Crédit photo : James Hajjar

On attendait avec impatience le premier affrontement entre les Carabins et le Rouge et Or. Les 18 000 fans réunis au PEPS, dont plusieurs étaient arrivés sur place aux petites heures du matin, ont eu droit à un autre chapitre coloré de la plus grande rivalité du sport québécois. La victoire des Bleus 31-14 laissera-t-elle des traces?

Il ne faudrait pas oublier non plus la victoire des Stingers de Concordia 42-24 face aux Redbirds de McGill. Concordia prend seul le 3e rang du classement et se positionne avantageusement pour se qualifier en éliminatoires.

Mes impressions.

McGill 24Concordia 42

1- Même si McGill a réussi à contrôler la ballon pour plus de 21 minutes sur 30 lors des troisième et quatrième quarts, ce ne fut pas suffisant pour avoir les devants à un seul moment dans le match pour les hommes de Ron Hilaire.

2- La bataille des unités spéciales a été primordiale dans cette rencontre. À la fin de leur première possession du match, les Stingers ont profité d’un dégagement de 60 verges d’Eric Maximuik pour repousser McGill à leur ligne de 24. Deux jeux plus tard, les Redbirds ont dégagé à leur tour et ils croyaient bien avoir récupéré le ballon échappé par le retourneur Jaylen Henry, mais une punition de 15 verges pour non-respect de l’immunité est venu mettre fin à la fête. Concordia a marqué son premier touché trois jeux plus tard.

À la fin du match, le différentiel sur les dégagements a été de 45 verges pour Concordia et de 28,9 verges pour McGill. Au football canadien, cet aspect est primordial.

3- Olivier Roy n’aura complété que 16 de ses 34 passes tentées dans cette rencontre. Mais six des passes complétées par le pivot des Stingers l’ont été pour 20 verges ou plus. Dont une pour 75 verges à Martin Blais. D’ailleurs, il s’agissait de la deuxième réception en carrière pour Blais. Sa première avait donné un gain d’une seule verge. Ça aide une moyenne.

4- Les Stingers misaient sur le retour au jeu de l’excellent receveur Jacob Salvail. Il n’a certes pas déçu avec ses cinq réceptions pour 90 verges. Heureusement car son coéquipier Ezechiel Tieide n’a mis la main que sur deux des neuf passes tentées dans sa direction.

5- Éloa Latendresse-Régimbald a complété le match avec 107 verges de gain au sol. C’était son premier match de plus de 100 verges au sol cette saison, lui qui en avait connu deux la saison dernière. L’athlétique quart-arrière n’a cependant récolté que 156 verges par la passe. 10 de ses 15 passes complétées l’ont été à Darius Simmons.

6- William Langlais a capté trois des cinq passes dirigées vers lui par ELR. Son dernier catch aurait pu permettre à McGill de gagner un premier jeu et de poursuivre une séquence importante alors que son équipe tirait de l’arrière par 9 points avec un peu plus de 5 minutes à jouer au 4e quart. Malheureusement pour lui et les siens, Dawson Pierre lui a fait perdre le ballon qui a été récupéré par Loik Gagné. Concordia en a profité pour inscrire un dernier touché et clouer le cercueil des Redbirds dès la séquence suivante.

7- Loik Gagné a probablement connu son meilleur match depuis ses débuts universitaires. Le secondeur montréalais a terminé le match avec huit plaqués solo dont deux pour perte et un sac.

Montréal 31 – Laval 14

1- Dans un match où l’intensité et la pression étaient omniprésentes, Jonathan Sénécal se devait de prendre les choses en main s’il voulait permettre aux Carabins de revenir à Montréal le sourire aux lèvres. Il peut dire mission accomplie. Ce n’est toutefois pas son bras qui aura fait la différence, mais ses jambes alors qu’il a amassé un sommet personnel de 127 verges au sol dans la rencontre.

Sénécal a terminé la rencontre avec 18 passes complétées en 33 tentatives pour un taux de succès de 54,5%, lui qui avait complété 79% de ses passes lors de deux premiers matchs du calendrier. Il au aussi été victime des deux premières interceptions de la saison. Enfin, les 157 verges que lui et ses coéquipiers ont amassé par la voie des airs sont le plus faible total de sa carrière universitaire. Il faut croire que le Rouge et Or a su pallier à l’absence de son pilier Jean-William Rouleau.

2- Si le Rouge et Or n’avait pas contenu Sénécal en début de rencontre, le pointage aurait rapidement pu être de 14-0 plutôt que 6-0. Les Carabins ont profité d’une mauvaise remise et d’un échappé provoqué par Louis-Philippe Gauthier au premier quart pour commencer des séries au 36 et au 32 de l’équipe locale. En ne permettant à Sénécal que de compléter trois de ses huit premières passes pour 35 verges, la défensive lavalloise a gardé les siens de rester dans le match.

Après 15 minutes, c’était d’ailleurs 8-6 pour le Rouge et Or gracieuseté d’un superbe jeu de passe d’Arnaud Desjardins à Édouard Arsenault pour un touché de 41 verges.

