet d’un angle difficile.
La 3e période a vraiment été l’affaire des Gaiters. Contrôlant la rondelle et le rythme du jeu, elles ont inscrit un but à la 5e minute de jeu quand Gabrielle Santerre a logé une passe parfaite à Justine Turcotte à l’embouchure du filet. La pression se faisait alors de plus en plus forte sur les championnes en titre et on a senti l’équipe de Julie Chu et Caroline Ouellette désemparée face au jeu défensif et à l’échec-avant impeccables des Mauves. Jessymaude Drapeau a obtenu deux chances, mais Gagnon veillait chaque fois.
Les livres se sont essentiellement fermés quand Annika Lafrenière a fait dévier un autre tir de Daphné Boutin tout juste après la mi-période. À 5-2, Julie Chu a demandé un temps d’arrêt et l’entraîneure était très animée en s’adressant à ses joueuses. Ça a semblé fouettre les Stingers qui ont vidé leur réservoir et sont allées chercher un but via Alexandra-Anne Boyer qui a profité d’une mêlée devant le filet des Gaiters pour réduire l’écart à deux buts avec encore 6:38 à jouer. Chu avait déjà profité de la pression exercée par son attaque pour retirer Verbeek pour ajouter une 6e attaquante.
Une minute plus tard, avec une mise au jeu en territoire ennemi, Verbeek a encore une fois été rappelé au banc. Les Stingers ont profité du surnombre pour accentuer la pression, mais Jamie Astropolamis et Annika Lafrenière ont combiné leurs efforts pour couper l’attaque de Concordia et inscrire un but dans un filet désert avec 4:12 à jouer. C’était 6-3 et ce fut la marque finale. Superbe match de hockey.
Ne ratez pas le championnat canadien car ces deux équipes s’y retrouveront et il ne serait pas surprenant de les voir répéter l’exploit de l’an passé alors que les deux formations représentantes du RSEQ étaient revenues avec une médaille au cou.
Les Stingers en finale chez les gars
Au hockey universitaire masculin, les Stingers de Concordia jouaient la finale de l’Est de l’Ontario face aux dangeureux Gaels de Queen’s. Lors du premier match de la série, les Stingers ont inscrit deux buts tard en 3e période pour se sauver avec un gain de 2-1. Nicholas Girouard et Mathieu Bizier ont amassé deux points chacun. Deux jours plus tard, ce fut encore une fois une bataille extrêmement serrée. Encore une fois, les Stingers ont eu le dessus. Une victoire de 1-0 où Nickolas Hurtubise a repoussé 28 tirs. Édouard Charron a été l’unique marqueur.
La finale de la Queen’s Cup se jouera samedi soir à 18h15 alors que Concordia affrontera Toronto Metropolitan. Lors du seul match cette saison entre les deux équipes, les Stingers l’avaient emporté 5-2.
Une 2e place pour les Martlets dans la piscine
Les championnats U Sports de natation se déroulaient au bassin de l’Université de Toronto. Bien entendu, les nageurs et nageuses veulent rapporter des médailles, mais les positions lors des finales valent des points pour leur université et une bannière est remise à l’équipe cumulant le plus de points au final. Cette année, UBC a mis la main sur les deux titres nationaux. Mais chez les femmes, il faut souligner l’excellente performance de l’équipe de McGill qui a pris le deuxième rang. Chez les hommes, McGill qui avait terminé au 3e rang l’an dernier a pris la 4e position cette fois-ci.
Avant la compétition, l’entraîneur-chef de l’équipe féminine de McGill, Peter Carpenter a reçu le prix d’entraîneur de l’année au Canada. Puis, Raphaëlle Tremblay de l’Université Laval a été nommée recrue féminine de l’année. Enfin, Erik Leinseisen de McGill a été récompensé pour son service communautaire.

Lors des compétitions, la première représentante d’une université québécoise à monter sur le podium fut Romane Hereng des Carabins de l’Université de Montréal avec une 3e place au 100 m. brasse. Elle a ensuite ajouté une deuxième médaille de bronze le lendemain au 200 m. brasse. Raphaëlle Tremblay a suivi avec une 3e place au 400 m. libre. Puis, Mats Baradat de McGill a mis la main sur l’argent au 400 m. libre chez les hommes. Son coéquipier Loïc Courville-Fortin a lui aussi décroché l’argent au 200 m. libre. Et pour finir la journée, le relais féminin du 800 m style libre de McGill (Naomi Lo, Elizabeth Ling, Iris Tinmouth, Maya McGhan) a ajouté une autre médaille d’argent.
