Crédit photo : Rouge et Or

Si les championnats de volleyball collégial ont donné du grand spectacle en fin de semaine, ce ne fut pas moindre du côté universitaire. Les demi-finales, même si on les a vues en différé, nous ont fait lever de notre siège à plusieurs reprises. Si on s’attendait à voir deux équipes de l’Université de Sherbrooke se qualifier pour les finales masculine et féminine, ce sont plutôt deux équipes de l’Université Laval qui en seront.

Pour participer à la campagne de sociofinancement de Bulletinsportif : https://gofund.me/553aea49

Montréal à l’arraché, Laval contre toute attente

Chez les femmes, la bataille entre les Carabins et le Vert & Or a duré toute la saison et la plupart des observateurs voyaient ces deux équipes régler leurs comptes en grande finale. Non seulement, ce n’est pas ce qui se passera, mais le chemin pour s’y rendre a été jonché d’obstacles. Et nous avons été choyés de regarder les quatre équipes en lice tout donner pour les traverser.

D’abord, les Carabins classées #1 affrontaient les Martlets, quatrième équipe qualifiée. En se fiant aux résultats de la saison régulière, en mettant dans la balance l’expérience et en ajoutant l’avantage de débuter la série devant leurs partisans, il était assez facile de voir les Carabins comme claires favorites. Cependant, McGill arrivait au CEPSUM sans complexe, confiante en son talent et dirigée par une Rachèle Béliveau à qui on souhaitait assurément permettre d’étirer au maximum la carrière.

Le premier match a donné lieu à une grosse surprise alors que les Martlets ont soutiré la victoire aux Carabins. Ces dernières avaient réussi néanmoins à effacer un déficit au milieu du premier set pour ultimement l’emporter 28-26. Par contre, les Martlets ont ensuite continué de jouer un jeu efficace pendant que les Carabins ont semblé ébranlées pour une rare fois cette saison.

Profitant d’erreurs à l’attaque de Montréal, McGill menée par Elyssa Lajmi et Rachel Leduc marquait avec régularité. Les Martlets ont enchaîné les victoires 25-18, 25-23 et 25-21 pour prendre les devants dans la série demi-finale. Mais surtout, on allait jouer le deuxième match à McGill sans marge de manoeuvre pour les championnes en titre.

Le lendemain, devant une foule bruyante, les Carabins ont dû sortir le grand jeu pour éviter l’élimination. Au premier set, les Martlets ont pris l’avance 14-9, puis 20-15 avant de voir Montréal inscrire 7 points consécutifs. Mais McGill a su arrêter l’hémorragie pour revenir dans la bataille jusqu’à finalement sauver deux points de manches à 22-24 et l’emporter 28-26. Le 2e set semblait dans la poche pour Montréal quand elles ont rapidement pris les devants 12-3, mais les Martlets n’ont jamais baissé les bras réduisant l’écart à 19-17. Les Carabins ont néanmoins gagné le set 25-20 sur deux solides frappes de la recrue par excellence, Florence Lapointe.

La 3e manche a été à l’avantage des Carabins, 28-26 après que McGill aient sauvé trois balles de manche à 24-21. La 4e manche fut encore chaudement disputée jusqu’à ce qu’une séquence au service de Sandrine Méthot aidée d’attaques de Charlotte Chouinard-Laliberté permette à McGill de creuser un écart de quatre points à 20-16. Les Martlets l’ont finalement emporté 25-20 pour forcer la tenue d’un set ultime et acculer les Carabins au pied du mur.

Enfin, au 5e, les Carabins ont rapidement pris les devants 5-2 avant de voir McGill revenir à 5-4, mais la centrale Julia Lanthier s’est ensuite interposée. D’abord avec une attaque percutante, puis un bloc pour placer Montréal en avant 8-4 au changement de côté. Une solide série de services de l’excellente Florence Cloutier et du gros travail à l’attaque de Myriam Kayser-Tourigny et Florence Lapointe ont permis de fermer les livres 15-9. Tout le monde allait devoir se retrouver de l’autre côté du Mont-Royal pour un troisième match.

