Crédit photo : Concordia Stingers

Les Stingers de Concordia avaient fait écarquiller les yeux de bien de amateurs en 2021, l’année où le quart Olivier Roy avait été sacré joueur par excellence au RSEQ. La saison dernière, les attentes étaient élevées, mais on n’a pas su élever le jeu collectif à un autre niveau. Particulièrement en défensive. L’entraîneur-chef Brad Collinson a décidé de donner un coup de barre.

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Au cours des deux dernières campagnes, la défensive des Stingers n’a pas été à la hauteur de son attaque. Pour cette raison, l’équipe qu’on espérait voir déranger l’ordre établi n’a pas été en mesure d’atteindre une finale de la coupe Dunsmore. 2022 était la quatrième saison consécutive où Concordia terminait au dernier rang pour les points accordés. Les trois dernières sous la férule du coordonnateur Ed Philion. On a donc procédé à un ménage de ce côté après la saison.

Brad Collinson / Crédit : Concordia Stingers

Après la saison, Collinson ne voulait pas tout recommencer à zéro, mais il souhaitait redéfinir la culture et mieux inclure les joueurs, via les capitaines, dans le processus. « Maintenant, ça passe par ABC – Accountability, Brotherhood, Communication. C’est la base pour nous et ça doit se faire dans cet ordre. »

C’est maintenant Paul-Eddy Saint-Vilien qui a les rênes de la défensive. Pour arriver à ses fins, il s’est adjoint les services de Gladymir Charmant, l’architecte de la puissante ligne défensive des Carabins, pour lui servir de bras droit. Nicholas Melsbach a quitté son poste d’entraîneur-chef des Lynx d’Édouard-Montpetit pour suivre Saint-Vilien et s’occuper des secondeurs. Martin Lapostolle (ligne défensive) et Olivier Fréchette Lemire (demis défensifs) font également partie du sang neuf.

Avant même de voir des résultats sur le terrain, on en a vu au niveau du recrutement. Saint-Vilien est reconnu pour ses habiletés de recruteur. Il n’a pas fait mentir sa réputation quand des noms comme Mendel Joseph (CVM), Nelson Tawah (CVM) et Michael Aoun (Vanier) ont accepté de joindre les rangs des Stingers. Et que dire de la décision du demi de coin étoile Coslens Clairveaux des Spartiates du Vieux-Montréal qui a viré capot après avoir annoncé son intention de jouer avec les Carabins pour finalement prendre le chemin de Concordia?

Michael Aoun / Crédit : Cheetahs de Vanier

Nouveaux entraîneurs, ça signifie qu’il faut refaire ses preuves. Les joueurs en place n’ont aucune garantie et personne n’a pu prendre à la légère sa saison morte ou les camps de préparation. Les noms qui ressortent dans la tertiaire sont le maraudeur Dawson Pierre (élu sur l’équipe d’étoiles en 2022) et Thomas Dussault, l’ancien des Nomades Montmorency. Ce dernier impressionne ses entraîneurs par sa bonne compréhension du jeu.

Mendel Joseph et Nelson Tawah aussi semblent très bien faire. « Ils jouent à la hauteur de leur réputation. Ils ont un bel avenir », m’a confié Paul-Eddy Saint-Vilien en entrevue. Assez pour ravir un poste de partant? À voir.

Chez les secondeurs, Zach Philion et Joël Therrien seront encore une fois les joueurs sur qui on risque de mettre notre confiance. « Ils ont un gros camp », selon le coordonnateur défensif. Gabriel Tremblay et Loïc Gagné verront certainement du terrain. Ce dernier est un monstre d’entraînement et un gars très brillant sur un terrain. Il avait été partant à ses trois saisons collégials avec Grasset.

C’est sur la ligne défensive toutefois que je me pose des questions. Le manque de poids a été un enjeu face aux lignes offensives plus imposantes. D’ailleurs, la défensive contre le jeu au sol est particulièrement problématique pour les Stingers. Maleek Desir est un très bon athlète, mais à 5’11 et 225 lbs, il y a des limites à ce qu’il peut accomplir face à des mastodontes de plus de 300 livres.

Tristan Gauthier-Norris et Jacob Bélair ont fait un travail honnête au centre de la ligne défensive à leur saison recrue. Ils auront une saison de plus dans le corps, ça devrait aider. L’arrivée d’un gros bonhomme comme Sébastien Beauvil en provenance de Vanier viendra ajouter un peu de profondeur à cette position. Benjamin Bellefroid aura lui aussi une année complète d’expérience au niveau universitaire.

