Les Rebelles de Sorel-Tracy et le Boomerang d’André-Laurendeau croiseront le fer en grande finale du hockey collégial masculin D1. Les deux équipes qui ont respectivement terminé aux 3e et 4e rangs du classement de la saison régulière ont eu besoin de se rendre à la limite de cinq matchs en demi-finale pour se qualifier. Ça annonce assurément du hockey de qualité, mais également un grand moment d’une féroce rivalité.
Les deux équipes font partie de la ligue collégiale D1 depuis ses débuts en 2009-2010. Et les deux équipes sont dirigées par le même entraîneur-chef depuis 2009-2010. C’est donc dire que l’historique est bien chargé entre ces deux organisations. Une rencontre au sommet entre ces deux rivaux de longue date ne peut qu’ajouter un chapitre fort intéressant au grand livre du hockey collégial.
Évidemment, les Rebelles et le Boomerang se sont déjà affrontées à plusieurs occasions en séries. La première confrontation ayant eu lieu en 2010-2011. Sorel-Tracy avait alors éliminé André-Laurendeau en demi-finale. En 2014-2015, les Rebelles avaient encore gagné, mais cette fois en finale pour le seul titre de leur histoire. Et la saison suivante, pour une troisième fois, le Boomerang avait dû s’avouer vaincu, cette fois en quart-de-finale.
Puis en 2016-2017, les deux équipes s’étaient retrouvées en demi-finale et alors, le Boomerang l’avait emporté 3-0 en gagnant chacun des matchs par la marque de 3-2 dont les deux derniers en prolongation. La formation dirigée par Alexandre Dandenault allait gagner le championnat, le premier de deux consécutifs. Ce qui constituait les deuxième et troisième sacres de l’équipe du sud-ouest de Montréal.
En 2019-2020, après deux saisons plus difficiles, les Rebelles avaient réussi à se qualifier pour les séries et avaient devant eux le Boomerang dès le premier tour. Après avoir partagé les honneurs des deux premiers matchs, la pandémie a cependant forcé l’arrêt des activités et l’annulation du reste du calendrier. C’est la dernière fois que les deux équipes se sont mesurées en éliminatoires.
Ainsi, au fil du temps, les deux organisations ont eu amplement d’occasions de croiser le fer. Le style de jeu et la robustesse ont toujours été à l’honneur dans leurs confrontations. Ça a mené à quelques affrontements assez mémorables. Outre les batailles des séries, certains matchs ont marqué l’imaginaire. On peut notamment penser à la saison 2021-2022 alors que deux matchs se sont soldés avec 56 et 98 minutes de pénalité.

Mathy Tessier est venu en relève d’Alexandre Bellemare et a été un facteur clé dans la victoire contre les Filons de Thetford
L’intensité sera assurément au rendez-vous comme le souligne le vétéran du Boomerang Danel Myloserdnyy. « Je crois que ça va être une série très excitante, surtout contre nos rivaux. Ca va jouer très robuste, avec beaucoup d’émotion. Ça va être très cool de vivre ça. Je crois qu’on est prêt pour tous les obstacles possibles durant cette finale. On va se battre jusqu’à la fin. »
Même son de cloche chez Donovan Côté, meilleur compteur des Rebelles en séries avec 8 buts et 8 aides en 8 rencontres. « C’est sûr que ce sera une série très physique et avec beaucoup d’émotion. Je m’attends à une série très serrée. »
Myloserdnyy explique très clairement ce qui rend cette rivalité spéciale : « Les deux entraîneurs ne s’aiment pas vraiment, tout comme les joueurs des deux bords. La game finit toujours avec un « scrum ». C’est une rivalité créée par les joueurs. »
Celui qui a inscrit deux buts lors du 5e match de la série face à Thetford fait partie de ces joueurs qui apprécient le jeu robuste. L’attaquant de 6’3 et plus de 200 livres, qui a amassé 26 points et 81 minutes de pénalité en saison, représente très bien le type de joueur qu’affectionne Alexandre Dandenault lorsque vient le temps de bâtir une équipe pour gagner en éliminatoires.

Questionné à savoir quelle est l’ambiance au sein de son groupe à l’aube de la série finale, Dandenault a parlé de la jeunesse pour expliquer que les choses vont un peu dans tous les sens. « Je vais avouer que la « vibe » est difficile à cerner avec mes joueurs en ce moment. Une chose est certaine, ils sont contents d’être là. Ce sont des jeunes et les émotions prennent parfois le dessus. Alors, il faudra éviter les erreurs et les pénalités comme c’est arrivé dans les séries précédentes. Sorel-Tracy sait se libérer de la couverture défensive et profiter des espaces libres. »
Dandenault ajoute : « L’aspect émotionnel sera à gérer. Sorel-Tracy négocie très bien avec ce côté-là. Ils sont matures et savent le faire. On devra rester calme et continuer de faire comme on le fait depuis le début des séries. On ne concède rien, on joue au maximum, mais on frappe à l’intérieur des règles et après les sifflets on n’embarque pas dans les mêlées. »

L’entraîneur-chef des Rebelles Éric Messier étant occupé, c’est avec le responsable du programme hockey au cégep de Sorel-Tracy, Richard Farley, qu’on a discuté de la finale à venir. « Les demi-finales étaient déjà des séries 50/50 qui auraient pu aller des deux côtés. D’ailleurs, ça s’est terminé par un but au 5e match dans les deux cas. Alors la finale aussi, c’est du 50/50. Le Boomerang a des bons joueurs, mais aussi une très belle profondeur avec des gars comme Cinq-Mars et Paradis. Tout le monde connaît les forces et faiblesses des deux côtés alors je m’attends à du très beau spectacle. »
Farley ajoute : « La fébrilité se ressent même au-delà de l’équipe, c’est dans tout le cégep, dans la région. Le rayonnement va plus loin que celui de vétérans qui veulent bien finir leur carrière collégiale. Il y a une volonté de bien représenter la communauté. C’est une affaire d’équipe, tout le monde connaît son rôle et ça se passe autant dans les matchs que dans les pratiques. »
Plusieurs joueurs seront à surveiller de part et d’autre. Chez les Rebelles, Léo St-Michel, Donovan Côté, Chad Prepszl, Ilyah Arseneault-Rolland, Hugo Vézina-Fusey (s’il est en mesure de revenir au jeu), Charles-Étienne Lamy, Liam Harpin, Rémi Couture et le gardien recrue Justin Roux . Pour le Boomerang, le jeune Samuel Dion, Danel Myloserdnyy, Samuel Kimmerly, Loïc Francoeur, Lou-Olivier Charland, Antoine Lucier, Lucas Sauvé et Mathy Tessier capteront certainement l’attention.
Tous ces joueurs ont eu un impact important sur les succès de leur formation respective en saison et durant les éliminatoires. Et ils savent tous que le travail est loin d’être terminé.
Personnellement, je vais donner un avantage à l’expérience et au talent offensif brut des Rebelles de Sorel-Tracy. Cependant, André-Laurendeau aura l’avantage physique en plus de miser sur un jeu collectif très bien rodé. Je souhaite une longue série pour qu’on puisse en profiter au maximum.
Prédiction : Rebelles en 5.