Cette fois, la troupe d’Olivier Trudel a joué comme l’équipe imperturbable qu’on connaît. À 9-8 au 1er set, les Carabins ont inscrit 11 des 13 points suivants et finalement l’emporter 25-17. Au 2e, les Carabins ont rapidement pris les devants 8-4. Bien que McGill se soit relevé pour créer l’égalité 9-9, Montréal est demeurée en contrôle reprenant une avance de 20-14 avant de l’emporter 25-20. Enfin, en 3e manche, les Martlets ont tout donné pour revenir dans la rencontre, prenant même les devants 21-18. Cependant, tour à tour, Lapointe, Cloutier et Lanthier ont bien travaillé au filet pour renverser la vapeur et obtenir deux points de match à 24-22. McGill a comblé l’écart, mais les Carabins ont obtenu un 3e point de match et n’ont pas raté l’occasion d’en finir cette fois-ci Myriam Kayser-Tourigny a contré l’attaque adverse.

À noter dans cette demi-finale le travail des deux passeuses, Sarah McGlashan pour Montréal et Selima Guidara pour McGill. Elles ont distribué les balles avec précision et créativité tout en jouant un rôle crucial en défensive. Une très belle série qui annonce un avenir radieux à McGill et qui sonne du même coup le glas de la carrière de Rachèle Béliveau. Un très grand nom du volleyball québécois qui prend une retraite méritée après 34 années de coaching suivant une prolifique carrière de joueuse.

L’autre demi-finale a été encore plus folle. La logique voulait que le Vert & Or s’impose devant le Rouge et Or, mais l’équipe d’Olivier Faucher a démontré une intensité, un aplomb et une volonté suffisante pour inspirer un film d’Hollywood. Béatrice Lamarche m’avait confié en entrevue pour le podcast en début de saison que son équipe était spéciale cette année. La preuve en est maintenant faite.

Le premier match disputé à Sherbrooke a été à l’avantage du Vert & Or en trois manches. Sauf que ce ne fut pas une promenade dans le parc pour la bande à Claude Tremblay alors que deux manches ont dû aller au-delà des 25 points pour départager les deux équipes. Sherbrooke a dû combler un déficit de 15-8 et 21-16 pour finalement l’emporter 31-29 sur un retentissant kill de Béatrice Dubreuil. Par la suite, une séquence de 7-2 en faveur de Sherbrooke au milieu du 2e set les a menées à un gain de 25-18. Au 3e, le Rouge et Or avait pris les devants 12-6, mais comme en première manche, le Vert & Or a grugé cette avance jusqu’à prendre les devants 20-16. Laval est revenu à son tour, mais finalement Sherbrooke a été en mesure de fermer les livres 26-24.

Le deuxième match, au PEPS, est un moment qui restera probablement gravé dans les mémoires du programme de volley. Après une première manche serrée encore une fois gagnée par le Vert & Or 26-24 et une deuxième 25-20 à l’avantage de Sherbrooke, la marge de manoeuvre était complètement inexistante pour Laval. Cette fois, Faucher a décidé de faire débuter la manche à sa recrue Anne-Sofie Charette à la place de Roxane St-Amand à l’aile. Le Rouge et Or a pris une avance de 10-6 et l’a maintenue jusqu’à 24-20. Mais des attaques marquantes de Dubreuil, Maranda, Dubreuil et Minier, puis un as de Mali Gaudreau ont donné un point de match et une occasion d’en finir pour Sherbrooke.

Laval a été en mesure de s’en sortir une première fois, mais une attaque en puissance de Telfort a donné un second point de match à Sherbrooke et encore une fois, Laval a été en mesure d’éviter l’élimination notamment grâce à une défensive in extremis de la passeuse Dahlie Bourgeois avant de voir Telfort frapper une balle à l’extérieur du terrain. Puis avec point de match au tour de Laval, c’est Anne-Sofie Charette qui a récupéré deux balles en s’étirant de tout son long sur des attaques sherbrookoises avant de voir Justine Raymond marquer le point décisif. 28-26 Laval.

