Crédit photos : Michael Pigeon
Les Élans de Garneau et les Griffons de l’Outaouais seront nos représentants aux championnats canadiens de volleyball collégial 2025. Ça, ce sont les faits. Et quiconque ne regarde que les résultats finaux pourrait en conclure que ce n’est que logique. Cependant, pour y arriver, les équipes ont eu à offrir le meilleur d’elles-mêmes dans des finales où l’émotion a été à fleur de peau du début à la fin. Du très grand volleyball, du très grand sport.
Pour participer à la campagne de sociofinancement de Bulletinsportif : https://gofund.me/553aea49
Je vais tenter du mieux que je peux de résumer l’action, ce que j’ai vu, ce que j’ai ressenti. Évidemment, je ne nommerai pas chaque joueuse, chaque joueur, chaque entraîneur, chaque arbitre, organisateur, parent, chaque frère, soeur, ami, blonde, chum, ou simple fan présent au Centre sportif du cégep Édouard-Montpetit. Mais l’événement n’aurait pas été ce qu’il a été sans toutes ces personnes.
J’en ai vu du sport dans ma vie, de tous les niveaux. De la passerelle au Centre Bell en séries aux abords d’un terrain de soccer impraticable dans un champ sur la couronne Nord de Montréal avec des kids de 9 ans, j’ai assisté à toutes sortes de moments d’émotions fortes. Dimanche, le 23 février 2025 restera gravé dans ma mémoire. Sourires, larmes, sueur, cris. Merci pour ça, c’était sincèrement merveilleux.
Revenons au terrain maintenant. Parce qu’il s’en est passé des affaires entre 9h30 et 20h30.
Le bronze pour Lionel-Groulx
Après avoir battu les Griffons de l’Outaouais au premier tour, puis avoir baissé pavillon contre les Élans de Garneau, les Volontaires de Sherbrooke menées par l’excellente Alicia Thibodeau se présentaient pour le match de médaille de bronze. Devant elles, les Nordiques de Lionel-Groulx, championnes en titre du RSEQ qui avaient d’abord éliminé les tenaces Cavaliers de Bois-de-Boulogne avant de s’avouer vaincues en cinq manches face aux Lynx d’Édouard-Montpetit en demi-finale.

Le match s’annonçait fort intéressant. Après avoir vu les deux équipes se partager les manches 1 et 2, on sentait que la bataille pour la 3e place serait âprement disputée et que les changements de momentum risquaient d’être nombreux. Sauf que les Nordiques sont passées à la vitesse supérieure au 3e set. Des services de haute qualité ont gardé les Volontaires sur les talons et empêché les Thibodeau et Imbeau d’obtenir des opportunités avantageuses. De l’autre côté du filet, le travail des centrales Maory Lariveau et Julia Tourigny a été impeccable autant au contre qu’à l’attaque alors qu’Ève Gaulin se présentait sous son meilleur jour. Résultat, Lionel-Groulx a dominé le 3e set 25-12.
Les Volontaires ne se sont certainement pas laissée abattre. Elles ont amorcé la 4e manche avec conviction et ont profité d’une série au service de Thibodeau pour se forger une avance de 18-12. Les échanges étaient longs et les libéros des deux équipes rivalisaient d’adresse pour garder les ballons en jeu. Mais Sherbrooke trouvait des façons de sortir des échanges avec les points. Sauf qu’après le temps mort demandé par Danyk Sauro, les Nordiques ont complètement fait changer le vent de côté en inscrivant les sept points suivants au service de Sarra Guidara. Puis après s’être échangé quelques points, c’est la gauchère Maude Brodeur qui est venue mettre le point final au match pour les Nordiques avec deux attaques marquantes suivies d’un as.

Maory Lariveau et Alicia Thibodeau ont été nommées joueuses du match pour leur équipe respective.
Les Titans de Limoilou se relèvent
Après une demi-finale difficile face aux Volontaires de Sherbrooke, les Titans de Limoilou affrontaient les Cheminots de St-Jérôme dans le match pour l’obtention de la médaille de bronze chez les hommes. Les Cheminots avaient d’ailleurs joué du gros volleyball contre les Griffons de l’Outaouais en demi-finale. On s’attendait donc à un match fort intéressant.