Lors de la 3e et dernière journée de compétition, Naomi Lo de McGill a débuté avec une 2e place au 200 m. papillon. Puis, sa coéquipière Elizabeth Ling a pris le 3e rang au 100 m. libre. Loïc Courville-Fortin est ensuite allé chercher une deuxième médaille, cette fois le bronze au 200 m. dos. Enfin, Iris Tinmouth, aussi de McGill, a quant à elle mis la main sur le bronze au 800 m. libre.
À noter que Loïc Courville-Fortin a fracassé huit records lors de la compétition. Quatre de McGill et quatre du RSEQ.
De bonnes performances individuelles aux championnats d’athlétisme
Les meilleurs athlètes universitaires au Canada avaient quant à eux rendez-vous à Windsor. Ce sont les Mustangs de Western qui sont sortis grands gagnants des compétitions par équipe avec les titres féminin et masculin. Du côté des équipes québécoises, la récolte n’a pas été la plus spectaculaire. Le Vert & Or de Sherbrooke avec une 9e place chez les hommes et le Rouge et Or de Laval avec une 6e chez les femmes ont été les meilleures de la Belle Province. Mais plusieurs bonnes performances individuelles sont assurément à souligner.
Donna Ntambue a été la première médaillée québécoise de la compétition avec une 3e place au 60m. Sarah Dulude Bellavance de Laval a terminé 5e de cette épreuve. Chez les hommes, les deux espoirs des Carabins, Rabbi Bositampen et Gabriel Mompoint n’ont pas été en mesure de se qualifier pour la finale. Ce dernier souffrait d’une blessure à l’ischio-jambier droit subie lors de la finale du championnat provincial. Malgré de bonnes sensations lors de sa préparation, la blessure a refait surface lors des qualifications. Ce qui l’a également empêché de prendre part au relais 4x 200m..
Le lendemain, Maoly St-Germain, l’athlète féminine par excellence au Québec cette année a décroché l’argent au 60 m. haies et pris la 4e place au saut en longueur à deux centimètres du podium. Puis son coéquipier Grégory Michel, lui aussi athlète par excellence au Québec, a gagné la course masculine du 60m haies.

Mia Larochelle de l’Université Laval est ensuite monté sur la 3e marche du podium au 3000 m. féminin. Chez les hommes, Thomas Laviolette des Carabins a pris la 4e place de la même distance. En fin de soirée, Sabrina Lavigne, Mélina Galle, Juliette Dutruy et Camille Boudreau ont remporté le bronze au relais féminin 4×800 m. pour le Rouge et Or.
Au dernier jour de compétition, Marie-Frédérique Poulin de Laval a décroché le bronze au 600 m. avant d’ajouter une autre médaille de bronze au relais 4×200 m. avec Sarah Dulude Bellavance, Fiola Tejiofo et Laurence Jones. Poulin, Jones, Galle et Boudreau ont ensuite terminé 4e au relais 4x400m.
Leurs coéquipiers Émile Toupin avec le 4e rang du 1500 m. masculin et Anthony Labbé avec l’argent au lancer du poids ont également brillé.
Evann Mangue des Carabins de l’Université de Montréal a pris la troisième place au saut à la perche. Sa coéquipière Laurie Boisvert a quant à elle terminé 4e au saut en hauteur.
Enfin, notons les quatrièmes positions d’Édouard Lavoie-Beaulieu du Vert & Or à l’heptathlon et de Lyanna Roy du Rouge et Or au pentathlon.
Le Vert & Or pour une quatrième fois
Le volleyball est un sport magnifique quand il est joué par des athlètes aussi talentueux que ceux qu’on voit dans nos universités et nos cégeps. La semaine dernière, les Carabins de l’Université de Montréal ont conservé leur titre provincial face au Rouge et Or de l’Université Laval chez les dames. Cette semaine, c’était au tour des hommes de faire connaître leurs champions. Le Vert & Or de Sherbrooke défendait alors sa triple couronne face au Rouge et Or.