Au quatrième set, Sherbrooke a bien cru que les choses allaient dans leur sens quand elles ont pris les devants 22-19, mais Laval a inscrit les quatre points suivants avant de finalement forcer un 5e set avec un as de Bourgeois pour l’emporter 26-24. Et la manche ultime a été tout simplement folle. C’était 8-3 en faveur de Sherbrooke au changement de côté. Puis Maranda y est allée d’un gros bloc sur Raymond pour ajouter à l’avance. Mais le Rouge et Or n’a jamais abandonné. On a remonté pour prendre l’avance 12-10 avec Lamarche et Raymond qui frappaient sans peur dans chaque passe reçue, Dahlie et Goupil qui bloquaient tout devant elles et Charette qui passait l’aspirateur en défense. C’est ultimement Alexandrine LeRoy-Audy qui a bloqué la dernière balle pour mettre la touche finale à cette rencontre 15-12 au 5e.

Un match fou. Complètement fou.

La table était mise pour le 3e match à Sherbrooke. Le Rouge et Or a transporté son momentum du match précédent pour contrer l’avantage de la foule de leurs adversaires. La première manche s’est terminée 25-21 pour Laval sur un as de LeRoy-Audi. On a ensuite enchaîné avec un solide 25-14 pour à leur tour coller le Vert & Or au mur. Mais celles-ci ont répondu avec un 25-19 pour demeurer en vie.

La 4e manche a été serrée jusqu’à 8-8, mais le Rouge et Or s’est mis à offrir un jeu sans faille tandis que le Vert & Or accumulait les erreurs à l’attaque. À un certain point, on sentait le poids sur les épaules de Sherbrooke pendant que tout souriait à Laval. Ces dernières ont finalement clos le débat à 25-16 pour assurer leur qualification en finale. Une bonne surprise pour beaucoup d’observateurs.

Un classique du sport universitaire québécois Rouge et Or-Carabins pour déterminer les championnes de notre volleyball et du même coup nos représentantes au championnat canadien.

Pour une analyse complète des demi-finales féminines, ne manquez pas la chronique de Gabrielle Archambault cette semaine au podcast Bulletinsportif.

La logique respectée chez les gars

Les équipes classées #1 et #2 au classement seront les protagonistes de la finale chez les hommes. Néanmoins, cette logique respectée a eu besoin de travail.

Les triples champions en titre, le Vert & Or de Sherbrooke, recevaient les Carabins de l’Université de Montréal. Le premier match, disputé à Sherbrooke a duré trois manches, 25-13, 25-21 et 28-26. Pas trop d’histoire si ce n’est que cette troisième manche allait donner un certain avant-goût du deuxième match, au CEPSUM.

Le Vert & Or avait pourtant entamé la rencontre de bonne façon en prenant une avance de 17-11 au premier set. Mais les Carabins ont remonté la pente jusqu’à 23-24. Malheureusement pour eux, le service de Guillaume Bisson a terminé sa route dans le filet. La remontée n’a pas pu être complétée. La deuxième manche a été l’affaire de Sherbrooke du début à la fin alors que l’avance de 13-4 rapidement prise s’être transformée en gain de 25-16.

Au 3e set, les invités semblaient en mesure de régler l’affaire quand Elliot Collard a contré une tentative au centre de Pierre-Charles Latour-Bourgeois pour faire 14-10. Cependant, les Carabins n’avaient pas dit leur dernier mot en allant chercher sept des huit points suivants. À partir de là, on s’est maintenu à courte distance. Les Bleus ont eu deux balles de manche à 24-22, mais Yoan David s’est interposé avec une grosse attaque marquante suivie d’un bloc aux dépens de Guillaume Bisson. Montréal a ensuite évité l’élimination à sept reprises avant de voir Sherbrooke rater deux attaques successives pour gagner la manche 33-31.