La première manche a été très serrée. Limoilou a pris une avance de 22-18, mais St-Jérôme a su profiter de quelques erreurs pour remonter à 22-21. Rock Picard a même procédé à un changement de passeur pour tenter de retrouver une meilleure cohésion, mais sans succès au point où on s’est rendu à 24-24. Sauf que Thomas Boccardi avec une grosse attaque du 3 mètres, puis un solide bloc de Zachary Desfossés sur Vincent Tremblay ont permis à Limoilou de prendre les devants une manche à zéro.
Les Titans ont semblé fouettés en début de 2e, prenant les devants 7-0, puis 14-5 avant de l’emporter 25-13. On a eu un scénario semblable en 3e manche quand les Titans menaient 12-5, puis 19-11, jusqu’à 25-14. Une performance convaincante de la part de Limoilou pour mettre une touche positive à cette saison 2025, malgré que l’équipe aurait souhaité une autre couleur de médaille.

Zachary Desfossés et Vincent Tremblay ont été élus joueurs du match pour Limoilou et St-Jérôme respectivement.
St-Jérôme a tout de même montré des choses intéressantes dans ce tournoi. Le départ de Vincent Tremblay chez les Carabins la saison prochaine aura un effet, mais le reste de la formation est très jeune et le talent est là.
Mention spéciale à Coach Brunet qui a connu des ennuis de santé cette saison. L’entraîneur-chef des Cheminots est un homme fort apprécié de ses joueurs, mais également de la communauté du volleyball collégial. On lui avait d’ailleurs réservé un bel accueil vendredi dernier quand les équipes présentes ont salué son retour sur le banc des siens.

Une finale d’anthologie entre Garneau et Édouard-Montpetit
Après les matchs de bronze, c’était au tour des grandes finales. Les estrades se sont remplies de tous les côtés et sur tous les étages du gymnase quand les Élans de Garneau et l’équipe hôtesse, les Lynx d’Édouard-Montpetit, ont pris place sur le terrain. Les Élans faisaient figure de grandes favorites. Fortes d’une performance impeccable face aux Volontaires de Sherbrooke en demi-finale où les Audrey Bizeau, Maëli Cormier et Marilou Couture ont été dominantes, elles étaient l’équipe à battre. Les Lynx quant à elles allaient devoir jouer leur meilleur volleyball.
Dès la première manche, on a eu droit à un niveau de jeu extrêmement relevé. Des services agressifs, des défensives efficaces, des passes créatives, des attaques puissantes et intelligentes et des contres solides. Les Lynx sont arrivées sans aucun complexe. Prenant les devants 18-14, elles ont cependant vu les Élans remonter la pente. Puis, les Lynx ont repris les devants 24-21.
On croyait bien qu’Édouard-Montpetit avait conclu les choses quand Couture a frappé une balle à l’extérieur, mais une faute de filet a été déclarée. Les Élans ont profité de ce dernier souffle pour inscrire trois autres points consécutifs. Descheneaux et Chartier ont ensuite redonné les devants aux Lynx 26-25. Mais après un service raté, Édouard-Montpetit a vu Garneau inscrire les deux points qui manquaient pour se sauver avec la première manche.

