Crédit photo : Rouge et Or / Mathieu Bélanger
Le rideau est levé. La saison 2024 du football universitaire est amorcée dans le RSEQ. Donc, des premiers matchs qui sont venus avec leur part de jeux où la cohésion a fait défaut, alors pas lieu d’en tirer trop de grandes conclusions.
Cependant, on a vu une grande variété dans les choix de jeux et l’utilisation du personnel. Avec un camp d’entraînement très court de deux semaines seulement, il était peut-être normal de voir autant d’essais de la part des entraîneurs.
Mes impressions.
Vert & Or 14 – Carabins 45
- Des essais et beaucoup de joueur utilisés chez les Carabins, mais également de la prudence alors que plusieurs joueurs partants n’étaient pas en uniforme pour la rencontre. Les receveurs Hassane Dosso, Carl Chabot et William Legault ainsi que le garde Adam Lachance et le secondeur Nicky Farinaccio n’y étaient pas.
- Jonathan Sénécal est déjà très en forme. N’eût été de quelques ballons qui sont passés entre les mains de ses receveurs, ses statistiques auraient été éclatantes. Même l’interception dont il a été victime est la conséquence d’une passe non maîtrisée. Ses passes en mouvement étaient précises. On surveillera cependant la blessure au bras droit du quart vedette qui l’a fait sauter quelques jeux au 3e quart.
- Le porteur de ballon des Carabins Lucas Bertet Dembele a démontré toute l’étendue de son arsenal pour en faire voir de toutes les couleurs à la défensive du Vert & Or. 140 verges de gain sur cinq courses et cinq réceptions. Son touché en début de deuxième demie était spectaculaire.
- Glodi Halafu, l’autre porteur des Bleus n’a pas à rougir lui qui a aussi touché au ballon 10 fois (3 réceptions et 7 courses) pour 99 verges de gain.
- Sans surprise, la grosse différence dans le match aura été le travail sur les lignes. Dans les deux cas, celles des Carabins ont remporté leur match pour faciliter la tâche des autres joueurs sur le terrain.
- On peut dire que le premier départ en carrière de Jérémy Fyfe avec le Vert & Or a été somme toute réussi. Au-delà des statistiques, on a vu un quart confiant qui avançait dans sa pochette, qui prenait le temps de prendre ses décisions et qui s’est permis de tenter des choses. J’ai bien aimé.
- La profondeur est intéressante dans l’offensive sherbrookoise qui évoluait elle aussi sans certaines armes importantes. Les receveurs William Marchand et Emilio Jaimes Leclair n’étaient pas en uniforme, mais Marc-André Shaw, Théo Deslongchamps et Kevin Morin ont très bien fait.
- La défensive en a eu plein les bras par contre. 540 verges, on ne voudra pas donner ça trop souvent si on veut gagner avec régularité. Disons que ce ne doit pas être simple de tester de nouvelles combinaisons de joueurs face au tenant du Hec Crighton.
- Enfin, on soulignera parmi les éléments qu’on devra assurément améliorer les 141 verges de punition chez les Carabins.
Rouge et Or 36 – Stingers 11
- La confrontation que j’attendais avec impatience m’a déçu. Je souhaitais vraiment voir les Stingers mieux contenir l’attaque de Laval. Mais le Rouge et Or a été simplement supérieur dans tous les aspects. Victoire amplemant méritée.
- Si les Dean-Rios, Quévillon, Cloutier, Masri-Fliss et Vibert avec l’aide de l’ailier rapproché Youri Gauthier peuvent maintenir et améliorer leur cohésion au courant de la saison, on risque de retrouver une offensive lavalloise comme on les aime. Quel groupe talentueux.
- Justin Éthier avait préparé un plan de match qui a été très bien exécuté. Arnaud Desjardins était calme et confiant plaçant les ballons au bon endroit. Le ballon a été remis au vétéran Alex Duff pour établir le jeu au sol en début de match. Et que dire du superbe jeu d’Olivier Cool pour le premier touché de la saison? Du grand art de la part du receveur de deuxième année.
- L’absence d’Édouard Arsenault n’a pas trop paru. Arnaud Desjardins a bien distribué le ballon aux receveurs Guillaume Cauchon, Olivier Cool, Andrew Menzies et Isaac Gaillardetz. Le porteur de ballon Mathieu Roy a capté cinq passes pour 58 verges. Ce jeune est extrêmement talentueux et offre beaucoup de flexibilité.
- Duff, Mathieu Roy, Kalenga Muganda et Angel Vital ont tous eu le ballon au moins cinq fois chacun. Avoir des porteurs frais et dispos tout le match est un luxe. Imaginez, Shawn Valentine, Rémi Nadeau et Charles Bourgault font aussi partie du groupe de porteurs du Rouge et Or…
- La profondeur sur la ligne défensive malgré les pertes des Rouleau et Desgagnés est tout aussi impressionnante. Après avoir amorcé le match avec William Quenneville, Christophe Lévesque, Enzo Esposito et Anthony Lamontagne, on a vu Thomas Gosselin, Jacob Jinchereau, Thomas Chapdelaine et Loïc Brodeur faire des jeux.
- A contrario, la ligne défensive des Stingers devra être plus efficace si l’équipe veut offrir le même genre de performances qu’en 2023. Nicholas Roy est bon pour appliquer de la pression, mais Nicholas Williams, Benjamin Bellefroid, Emilio Vidali ont eu de la difficulté à gagner leurs batailles face à la ligne offensive de Laval.
- William Castonguay a eu une soirée chargée avec 11 plaqués. Le secondeur des Stingers a dû couvrir beaucoup de terrain. Bien que la statistique puisse faire écarquiller des yeux, elle est aussi la démonstration que le ballon se rendait souvent au deuxième niveau.
- L’autre facette du jeu qui a beaucoup souffert pour les Stingers a été le jeu au sol. Le duo Tchembé-Morgan qui avait été si solide en 2023 n’a amassé que 43 verges dans le match. Marc Fortier a bien préparé ses hommes pour stopper la course et réduire ainsi grandement l’efficacité de l’attaque de Concordia.
- Olivier Roy a été limité à 31 verges par la voie des airs en deuxième demie. L’effet de l’attaque au sol anémique, de la difficulté à s’adapter au système du nouveau coordonnateur offensif, Justin Chapdelaine, ou simplement l’excellence du Rouge et Or?
- J’ai bien aimé voir Laval utiliser deux botteurs dans cette rencontre. Émile Choquet s’occupe de la précision tandis que Felipe Forteza est en charge de la puissance. À voir si l’un des deux finira par avoir la double tâche plus tard dans la saison.