Le match #1 disputé à Sherbrooke a commencé avec plus d’une heure de retard parce que l’autobus du Rouge et Or a subi une crevaison en chemin. Pas chanceux les gars de Québec. C’est la deuxième fois cette année qu’un tel incident leur arrivait. Mais ça n’a assurément eu aucun effet sur la rencontre. Le Vert & Or l’a emporté en trois manches consécutives 25-19, 25-22 et 25-21.

La différence est venue du jeu au centre où Sherbrooke a eu nettement le dessus. Elliot Collard a été simplement magistral avec une efficacité en attaque de ,846. Son coéquipier Julien Vanier a aussi bien fait avec des frappes percutantes en fin de 2e manche notamment. De l’autre côté du filet, Jacob Gendron a été excellent pour Laval, mais ce fut plus difficile pour Jonathan Addy qu’on a senti hésitant au contre à plusieurs moments. Et au-delà des statistiques, on a vu Sherbrooke jouer son meilleur volley à la fin des sets, là où ça comptait le plus.
Lors du second match, au PEPS, Sherbrooke semblait sur une autre planète. Tout semblait fonctionner alors qu’on a eu besoin que de 64 attaques pour venir à bout de Laval en trois manches de 25-19, 25-18 et 25-19. Avec une efficacité collective à l’attaque de ,406, seulement huit erreurs et un avantage évident au contre, le Vert & Or n’a jamais permis à ses adversaires de donner des moments de réjouissance aux partisans sur place.
Au total des deux rencontres de la finale, il faut souligner les 22 attaques marquantes en 55 tentatives de l’attaquant opposé, Yoan David. Le vétéran de 5e année qui a souffert de blessures au dos et à une main est dans une forme resplendissante depuis le retour des Fêtes. C’est de très bon augure pour le championnat canadien. Le Vert & Or ira pour un quatrième podium national de suite, mais surtout, on voudra enfin mettre la main sur l’or après deux finales perdues au cours des deux dernières années.
Pas de médailles pour le Québec aux championnats collégiaux
Pendant ce temps se déroulaient les championnats canadiens de volleyball collégial. Du côté masculin, les Griffons de l’Outaouais représentaient le RSEQ. Avant le début du tournoi, l’attaquant étoile Félix-Antoine Perron a reçu le titre de joueur par excellence au Canada.
Cependant, le titre de Perron n’a rien pu faire pour contrer la nervosité qui s’est emparée des hommes de Daniel Cuzmar Grimalt. Malgré un adversaire qui semblait prenable au premier tour, les Griffons se sont inclinés en quatre manches. Et le lendemain, alors qu’on tentait de se relever dans le but de gagner le premier de trois autres matchs et ainsi espérer une médaille de bronze, les gars de l’Outaouais se sont à nouveau avoués vaincus en quatre sets.
Une déception pour cette équipe qui avait de grands espoirs, mais une expérience acquise assurément. Perron, le passeur Olivier Boulay et le central Maxime Tremblay en étaient à leur derniers matchs collégiaux avant d’amorcer l’aventure universitaire. Les deux premiers iront rejoindre le Rouge et Or, tandis que Tremblay sera à Sherbrooke.
Chez les femmes, les Élans de Garneau ont mieux débuté leur tournoi avec une victoire au premier tour qui leur assurait une place en demi-finale. Elles se sont toutefois inclinées face à Lakeland, les éventuelles championnes avant de gagner contre Mount Allison. Elles étaient ainsi qualifiées pour le match de médaille de bronze.
Remportant la première manche 25-21, les Maëli Cormier, Marilou Couture, Florence Campeau et cie étaient bien parties. Par contre, elles ont baissé pavillon lors des trois suivantes pour finalement terminer au 4e rang. Cormier a néanmoins été élue sur la première équipe d’étoiles du tournoi et Couture sur la seconde. Les deux joueuses poursuivront leur carrière au sud de la frontière dans la NCAA.

Ne ratez pas la semaine prochaine les quatre championnats canadiens de basketball. Femmes et hommes. Universitaires et collégiaux. D’ailleurs, le championnat collégial masculin se déroulera au cégep Vanier à Montréal. Une belle occasion de voir du très bon basket.
De plus, le championnat canadien de volleyball universitaire féminin sera aussi disputé en fin de semaine. Les Carabins de l’Université de Montréal tenteront de mettre fin à une disette de 10 ans sans podium national pour nos équipes québécoises à ce tournoi.
