En 2022, les Stingers de Concordia et les Patriotes de l’UQTR gagnaient simultanément les championnats canadiens de hockey féminin et masculin. Une première dans l’histoire d’avoir ainsi les deux titres détenus par des équipes du Québec. Deux ans plus tard, on a toujours le droit d’espérer le refaire.

Les Stingers ont connu une saison régulière parfaite avant de mettre la main sur une troisième bannière consécutive du RSEQ. Malgré des séries qui se sont rendues à la limite contre Ottawa et Montréal, Concordia a su démontrer toute sa puissance en éliminant leurs adversaires par des pointages écrasants de 13-0 et 10-4.

Après le titre en 2022, la bande à Julie Chu a vécu une des fins les plus crève-coeurs qui soit en 2023. Alors que le championnat U Sports était disputé à Montréal, au CEPSUM, le scénario se dessinait en faveur des Stingers. Après deux périodes en grande finale face à l’équipe cendrillon du tournoi, les Cougars de Mount Royal, la marque était de 1-1. Breanne Trotter a donné l’avance aux Cougars en début de 3e, mais Rosalie Bégin-Cyr, sur un tir de pénalité, et Megan Bureau-Gagnon ont répliqué quelques minutes plus tard pour donner les devants 3-2 aux Stingers. Le travail semblait complété, mais à deux secondes de la sirène finale, Trotter a enfilé l’aiguille pour ramener tout le monde à égalité et forcer la prolongation. Puis, l’excellente défenseure Emma Bergesen a clos le débat en poussant une rondelle libre à l’embouchure du filet à la suite d’un 2 contre 1.

Crédit photo : Reuben Polansky

Cette douche d’eau froide est restée de travers dans la gorge des vétéranes Emmy Fecteau, Rosalie Bégin-Cyr, Jessymaude Drapeau et compagnie. La volonté de tout donner et d’aller rechercher ce qu’elles ont échappé sera au centre de leur motivation cette fin de semaine à Saskatoon, où elles arrivent avec le statut de favorites.

Julie Chu, qui a été auréolée du titre d’entraîneure de l’année au gala U Sports mercredi soir, et sa comparse Caroline Ouellette n’auront pas à faire preuve d’une grande originalité pour aller motiver leurs troupes. Chloé Gendreau, Léonie Philbert, Zoé Thibault, Sandrine Veillette, Justine Yelle, Megan Bureau-Gagnon, Caroline Moquin-Joubert, Alexandra-Anne Boyer, Madison Oakes et Émilie Lavoie aussi y étaient en 2022. Elles voudront absolument revivre et faire vivre à leurs plus jeunes coéquipières l’extase de la victoire ultime.

Les recrues ont du talent, beaucoup de talent. Émilie Lussier a terminé troisième pointeuse de la ligue cette saison. Elle a été choisie au sein de la deuxième équipe d’étoiles canadiennes en plus d’avoir sa place parmi celle des recrues.

Cette équipe a simplement trop de profondeur pour être considérée comme négligée peu importe l’adversaire. Cependant, dans un tournoi aussi relevé où il faut gagner chaque match pour être couronnée, rien n’est joué. Si les Stingers peuvent éviter d’avoir les lents départs qui ont caractérisé plusieurs de leurs matchs cette saison, elles ramèneront le titre au Québec.

En plus des Stingers, le RSEQ sera représenté par les Carabins de l’Université de Montréal. Classées 7e, elles auront la lourde tâche de se mesurer aux Thunderbirds d’UBC en lever de rideau. Une formation qui a présenté des statistiques semblables à celles des Stingers avec une fiche de 24-1-3 dans la conférence Canada West, inscrivant en moyenne 4,1 buts par match (4,3 pour Concordia) et n’en accordant que 1,3 (1,2).

Kelly-Ann Nadeau / Crédit photo : James Hajjar

Mackenzie Kordic et Chanreet Bassi ainsi que les défenseures Sophia Gaskell et Rylind MacKinnon mèneront l’attaque pour les Britanno-colombiennes. Mais elles feront face à une formation très coriace en défensive qu’est celle des Carabins. Avec Aube Racine dans les buts, mais également les excellentes Kelly-Ann Nadeau (2e équipe d’étoiles U Sports), Jade Picard, Kaléann Laforge et Annabel Faubert notamment en défense, ce ne sera pas simple de marquer des buts.

Et si Amélie Poiré-Lehoux, Marie Terriault et Jessika Boulanger peuvent produire à la hauteur de leur talent comme elles l’ont fait lors des séries du RSEQ, les Carabins seront à considérer pour se rendre loin. L’entraîneure Isabelle Leclaire aura beau jeu de préparer son équipe avec le rôle de négligée. Quand on a rien à perdre…

Jeudi 20h (H.E.) Saskatchewan vs Concordia et vendredi 14h Montréal vs UBC

Du côté masculin, les Patriotes de l’UQTR y seront à titre de triples champions de la conférence ontarienne. Mais il ne faudra certainement pas oublier les Redbirds de McGill, qui ont terminé premiers en saison régulière, un point devant les Pats avant que ces derniers ne les éliminent en trois matchs lors de la demi-finale.

Les Patriotes seront classés #2 et à ce titre, ils auront devant eux les Aigles Bleus de Moncton, une formation capable de produire offensivement, mais qui a eu sa part de difficultés en défensive cette année. Jérémy Lapointe, Jérémy Michel et le défenseur Jacob Dion sont les piliers de l’offensive néo-bruswickoise. Si la logique prévaut, l’UQTR devrait être en mesure de passer en demi-finale.

Simon Lafrance / Crédit photo : Simon Lahaye

Rappelons que le vétéran Simon Lafrance avec 45 points en 26 matchs a encore une fois raflé le titre des compteurs de l’Ontario en plus d’être le meilleur buteur au Canada avec 25 buts. Avec Conor Frenette, Félix Lafrance, Félix Lauzon et le défenseur David Noël, Marc-Étienne Hubert a les armes offensives pour tester la défensive des Aigles Bleus. Puis, Alexis Gravel pour protéger le filet a toute l’expérience nécessaire pour négocier avec l’intensité de l’événement.

Les Redbirds possèdent eux aussi une solide machine offensive. William Rouleau, Brandon Frattarolli, Eric Uba, Zachary Gallant et Scott Walford ont tous maintenu une moyenne supérieure à un point par match cette année. Ils miseront sur Alexis Shank devant les buts. L’ancien des Saguenéens de Chicoutimi a eu plus de difficultés contre l’UQTR en finale de l’est, mais il a stoppé 92,6% des tirs dirigés contre lui lors de la série face à Concordia et 93,1% contre Brock dans le match pour le bronze.

William Rouleau / Crédit photo : Matt Garies

Et on aura besoin de tout ce beau monde au moment de se mesurer aux puissants Thunderbirds d’UBC, champions de l’ouest. Eux aussi misent sur une attaque diversifiée avec une belle profondeur. Leur gardien Cole Schwebius (1,90 – ,913) n’est pas piqué des vers non plus. On devrait avoir une très belle confrontation.

Ça se passe vendredi à midi (Moncton vs UQTR) et 18h (McGill vs UBC), heure de l’est.

Les deux finales seront diffusées sur les ondes de TVA Sports dimanche

Je termine en mentionnant la conquête historique de Gabrielle Santerre lors du gala U Sports. La joueuse des Gaiters de Bishop’s est devenue la toute première de l’histoire du sport universitaire canadien à recevoir simultanément les titres de recrue et de joueuse par excellence au pays dans un sport par équipe.