Les nouveaux entraîneurs voudront certainement voir une amélioration dans la colonne des revirements. Concordia a été la seule équipe à avoir une moyenne inférieure à un revirement par match en 2022. Et trois de leurs sept revirements ont été créés face à McGill. Ce qui en laisse quatre lors des six autres matchs de la saison régulière. C’est trop peu.

En attaque, Olivier Roy est bien en selle à la tête du groupe. L’arrivée de Xavier Tremblay, qui a transféré de Laval, donnera une assurance de qualité à Alex Surprenant et son nouveau bras droit Justin Chapdelaine en cas de pépin avec le quart numéro un.

Olivier Roy / Crédit : Kyran Thicke

Le groupe de receveurs sera encore une fois de niveau élite. Malgré le départ de l’excellent Jeremy Murphy, maintenant dans la LCF, Roy pourra compter sur l’as Jaylan Greaves, le retour des vétérans Jacob Salvail et Tristan Mancini, ainsi que sur Santino Sparagna. On me dit aussi d’avoir à l’oeil El-Andre Abbey. Je vous conseille aussi un certain Oriola Poirier-Shote, ancien d’Ahuntsic qui a les attributs pour devenir une star.

Ajoutons à ce groupe Ezechiel Tieide qui revient au Québec après avoir évolué dans la NCAA à Boston College et Toledo au cours des trois dernières saisons.

Jaylen Greaves / Crédit : Concordia Stingers

La ligne offensive a les effectifs pour faire du bon travail. Elle sera dirigée par l’entraîneur-chef lui-même. Le transfert en provenance de Guelph Nicholas Taddio ajoute une belle compétition aux dires du coordonnateur Alex Surprenant. Et l’arrivée de la recrue Mickael Tshilombo fait qu’on a une deuxième tour de 6’8 (l’autre étant François Smith) parmi le groupe. On voudra toutefois réduire le nombre de sacs accordés.

Pour Collinson, il sera important d’avoir un groupe agressif qui souhaite s’imposer, mais plus que ça. « Je veux des gars cérébraux. Notre ligne offensive, ce sont nos généraux. Leur football IQ est ultra important pour nos succès.

Maintenant, peut-on espérer voir une amélioration dans le jeu au sol chez les Stingers? Les 101 verges par match ont été la plus faible moyenne du circuit en 2022. Dwante Morgan doit avoir le ballon encore plus souvent dans les mains. Franck Tchembe ou un autre doivent pouvoir apporter une production plus soutenue.

Oui, Olivier Roy peut courir, mais si on veut garder notre meilleure arme en bon état jusqu’à la fin de la saison, il faut que les Stingers puissent maintenir une moyenne d’au moins 125, 130 verges au sol par rencontre. Et par conséquent, le temps de possession sera amélioré et la défensive plus reposée.

Ceci dit, l’offensive de Concordia n’est pas un point problématique. L’équipe a inscrit la deuxième moyenne de points par match la saison dernière. Les Stingers ont inscrit 23 touchés, n’étant devancés que par Laval avec 28 et clairement devant McGill (18), Sherbrooke (16) et Montréal (16).

D’ailleurs, les Stingers sont l’équipe qui convertit le plus ses chances dans la red zone en plus d’être, avec le Rouge et Or, celle qui s’y retrouve le plus souvent depuis deux ans.

Santino Sparagna a été une véritable bougie d’allumage en retour de bottés la saison dernière. D’ailleurs, il est le joueurs ayant produit le plus de verges, toutes situations confondues, dans la conférence québécoise. Voyons s’il redonnera des étincelles en 2023.

Cependant, on voudra améliorer la distance des bottés. Autant pour les dégagements que pour les bottés d’envoi, Concordia a maintenu des moyennes très inférieures à celles de ses adversaires. Pour ça, on mise beaucoup sur le nouveau-venu de la Saskatchewan Erik Maximuik ainsi que sur Keenan Layer, qui bottait pour les Islanders de John Abbott en 2022.

Mon impression est que cette équipe bénéficiera grandement du nouveau souffle apporté par ses entraîneurs en défensive. Une clé sera cependant la santé parce que la profondeur est un enjeu. Il sera intéressant de voir quelles stratégies seront déployées pour soutenir la ligne défensive. Mais une approche plus agressive dans l’espoir de créer plus de revirements serait sûrement la bienvenue.

Je pense que Concordia va donner une belle bataille à Sherbrooke pour la 3e place au classement. Les Stingers peuvent-ils ébranler les Carabins ou le Rouge et Or? Leur attaque a les moyens de le faire. Ce sera à la défense de se faire valoir.

Brad Collinson demeure philosophe. « On peut jouer avec tout le monde. Il faut juste être constant et savoir faire les gros jeux quand l’occasion se présente. Ça n’a pas été le cas l’an passé.

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