Enfin, les Carabins ont tout tenté au 4e set. Créant un écart de 6 points à 15-9, les hôtes n’ont cependant pas été en mesure de garder le rythme. Le Vert & Or a repris le chemin perdu prenant les devants 19-18 sur un as de Yoan David. Les Carabins se sont tout de même accrochés pour obtenir encore une fois deux points de manche à 24-22. Le Vert & Or a été en mesure de sauver la mise et les deux équipes se sont ensuite échangé les chances avant que Hugo Ouellet ne mette la touche finale avec deux kills de sa position en 4. Solide bataille.

Pendant ce temps à Québec, le Rouge et Or recevait la visite des impressionnants Reds de l’Université du Nouveau-Brunswick. L’équipe qui joue à deux passeurs mise sur un duo d’attaquants qui a causé des problèmes au Rouge et Or en saison régulière, Eduardo Luchese et Jacob Harris. Néanmoins, Laval avait la chance de pouvoir disputer tous les matchs à la maison.

La première confrontation a nécessité cinq manches. Après avoir gagné les deux premières 25-15 et 25-23, les hommes de Gino Brousseau ont laissé filer les deux suivantes par un pointage identique de 25-21. Laval a pris l’ascendant en créant un écart de trois pour mener 8-5 au changement de côté, puis ils en ont ajouté quatre autres après la pause. Finalement, le Rouge et Or a pu ressortir avec la victoire 15-11.

La stratégie offensive de Laval était claire comme de l’eau de roche dans cette rencontre. La balle allait à Max Losier ou Terrell Tchouassi. Les deux puissants attaquants ont frappé 104 des 157 attaques de leur équipe.

Le match #2 a été complètement différent. UNB n’a donné aucune chance à Laval avec un 25-17, 25-19 et 25-20. Le Rouge et Or n’a jamais eu l’avance dans la rencontre quand le pointage atteignait la barre des 5. Si Tchouassi a été dominant au premier match, l’histoire a été toute autre cette fois-ci.

Un match ultime a donc été nécessaire. Et Laval est arrivé dans un meilleur état d’esprit. La première manche a été l’affaire des locaux alors que la réception était au rendez-vous et que le passeur St-Aubin a pu distribuer les ballons un peu partout. C’est néanmoins Max Losier qui a été celui qui a marqué les derniers points pour aller chercher le set.

Au deuxième, on a eu une bataille serrée. À 17-16 en faveur de Laval, UNB y est allé de quelques bijoux défensifs pour inscrire cinq points de suite avant de l’emporter 25-21. À la 3e, le rouge et Or a répliqué avec aplomb en l’emportant 25-17. Max Losier au service et Jacob Gendron au contre ont été dominants dans cette manche. Puis au 4e set, c’est UNB qui a profité d’une grosse séquence au service d’un de ses joueurs vedettes, Jacob Harris, pour se forger une avance de 18-13. UNB a fini le travail 25-21.

La 5e manche du 3e match était la cerise sur le sundae de cette série où le balancier du momentum bougeait allègrement. Ce furent d’ailleurs les Reds qui ont amorcé la manche ultime en force prenant les devants 4-1, puis 5-2 en utilisant abondamment Luchese. Mais deux attaques marquantes de Patrick Mainville ont mené le Rouge et Or qui ont créé l’égalité 5-5. Mais UNB a repris une avance de trois jusqu’à 9-6. Puis Laval a répliqué pour recréer l’égalité à 10-10 sur une attaque en puissance de Losier. On s’est tenu ainsi jusqu’à 13-13.

Avec le match sur la ligne, St-Aubin a utilisé son homme de confiance Max Losier deux fois plutôt qu’une au 3 mètres pour obtenir une balle de match. Et de leur côté, les Reds ont tout tenté en remettant leur sort entre les mains de Jacob Harris. L’attaquant a tenté de frapper les mains des contreurs, mais il a raté son coup et le ballon a terminé sa course à l’extérieur du terrain pour donner la victoire aux Québécois.

On aura donc une reprise de la finale de l’an passé entre Laval et Sherbrooke. Les deux formations auront cependant une pause d’une semaine puisque la finale se jouera durant la fin de semaine du 7 au 9 mars. Le Vert & Or pourra-t-il alors retrouver les services de Grégoire Mercier-Noël? À suivre…