En deuxième manche, les Lynx ont encore une fois pris des avances importantes de 18-12, puis jusqu’à 24-17. Tout le monde se préparait à ce qu’on retourne en pause à 1-1. Sauf que les Élans ont démontré une force de caractère extraordinaire. Audrey Bizeau a alors connu une séquence au service comme on en voit rarement. Huit services consécutifs où elle a mis toute la gomme et attaqué la libéro adverse sans relâche. Ses coéquipières Thibodeau et Cormier ont réussi des récupérations défensives spectaculaires alors que Jessica Mireault y allait de jeux efficaces au centre et que Marilou Couture faisait l’étalage de tout son arsenal. Bizeau a terminé le tout avec une offrande plus courte pour surprendre les Lynx et marquer l’as décisif. 26-24 Garneau.
2-0 Garneau. Deux sets que les Lynx contrôlaient. À quel point est-ce que l’équipe de Louis-Michel Bergeron allait être affectée mentalement et émotivement? C’était la question. Le début de la 3e manche a été joué de façon serrée. Les deux équipes continuant de s’échanger coup pour coup. Garneau menait 14-12, avant de voir les Lynx mettre la pédale au fond pour aller l’emporter 25-18. Sophie Descheneaux y est d’abord allée d’une attaque puissante en diagonale avant de terminer le set avec une série de quatre services. Une séquence pendant laquelle Marilou Durocher a bloqué deux fois la dangereuse Maëli Cormier.
La quatrième manche a encore une fois été l’affaire des Lynx. Descheneaux, Chartier, Vanalderwerelt, Durocher, Frigon, Tatasciore, Robichaud et Billette ont été sublimes, démontrant une cohésion dans tous les aspects du jeu. À un certain moment, on sentait les joueuses de Garneau se demander par où passer pour marquer des points. Cet autre gain de 25-18 forçait la tenue d’un 5e set. Un dénouement logique pour un tel match.
L’intensité était à son comble. La foule rythmée par les cris des gars de l’équipe de football des Lynx était en feu. Le stress se sentait alors qu’à certains moments on a préféré retenir notre élan à l’attaque pour éviter les erreurs plutôt que de prendre des risques en y allant agressivement. Au changement de côté, les Lynx étaient en avant 8-7. Le pointage est monté à 10-10 avant de voir Sophie Descheneaux inscrire deux attaques marquantes consécutives pour donner les devants 12-10 aux Lynx. Deux échanges plus tard, on en était à 13-11.

Une frappe d’Élodie Chartier dans le filet a ramené le pointage à 13-12. Mais celle-ci s’est reprise avec un amorti au centre pour donner deux balles de championnat à Édouard-Montpetit. La première s’est terminée par un superbe bloc de Mireault sur Emma Vanalderwerelt. Sur la seconde, celle-ci a tout juste frappé à l’extérieur sur une passe courte. Mais on a obtenu une autre chance quand le service de Maëli Cormier s’est retrouvé à l’extérieur du terrain. À son tour toutefois, Marilou Durocher a commis la même erreur. 15-15 et là, c’était Audrey Bizeau au service pour Garneau. Avec un sang-froid impressionnant la #12 a frappé un as, avant d’exécuter un autre excellent service dont la réception s’est retrouvée en position parfaite pour que Jessica Mireault rabatte le ballon en territoire des Lynx. Victoire 17-15 Garneau.
Un match formidable. Un souvenir impérissable pour tous ceux et celles qui y ont assisté. On ne peut qu’en remercier les joueuses. Après le match, Couture, Cormier et Bizeau ont toutes trois attribué le résultat à la préparation mentale par le groupe d’entraîneurs des Élans. Il fallait assurément une force herculéenne entre les deux oreilles pour surmonter autant d’adversité dans une finale si émotive où la foule n’était clairement pas de leur côté. Bravo!
Sophie Descheneaux et Audrey Bizeau ont obtenu les titres de joueuses du match pour cette finale.
Une première depuis 2013 pour les Griffons
La finale masculine a aussi offert cinq sets de gros volleyball. Les Volontaires de Sherbrooke avec David Chaput en tête affrontaient les champions de la saison régulière, les Griffons de l’Outaouais menés par le joueur par excellence du volleyball collégial masculin, Félix-Antoine Perron.