3- Après une demie, les deux meilleurs quarts du RSEQ avaient chacun tenté 20 passes et en avaient complété 12. Desjardins avait amassé 162 verges, un touché et une interception en plus d’avoir couru pour 12 verges. Tandis que le total de Sénécal était de 115 verges et une interception en plus d’avoir couru pour 34 verges. Avec un pointage de 11-9, ça promettait pour les dernières 30 minutes.

4- La deuxième demie a cependant offert un spectacle auquel je ne m’attendais pas. L’enjeu et la pression ont certainement eu un impact important sur certaines décisions, comme sur l’exécution de certains jeux. Mais à la fin, il faut lever notre chapeau aux Carabins qui auront su beaucoup mieux gérer la situation.

5- Incapable d’accumuler les verges comme il l’aurait voulu en première demie et victime d’une interception sur sa première passe tentée au 3e quart, Sénécal s’est mis à courir comme on l’en savait capable, mais comme on ne l’avait encore jamais vu.

Une course de 26 verges a mené au placement de Philippe Boyer à 7:27. Puis sur la possession suivante des Carabins qui s’est terminée au début du 4e quart, il a ajouté 57 verges sur trois portées. Ce qui a mené à une tentative de placement. Boyer a cependant vu le ballon frapper le poteau. Mais la défensive montréalaise a réussi à forcer le Rouge et Or a concéder un touché de sûreté qui portait la marque à 14-14 sur la séquence suivante, grâce au sac de Gabriel Maisonneuve.

6- Après la tentative de placement ratée de Vincent Blanchard sur 44 verges à la fin du 3e quart – son premier manquement à ses 17 derniers essais – le Rouge et Or n’a rien qui fait qui vaille autant en attaque que sur les unités spéciales. Un mélange d’excellent travail des Carabins et d’erreurs monumentales du Rouge et Or.

Avec 8:25 à jouer et un pointage de 14-14, Arnaud Desjardins a lancé une passe directement dans les mains de Guillaume Perrier qui a franchi les 14 verges le séparant de la zone des buts de Laval. Une douche d’eau froide suivie de deux séquences offensives qui ont donné 5 verges en quatre jeux.

Puis avec 2:33 à jouer, alors que tout était encore parfaitement jouable pour les locaux, c’est le retourneur Olivier Cool qui a échappé le dégagement de Boyer. Le toujours explosif Pier-Gabriel Germain s’est jeté sur le ballon laissé libre au 42 de Laval. Ce qui a conduit au cinquième placement du match de Boyer. Deuxième douche froide.

Et pour ajouter le caramel au crémage, Montréal a recouvré le ballon sur le botté d’envoi subséquent au 9 de Laval. Natan Girouard-Langlois a complété le travail, ce qui a chassé de nombreux spectacteurs du PEPS.

7- Parmi les éléments qui me font me questionner, il y a l’utilisation de Kevin Mital après que ce dernier ait dû quitter suite à une blessure à une jambe. Je comprends parfaitement qu’on ait voulu lui donner la chance de revenir dans la rencontre. Je comprends aussi que le meilleur joueur de football au Canada puisse être en mesure de faire des choses mieux que bien d’autres même s’il est diminué. Mais à voir la façon dont il se déplaçait, il était évident que le numéro 8 n’était plus en mesure d’aider son équipe. D’ailleurs, le « pick 6 » de Perrier semblait directement relié à l’incapacité de Mital.

Le receveur qui n’avait pas joué depuis deux semaines n’a capté que 5 des 11 passes dirigées à son attention pour 43 verges. Denis Touchette avait bien préparé les siens.

8- Marc Fortier aussi était bien préparé. Pour preuve, Hassane Dosso n’a capté qu’une seule passe pour 5 verges. Il a été visé sept fois par Sénécal. Une de ces fois a cependant mené à une punition d’interférence. Si on exclut le 2e quart, le Rouge et Or n’a accordé que 77 verges par la voie des airs aux Carabins.

9- J’ai bien aimé les performances de plusieurs joueurs défensifs des deux côtés du ballon. Mohamed Elshal, Harold Miessan et Christophe Fontenard pour les Bleus ainsi que Francis Bouchard, Justin Cloutier et Christophe Beaulieu pour les Rouges ont été particulièrement impressionnants à mes yeux.

10- Hâte de voir le deuxième chapitre des affrontements de la 20. Espérons que les équipes pourront alors miser sur des effectifs complets. C’est toujours plus plaisant quand tout le monde est à la table.

11- À noter que le Rouge et Or a profité de ce match pour annoncer une première cohorte de recrutement. Une pratique amorcée la saison dernière et qui est très appréciée des partisans de Québec.

Simon Potvin, le receveur/ailier rapproché des Cougars de Champlain-Lennoxville, membre de l’équipe d’étoiles D1 la saison dernière.

Ses coéquipiers Étienne Savard, ailier défensif de 6’6, Marc-Antoine Lacombe, ligne offensive et l’ailier rapproché Raphaël St-Hilaire.

Enfin, il y a aussi le quart-arriere Antoine Ouimet des Lauréats de St-Hyacinthe, le receveur des Nordiques de Lionel-Groulx Liam McGonigal ainsi que l’ailier défensif Alex Ouellet des Warriors de Huron Heights en Ontario.