On s’est partagé les honneurs des deux premières manches avec des pointages qui indiquent un avantage clair. D’abord 25-18 pour l’Outaouais, puis 25-15 pour Sherbrooke.
En première, le pointage était de 15-15 avant que les Griffons ne prennent avantage de quelques difficultés en réception par les Volontaires. Cédric Sutcliffe et Perron ont soulevé la foule avec des attaques percutantes alors que Maxime Tremblay a été très solide au contre. Au deuxième, c’est Justin Roy, joueur technique des Volontaires qui s’est démarqué pour mener les siens.
Le troisième set s’est déroulé à peu près tout le long avec une avance d’environ 3-4 points en faveur des Griffons. Néanmoins, les Volontaires ont été en mesure de regrimper au pointage jusqu’à 20-21, puis 22-23. Mais, Sutcliffe est allé chercher quelques attaques marquantes avant que Félix-Antoine Perron ne mette un terme à la manche sur un as quand son service a frappé le filet avant de tomber dans la piscine.
Au 4e, les Griffons ont rapidement pris leur avance de trois points et l’ont maintenue jusqu’à 12-9. Olivier Boulay distribuait les ballons allègrement aux ailes. David Chaput s’est ensuite levé avec des attaques percutantes, puis un gros bloc de Justin Roy aux dépens de Paya Namdari a placé Sherbrooke en avant 13-12. On a ensuite échangé les points jusqu’à 20-20.
Sutcliffe a d’abord frappé une balle à l’extérieur avant que Namdari ne ramène le match à égalité 21-21. Puis, Sherbrooke a repris l’avantage sur une attaque au centre par Laurent Couture. Mais Namdari a marqué à nouveau avec un kill sur la ligne à partir de sa position de 4. Mais les Volontaires ont encore répliqué sur une réussite de Roy du 3 mètres pour mettre le match à 23-22. David Chaput au service y est allé en puissance et la réception est revenue du côté de Sherbrooke, parfaite pour offrir à Couture une opportunité immanquable de donner une balle de manche aux siens. Le passeur Olivier Boulay a bloqué Raphaël Caron, mais malheureusement pour l’Outaouais, Gabriel Larivière a raté son service tout de suite après et le match était envoyé au round ultime.

Cette fois, les Griffons ont pris les devants rapidement et au changement de côté, c’était 8-3. Le service des gars de l’Outaouais et l’efficacité de Sutcliffe à l’attaque faisant leur effet. À 8-4 avec Chaput au service, Félix-Antoine Perron y est allé d’un coup d’éclat après avoir réceptionné le puissant service, il a frappé la balle passée par Boulay, un piston, qui a violemment atteint Chaput en plein visage. Malgré tout le joueur étoile des Volontaires s’est rapidement relevé.
Une attaque marquante et un bloc du central de Sherbrooke Nicolas Lefebvre ont ramené le pointage à 11-8. Puis quelques jeux plus tard, Justin Roy a réussi un gros bloc pour réduire l’écart à 12-10. Roy a à nouveau été l’homme du passeur Julien Perron pour faire 13-11, mais Sutcliffe a attrapé la petit diagonale de sa position de 2 pour donner quelques balles de match aux Griffons. Sauf que rien n’était joué. Chaput a marqué, puis Namdari a été pris à toucher le filet sur une attaque pour ramener le pointage à 14-13, forçant Daniel Cuzmar à demander un temps d’arrêt. Chaput y est allé d’un service avec un peu de retenu que Perron a réceptionné parfaitement. Boulay a remis à Sutcliffe au 3 mètres. L’attaquant a su atteindre les mains des bloqueurs avec le ballon qui a terminé sa course à l’extérieur du terrain pour finalement donner la victoire aux Griffons.
Après la rencontre, Félix-Antoine Perron a rapidement mentionné que le travail n’était pas terminé. L’objectif est clair pour lui, le championnat canadien. Quant à Maxime Tremblay, il n’a pas eu peur de dire que le stress était très élevé durant la rencontre et surtout en fin de match. On peut aisément l’imaginer car même en tant que spectateur sans parti pris, on avait le rythme cardiaque plus élevé qu’à la normale.
Perron et Chaput ont été auréolés du titre de joueur par excellence pour leur formation respective.
Du grand, grand volleyball dans une ambiance électrique disputé dans un gymnase parfait pour ce genre d’événement. La webdiffusion était A1 avec une image de qualité et une description digne des professionnels par Sébastien Hurtubise et Pascal Murray. L’organisation dans son ensemble mérite toutes les félicitations possibles. Les responsables à Édouard-Montpetit ont fait les choses de la meilleure façon. Un standard à répliquer pour l’organisation de futurs championnats.
Tout n’est pas terminé cependant. On suivra les Élans et les Griffons aux championnats canadiens qui se dérouleront du 5 au 8 mars prochains à Oshawa pour les filles et Winnipeg pour les garçons.

